In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 14 décembre 2025

Stevan Dohanos - Marmont Hill
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'illustrateur américain Stevan Dohanos (1907-1994). Né dans l’Ohio de parents immigrés hongrois, Dohanos se forme à la Cleveland School of Art avant de mener une double carrière de peintre et d’illustrateur. Influencé par le réalisme américain, notamment par Grant Wood et Edward Hopper, il s’attache aux scènes ordinaires de la vie quotidienne.
À partir de 1942, il devient l’un des illustrateurs réguliers du Saturday Evening Post, pour lequel il réalise plus de cent vingt couvertures [ICI].
S.D. - Men working

Ces images, destinées à un large public, reposent sur une construction claire et une lecture immédiate. Dohanos y observe des situations ordinaires, souvent modestes, avec un sens très sûr du récit : un lieu, un objet, un geste suffisent chez lui à raconter une histoire.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il réalise également des affiches de propagande, mais reste fidèle à son intérêt pour les scènes ordinaires et les objets familiers. L'œuvre de Stevan Dohanos, longtemps associée à l’illustration plus qu’aux beaux-arts, se lit aujourd’hui comme un témoignage précis de l’image que l’Amérique du milieu du XXᵉ siècle voulait donner d’elle-même.

dimanche 28 février 2021

Colleen Browning - Jump-rope
La veillée du dimanche.  Deux œuvres de l'irlandaise naturalisée américaine Colleen Browning (1918-2003), l'une des figures importantes du réalisme new-yorkais avant d'être reléguée au second plan par l'avènement de l'expressionnisme abstrait de Jackson Pollock et de ses contemporains.
Le titre complet du premier tableau est Kids playing jump-rope in the city. L'atmosphère y est irréelle. Des enfants jouent à la corde-à-sauter sous un ciel rougeoyant que traverse un vol de mouettes ; les lessives flottent haut entre les pylônes, et il y a sur le flanc d'un immeuble l'une de ces fameuses issues de secours new-yorkaises rendues obligatoires par le Tenement House Act de 1867.

C.B. - Holiday (1951)
Le second tableau est plus étrange encore. C'est pourtant une scène assez banale observée par Colleen Browning depuis la fenêtre de l'appartement qu'elle occupe, à New York, avec son mari, l'écrivain britannique Geoffrey Wagner. 
Une enfant vêtue de rouge se tient immobile sur un large trottoir.
Elle garde les mains croisées dans son dos, comme le font les surveillants d'internat et les grandes personnes qui réfléchissent intensément... Son regard est baissé sur le sol jonché d'une multitude de papiers froissés.

dimanche 20 septembre 2015

Winslow Homer - Moonlight (1874)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre, dessinateur et graveur américain, Winslow Homer (1836-1910). Il est considéré, au même titre que John Singer Sargent (voir juin 2010 et octobre 2014), comme l'un des plus grands peintres américains du XIXe siècle et une figure majeure du courant réaliste.
après avoir travaillé comme apprenti chez un imprimeur de lithographies de Boston, il publie ses premiers dessins dans le très populaire journal politique Harper's Weekly, pour lequel il couvre notamment la guerre de Sécession au sein de l'Armée du Potomac.
Cette expérience du dessin sur le vif marquera durablement son regard. À partir des années 1860, il se consacre progressivement à la peinture. La découverte, dans une galerie new-yorkaise, de l'œuvre du peintre français Pierre Édouard Frère renforce son désir de s'y consacrer pleinement ; il prend alors quelques leçons auprès de Frederick Rondel, peintre français installé à New York. En 1867-1868, il séjourne une dizaine de mois à Paris, où il découvre notamment la peinture de plein air et les scènes de la vie rurale.
W.H. - Sunset fires (1880)

Du milieu des années 1860 à la fin des années 1870, Homer peint principalement des scènes de la vie américaine : vie rurale, loisirs, enfants, mais aussi femmes de la côte Est, modernes, à la mode et de plus en plus émancipées. Il est l'un des premiers peintres américains à percevoir ce changement social qui accompagne le
Gilded Age. La Gibson Girl, symbole charmant de cette période de prospérité et d'émancipation qui suivit la fin de la guerre de Sécession jusqu'à la fin du XIXe siècle, en deviendra bientôt l'une des représentations les plus célèbres. Une prochaine publication sera consacrée à deux de ces figures féminines peintes par Homer en 1870.
Winslow Homer s'intéresse ensuite à la vie quotidienne des Afro-Américains, notamment dans ses œuvres consacrées à la Virginie, où il retourne plusieurs fois après la guerre. Puis, après un séjour de plus d'un an à Tynemouth, en Angleterre, il quitte New York pour s'installer à Prouts Neck, sur la côte du Maine. La mer devient alors l'un de ses grands sujets et il va jusqu'à la fin de sa vie produire des marines d'une force et d'une intensité saisissantes. Le grand illustrateur Howard Pyle recommandait à ses élèves l'étude du travail de Winslow Homer.

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...