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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
vendredi 18 avril 2025
dimanche 13 avril 2025
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| C.F. - Femme à la fenêtre (1822) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'allemand Caspar David Friedrich (1774-1840). il grandit dans un environnement marqué par la rigueur de la foi luthérienne et par plusieurs deuils familiaux qui pèseront sur son existence. La solitude, la mélancolie et la spiritualité traversent son œuvre.
Formé à l’Académie de Copenhague, il s’impose dès le début du XIXᵉ siècle comme l’un des principaux représentants du romantisme allemand. Dans ses paysages, la nature devient aussi le reflet d’un état d’âme : « Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu'il voit en face de lui, mais aussi ce qu'il voit en lui. »
« Cet homme a découvert le tragique du paysage », disait de lui le sculpteur David d’Angers.
Les paysages de Friedrich – étendues enneigées, montagnes brumeuses, ruines gothiques ou silhouettes solitaires face à la mer – donnent souvent le sentiment que l’homme (souvent représenté de dos, selon le motif de la Rückenfigur) se trouve devant quelque chose qui le dépasse. « Le romantisme, disait Sainte-Beuve, cherche ce qu'il n'a pas, et jusque par-delà les nuages.» Bien sûr on pense au plus célèbre des tableaux du peintre...
Peu soucieux des modes, Friedrich reste longtemps à l’écart des courants dominants, et son style, jugé trop austère, tombe progressivement dans l’oubli après sa mort en 1840. Il faudra attendre le début du XXᵉ siècle pour qu’il soit véritablement redécouvert, avant que son œuvre ne retienne l’attention des expressionnistes puis des surréalistes.
© Veilleur de Nuit – 2025
dimanche 6 avril 2025
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| K. Struss - Woman and branch (1912) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Karl Struss (1886-1981).
Natif de New York, il se forme d’abord à la photographie à Columbia University, tout en travaillant dans la chapellerie familiale. Très tôt, il s’intéresse à la lumière, aux textures et aux effets atmosphériques. Il est parmi les premiers aux États-Unis à expérimenter les procédés autochromes.
Ses premières œuvres, influencées par le pictorialisme, se caractérisent par une esthétique douce, presque impressionniste, à mi-chemin entre la peinture et la photo. En 1910, ses images sont exposées par Alfred Stieglitz (voir nov. 2011) au sein de la célèbre galerie 291, aux côtés de celles d’Edward Steichen (voir mars 2010) et de Clarence White, qu'il me faudra présenter aussi.
Une reconnaissance importante pour un jeune photographe.
Mais Struss ne s’arrête pas à l’image fixe. Fasciné par les possibilités narratives de l’image en mouvement, il se tourne vers le cinéma et s’installe à Hollywood en 1919. Sa carrière prend un tournant décisif avec "L'Aurore" (1927), chef-d’œuvre de Murnau – un de mes films préférés –, pour lequel il reçoit l’un des premiers Oscars de la meilleure photographie, en 1929.
Ce film magnifique est pour beaucoup une référence absolue pour son usage novateur de la lumière, des surimpressions et des mouvements de caméra.
Par la suite, Struss travaille avec des réalisateurs comme Cecil B. DeMille ou Charlie Chaplin, pour qui il signe notamment la photographie de L’Émigrant et du Dictateur.
© Veilleur de Nuit – 2025
samedi 5 avril 2025
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| Edward Hopper - Nighthawks (1942) |
Une image et des mots. "Même si la première flèche a atteint notre cœur, nous pouvons empêcher la seconde de s’y ficher", écrit le moine bouddhiste Koike Ryûnosuke.
Pour accompagner ce célébrissime tableau de Hopper, quelques lignes du philosophe Michael Foessel, extraites de son ouvrage "Le temps de la consolation"(2015).
La consolation vient toujours trop tard.
C’est après la perte, une fois que le mal est fait, que le réconfort est dispensé. Dans ce retard temporel s’ancre la séparation spatiale entre le consolateur et le consolé : le premier n’a pas été présent à la douleur du second, c’est pourquoi il en est réduit à tenter de rejoindre par des mots ou par des gestes une conscience malheureuse qui lui demeure étrangère. Si la douleur isole spatialement le sujet qu’elle affecte, c’est d’abord parce qu’elle l’enferme dans une épreuve impartageable du temps. Face à cette double séparation, consoler, c’est à tous égards franchir une limite. Limite entre deux consciences dont les temporalités sont distinctes (l’une est dans le malheur, l’autre pas) et limite entre deux corps marqués par des émotions distinctes.
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