In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 6 juillet 2025

Anne Brigman - The breeze (1910)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe américaine Anne Brigman (1869–1950), figure pionnière du mouvement pictorialiste et membre du cercle de la Photo-Secession fondé autour d’Alfred Stieglitz.
Elle réalise des photographies dans lesquelles elle se met souvent elle-même en scène, nue, au milieu des rochers et des arbres de la Sierra Nevada. Le corps féminin n’y est pas simplement posé dans le paysage :
il semble en épouser les formes, comme si Brigman cherchait à effacer la frontière entre l’un et l’autre.

Anne Brigman
Brigman revendiquait la liberté du corps et de l’esprit : à une époque où les femmes occupent encore une place limitée dans le monde de la photographie, elle choisit d’être à la fois celle qui regarde et celle qui est regardée. Ce que j’aime dans son œuvre, c’est cette alliance de puissance et de douceur : un romantisme sans mièvrerie, où la lumière révèle ensemble le corps et la nature.
 © Veilleur de Nuit – 2025
RH8

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samedi 5 juillet 2025

Hiroko Otake - Metamorphosis
Une image et des mots. Une oeuvre de la japonaise Hiroko Otake (b.1980).
Je me souviens qu’en lisant Cent ans de solitude, j’avais été émerveillé par le passage évoquant les vols de papillons qui suivent partout l’un des personnages, et admiratif que son auteur ait eu une idée à la fois si belle et poétique.
Depuis, j’ai connu l' Amazonie...  et à chacune de mes expéditions, j’ai vu des nuées de papillons jaunes s’agglutiner sur les berges des fleuves, et tournoyer en grappes autour de ceux qui passent.
C’est alors que j’ai compris que García Márquez avait dû assister lui aussi à ce spectacle des dizaines de fois sur les rives des fleuves colombiens, et qu’il puisait dans ses souvenirs d’enfance une part de son inspiration.

C'est alors qu'elle remarqua les papillons jaunes qui précédaient chaque apparition de Mauricio Babilonia. Elle avait déjà noté leur présence, surtout à l'atelier de mécanique où elle avait pensé que les attirait l'odeur de peinture. Quelquefois elle les avait sentis voleter au-dessus de sa tête dans la pénombre du cinéma. Mais quand Mauricio Babilonia se mit à la poursuivre comme un spectre qu'elle seule pouvait identifier dans la foule, alors elle comprit que les papillons avaient quelque chose à voir avec lui. Mauricio Babilonia se trouvait toujours parmi le public des récitals, au cinéma, à la grand-messe, et elle n'avait nul besoin de le voir pour découvrir sa présence que lui signalaient les papillons.
GP2

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dimanche 29 juin 2025

R.C. - Tierra guajira (1999)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe cubain Raúl Cañibano (b.1961), autodidacte et l’une des grandes voix de la photographie cubaine contemporaine. D’abord soudeur de métier, il découvre la photographie en 1984 et se forme seul, notamment en étudiant les livres d’art de la Bibliothèque nationale. Influencé par Henri Cartier-Bresson, Sebastião Salgado et Salvador Dalí, il développe un regard personnel, à la frontière du documentaire et de l’imaginaire.

R.C. - Viñales (2017)
Son œuvre raconte Cuba dans toute sa diversité : la ville (Crónicas de la Ciudad), la campagne (Tierra Guajira), la foi, la vieillesse.
Dans Tierra Guajira, série entamée il y a plus de vingt ans et récompensée dès 1999, il rend hommage aux paysans cubains parmi lesquels il a grandi.
« Mon intention était de documenter un mode de vie qui pourrait disparaître avec les années, et de capturer la noblesse, la familiarité et la bonté du paysan cubain.» Cañibano se définit volontiers comme un conteur : il se sert de la photographie pour raconter son pays et ceux qui le font vivre.
 © Veilleur de Nuit – 2025
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samedi 28 juin 2025

Alyssa Monks - Trust (2010)
Une image et des mots. Un tableau de l'artiste hyperréaliste américaine Alyssa Monks (b.1977), et quelques lignes de Gustave Flaubert, extraites de Madame Bovary (1857).

Elle monta l’escalier ; la porte de la chambre était ouverte. Le soleil passait entre les rideaux. Sur la table, elle vit sa lettre à Rodolphe, restée là, non scellée. Alors elle pensa qu’il ne viendrait pas.
Alors elle eut un attendrissement héroïque ; et, serrant ses bras sur sa poitrine, comme pour y retenir son cœur qui éclatait, elle se mit à pleurer abondamment. Elle se sentait perdue, engloutie, abandonnée de tous, et son âme s’enfonçait comme dans une mer immense d’amertume.

Anna Park - Untitled Une image et des mots. Une œuvre de l'artiste américaine d'origine sud-coréenne Anna Park. Et pour aller avec, ...