![]() |
| J. Sloan - Hairdresser's window (1907) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain John Sloan (1871-1951), déjà présenté ici en février 2011. Né à Lock Haven, en Pennsylvanie, Sloan grandit à Philadelphie, où il manifeste très tôt un intérêt pour l’art et commence sa carrière comme illustrateur dans des journaux locaux.
En parallèle, il étudie à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, où il rencontre des artistes comme Robert Henri (voir nov.2010), dont l’appel à une peinture plus libre, attentive à la réalité contemporaine, marquera profondément sa démarche.
Au début des années 1900, Sloan s’installe à New York et s’attache à représenter les rues animées, les quartiers populaires, et les scènes ordinaires de la vie urbaine.
Aux côtés de George Bellows, Everett Shinn et William Glackens, il devient l’une des figures de l’Ash Can School, ce groupe informel d’artistes qui choisit de peindre la ville telle qu’elle est, loin des sujets élégants et convenus de la peinture académique.
Socialiste convaincu, proche un temps de la revue The Masses, Sloan n’a pourtant jamais voulu réduire la peinture à un discours politique. Ce qui compte chez lui, c’est d’abord la présence des êtres, la lumière d’une fenêtre, le désordre vivant d’une chambre ou d’une rue new-yorkaise aperçue depuis son atelier de Chelsea. Il peignait New York comme d’autres tiennent un journal : avec curiosité, avec une pointe d'ironie parfois, mais surtout avec une véritable sympathie pour ceux qui l’habitent. À travers ces scènes ordinaires, c’est le New York des dernières années du Gilded Age qu’il donne à voir : une ville en pleine transformation, bruyante, populaire, encore traversée par les contrastes et les profondes inégalités de l’Amérique industrielle du début du XXᵉ siècle.
.jpg)


