In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 4 novembre 2023

D.L. - Country road, County Clare, Ireland (1954)
Une image et des mots. L'image est de Dorothea Lange (voir mars 2013), et les mots pour l'accompagner sont de l'empereur philosophe Marc-Aurèle, extraits du Livre V de Pensées pour moi-même (c.180 ap. J.-C.)

Je marche dans les sentiers que me trace la nature, jusqu'à ce que je me repose en tombant, exhalant mon dernier souffle dans cet élément où je puise à chaque instant le souffle de ma vie, tombant sur cette terre d'où mon père a tiré le germe de mon être, d'où ma mère a tiré son sang, d'où ma nourrice a tiré son lait ; sur cette terre, dont moi-même, depuis tant d'années, je me nourris et m'abreuve chaque jour ; sur cette terre, qui me porte, quand je la parcours et que j'en abuse de tant de façons.
CK1

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dimanche 29 octobre 2023

Bunny Yeager - Self-portrait (1950s)
La veillée du dimanche. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer sur ce blog la pin-up dans l’illustration américaine, chez Art Frahm par exemple (voir juil. 2016) ou chez Gil Elvgren (voir fév. 2018), mais aussi dans l’univers des pulps, sur lequel je pense revenir dans une prochaine chronique. Il était naturel que la pin-up passe aussi du dessin à la photographie.
Pour illustrer cette évolution, voici deux clichés de la photographe américaine Bunny Yeager (1929-2014), qui fut l’une des grandes figures de cet âge d’or, notamment pour ses photographies de Bettie Page, dont la fameuse série Jungle Bettie. 

B.Y. - Eleanor Lucky
Mais Yeager photographiait aussi bien les pin-up célèbres que des femmes ordinaires. Elle expliquait que ces dernières acceptaient de poser pour elle parce qu’elles savaient qu’elle ne les pousserait pas à faire des photos nues si elles ne le souhaitaient pas. Cette relation de confiance tient sans doute aussi à son propre parcours : avant de passer derrière l'objectif, Bunny Yeager avait elle-même été modèle.
Elle continue parallèlement à se photographier elle-même et publie en 1964 How I Photograph Myself, un livre consacré à ses autoportraits. Les deux photographies présentées ici appartiennent à cette partie de son travail.
© Veilleur de Nuit – 2023
EP6

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samedi 28 octobre 2023

A. Siefert - Hypathia (av.1892)
Une image et des mots. Un beau portrait imaginaire de la philosophe-martyre Hypatie d'Alexandrie par le peintre germano-bohémien Alfred Siefert (1850-1901)
Pour l'accompagner j'ai choisi ce court poème de Charles Kingsley, qui en 1853 écrit un récit romancé inspiré de sa vie.

J'entendis mille notes mélangées,
Tandis que dans un bosquet je m'assois allongé,
Dans cette douce humeur quand des pensées agréables
Apportent des pensées tristes à l'esprit.

À ses belles oeuvres, la nature a lié
L'âme humaine qui à travers moi a couru ;
Et j'ai beaucoup de peine à penser
À ce que l'homme a fait de l'homme.
WM8
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dimanche 22 octobre 2023

Carel Willink - La maison jaune (1934)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du néerlandais Carel Willink (1900-1983), déjà présenté en octobre 2010. Souvent associé au "réalisme magique", il peint un monde où tout semble réel... et pourtant profondément inquiétant. Les architectures monumentales, les places désertes, les ciels d'orage ou les ruines donnent à ses tableaux une atmosphère de silence et de tension, comme si quelque chose allait se produire sans que l'on sache quoi.
C.W. - Nouvelles de l'emploi (1952)

Au fil de sa carrière, Willink s'éloigne du cubisme et de l'abstraction pour retrouver une peinture figurative d'une précision presque photographique, mais qu'il charge d'un sentiment d'étrangeté. Ses œuvres semblent suspendues entre la réalité et le rêve, entre beauté classique et pressentiment de catastrophe. Réflexion sur la fragilité de la civilisation, reflétée dans ses décors monumentaux et vides ? Par son style unique qui mêle réalité et fantastique, Willink reste l'une des figures majeures de l'art moderne néerlandais.
 © Veilleur de Nuit – 2023

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