In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 18 février 2018

Gil Elvgren
La veillée du dimanche. Deux illustrations de l'Américain Gil Elvgren (1914-1980), l’un des grands noms de l’art de la pin-up. Formé au Minnesota Art Institute de St. Paul, sa ville natale, puis à l’American Academy of Art de Chicago, il débute dans la publicité avant de rejoindre, dans les années 1930, le prestigieux studio Brown & Bigelow, spécialisé dans les calendriers illustrés. C’est là qu’il affine le style, à la fois glamour et souriant, qui fera sa renommée.
Disciple du brillant Haddon Sundblom (créateur définitif du Père Noël), et héritier de Charles Gibson (inventeur définitif, avec la Gibson Girl, de la beauté américaine), Elvgren propulse la pin-up comme nouvelle icône féminine – d’abord idéalisée, puis franchement érotisée – qui envahira calendriers et affiches publicitaires.

Gil Elvgren - Pin-up lobster
Elvgren ne se contente pas de peindre de jolies femmes : il compose de véritables petites scènes pleines d’humour et de malice. Ses modèles – étudiantes, secrétaires, jeunes mariées ou baigneuses – se trouvent souvent dans une situation cocasse, au moment d’un léger accident du quotidien : jupe soulevée par le vent, chaise qui bascule, peinture qui déborde… Le tout baigné d’une atmosphère pétillante, où la sensualité reste légère, jamais appuyée.
À travers ce mélange de séduction, de fraîcheur et d’humour, Elvgren a façonné une imagerie devenue emblématique de l’Amérique des années 1940 à 1960. Ses pin-ups, plus que de simples images décoratives, racontent aussi un certain rêve américain, fait d’optimisme, de légèreté et de confiance dans l’avenir. Ce genre de la pin-up illustrée connaîtra son âge d’or dans les années 1950, avant de décliner rapidement dans les années 1970 et les décennies suivantes, avec l’essor de magazines comme Playboy ou Penthouse qui privilégieront la photographie et des représentations de la féminité beaucoup plus explicites.

dimanche 20 septembre 2015

Winslow Homer - Moonlight (1874)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre, dessinateur et graveur américain, Winslow Homer (1836-1910). Il est considéré, au même titre que John Singer Sargent (voir juin 2010 et octobre 2014), comme l'un des plus grands peintres américains du XIXe siècle et une figure majeure du courant réaliste.
après avoir travaillé comme apprenti chez un imprimeur de lithographies de Boston, il publie ses premiers dessins dans le très populaire journal politique Harper's Weekly, pour lequel il couvre notamment la guerre de Sécession au sein de l'Armée du Potomac.
Cette expérience du dessin sur le vif marquera durablement son regard. À partir des années 1860, il se consacre progressivement à la peinture. La découverte, dans une galerie new-yorkaise, de l'œuvre du peintre français Pierre Édouard Frère renforce son désir de s'y consacrer pleinement ; il prend alors quelques leçons auprès de Frederick Rondel, peintre français installé à New York. En 1867-1868, il séjourne une dizaine de mois à Paris, où il découvre notamment la peinture de plein air et les scènes de la vie rurale.
W.H. - Sunset fires (1880)

Du milieu des années 1860 à la fin des années 1870, Homer peint principalement des scènes de la vie américaine : vie rurale, loisirs, enfants, mais aussi femmes de la côte Est, modernes, à la mode et de plus en plus émancipées. Il est l'un des premiers peintres américains à percevoir ce changement social qui accompagne le
Gilded Age. La Gibson Girl, symbole charmant de cette période de prospérité et d'émancipation qui suivit la fin de la guerre de Sécession jusqu'à la fin du XIXe siècle, en deviendra bientôt l'une des représentations les plus célèbres. Une prochaine publication sera consacrée à deux de ces figures féminines peintes par Homer en 1870.
Winslow Homer s'intéresse ensuite à la vie quotidienne des Afro-Américains, notamment dans ses œuvres consacrées à la Virginie, où il retourne plusieurs fois après la guerre. Puis, après un séjour de plus d'un an à Tynemouth, en Angleterre, il quitte New York pour s'installer à Prouts Neck, sur la côte du Maine. La mer devient alors l'un de ses grands sujets et il va jusqu'à la fin de sa vie produire des marines d'une force et d'une intensité saisissantes. Le grand illustrateur Howard Pyle recommandait à ses élèves l'étude du travail de Winslow Homer.

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