In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 4 octobre 2026

A.M. - Notre-Dame, soleil (1904)
La veillée du dimanche. Déjà présenté en juillet 2016, voici, avec deux nouvelles toiles – encore une fois bien difficiles à choisir –, un de mes peintres préférés : Albert Marquet (1875-1947).
J’aime énormément cette peinture dépouillée, qui va à l’essentiel sans que rien pourtant ne semble inachevé, sans que rien ne manque. Quelques lignes, des formes simples, des silhouettes humaines réduites à quelques touches sombres dans le paysage, des couleurs souvent assourdies : il lui en faut peu pour construire un tableau, en restituer la lumière et l’atmosphère.

A.M. - Sables d'Olonne (1938)
Tout est à sa place, sans effort apparent, comme si Marquet avait su trouver, dans chaque motif, la juste mesure entre la simplicité des formes et la richesse de ce qu’elles nous donnent à voir.
C’est autant cette économie de moyens que la beauté de ses compositions qui me plaît tant chez Albert Marquet : l’harmonie des lignes, l’équilibre des formes et le choix de couleurs retenues, jamais agressives. Une peinture qui simplifie le monde sans l’appauvrir, et dont je ne me lasse pas.
 © Veilleur de Nuit – 2026

dimanche 24 juillet 2016

A. Marquet - Le jardin à Pyla (1935)
La veillée du dimanche. Deux œuvres d’Albert Marquet (1875-1947), associé au mouvement fauviste. Formé à l’École des Arts décoratifs grâce au soutien de sa mère, qui croit en son talent et vient s’installer avec lui à Paris, il rencontre Matisse, qui deviendra son ami fidèle. Tous deux intègrent ensuite l’École des Beaux-Arts, où ils suivent l’enseignement du peintre symboliste Gustave Moreau ; ils partagent dix années d’apprentissage et de vaches maigres.

A.M. - Les toits de Paris (1906)
Réservé et discret, réfractaire à l'autorité sans être militant, Marquet fréquente les milieux libertaires des années 1890-1900, avant de se rapprocher, dans l’entre-deux-guerres, d'une gauche antifasciste plus classique.
S’il n’exprime jamais clairement ses opinions, « il a un côté ni dieu ni maître, ni jury ni récompense », résume Sophie Krebs, conservatrice en chef au Musée d’Art Moderne de Paris.
En 1910, Apollinaire écrivait de lui : 
« Ce peintre regarde la nature avec bonté. Il y a en lui un peu de la douceur de saint François. »
Derrière cette douceur dont parle Apollinaire, il y a aussi l’homme réservé dont parle Sophie Krebs, sans goût pour l’esbroufe et assez peu soucieux de paraître autre qu’il n’est.
Il sait ce qu’il sait faire, ce qu’il ne sait pas faire, et il en prend son parti : il peint, il dessine, et il laisse ses tableaux faire le reste : « Je ne sais ni écrire ni parler, mais seulement peindre et dessiner. Regardez ce que je fais. Ou je suis arrivé à m’exprimer ou j’ai échoué. En ce cas, que vous me compreniez ou pas, par votre faute ou par la mienne, je ne peux pas faire plus. »
 © Veilleur de Nuit – 2016

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