In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 20 février 2011

J. Sloan - A woman's work (1912)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur américain John Sloan (1871-1951), l’une des grandes figures du du réalisme américain et membre de la Ash Can School.
Avec Robert Henri, George Luks ou Everett Shinn, il fait aussi partie du groupe The Eight, qui expose en 1908 pour s’opposer au conservatisme des institutions artistiques américaines.
Né en Pennsylvanie, Sloan grandit à Philadelphie dans une famille modeste. Après la maladie mentale de son père, il doit très tôt travailler et quitte l’école à seize ans. Employé dans une librairie, il y découvre Dürer, Rembrandt et la gravure ancienne. Il devient ensuite illustrateur de presse tout en suivant les cours du soir de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, où il rencontre Robert Henri, qui deviendra son mentor.

J.S. - McSorley's (1912)
En 1904, Sloan s’installe à New York, à Greenwich Village. Il y peint les bars, les ferries, les toits, les arrière-cours, les foules anonymes, les femmes à leur fenêtre, les ouvriers, les petits commerces : toute une vie new-yorkaise qu’il observe souvent depuis son atelier. Ce tableau, d’après son journal, a ainsi été peint depuis la fenêtre sur cour de son appartement d’East 22nd Street. John Sloan ne cherche ni à dénoncer ni à embellir. Ce qui l’intéresse, ce sont les habitudes, les gestes, les petits théâtres quotidiens de la ville moderne.
« Je voyais la vie quotidienne des gens, et j’y choisissais des fragments de joie », disait-il.
Le second tableau représente McSorley's Old Ale House, le plus ancien pub irlandais de New York, où Sloan retrouve cette humanité populaire qu’il n’a cessé de peindre : les habitudes, les conversations, les solitudes et cette vie quotidienne dont il savait si bien saisir les petits moments. Sa devise fut longtemps : « Good ale, raw onions, and no ladies ». Le pub restera réservé aux hommes jusqu’en 1970, lorsque la loi l’oblige à ouvrir ses portes aux femmes. Aujourd’hui, l’ancienne devise a laissé place à l’expéditif « Be good, or be gone ».

dimanche 21 novembre 2010

Robert Henri - Snow in New York (1902)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres de l'américain Robert Henri (1865-1929). Figure importante du réalisme américain et l’un des principaux représentants de l'Ash Can School, qui entend peindre la ville et ses habitants sans les idéaliser.
Formé à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts puis à l’Académie Julian à Paris, il suit notamment l’enseignement de Bouguereau et de Robert-Fleury, avant de poursuivre sa formation à l’École des beaux-arts. Marqué par le réalisme européen autant que par l’impressionnisme, il se détourne progressivement de l’académisme et, de retour aux États-Unis, défend une peinture attentive à la vie quotidienne des villes américaines.
R.H. - Cumulus clouds, East River
(1901)

Il devient l’une des figures du groupe The Eight, un groupe d’artistes qui, en 1908, expose en dehors des circuits officiels.
À New York, Henri fréquente les milieux anarchistes et entretient notamment des liens avec Emma Goldman. Il enseigne également, comme George Bellows, à la Modern School (lire aussi ICI), école libertaire fondée à New York sur le modèle de l’école moderne de Francisco Ferrer. Il y aura notamment pour élèves Man Ray et… Léon Trotsky, qui y enseigna le russe pendant son exil aux États-Unis en 1917.

dimanche 7 février 2010

A.L. - The Tron Steeple, Glasgow (1927)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'écossais Andrew Law (1873-1967). Une bourse de la Glasgow School of Art, où il suit l'enseignement de Francis Newbery, lui permet en 1896 de passer six mois à Paris, où il étudie à l'académie Delécluse et suit les cours de l'Américain Robert Henri, lui-même élève de Bouguereau.

A.L. - Waterloo Street, Kilmarnock
Portraitiste réputé, travaillant souvent sur commande, Andrew Law a aussi beaucoup peint les rues et les environs de Kilmarnock, petite ville du nord-ouest de l’Écosse où il a grandi avant d’étudier à la Glasgow School of Art. Discret et peu soucieux de notoriété – « one of Scotland’s unsung heroes of the art world » –, il expose rarement hors de Glasgow. Moins audacieux que certains de ses contemporains modernistes, il reste attaché à une peinture très attentive aux visages, aux attitudes et aux codes sociaux de son époque.

FM1 ICI