In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 22 mars 2026

G.S. - South Shields, Tyneside (1976)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Graham Smith (b.1947), figure importante mais longtemps restée discrète de la photographie documentaire anglaise. Né à Middlesbrough, il a consacré l’essentiel de son travail au nord-est industriel de l’Angleterre, qu’il photographie dans les années 1970 et 1980, au moment où un monde bascule.
Son nom est souvent associé à celui de Chris Killip (voir août 2010 et décembre 2014), avec qui il collabore au sein du collectif Amber Collective à Newcastle. Tous deux documentent les communautés ouvrières dont l’existence dépendait des industries lourdes – juste avant leur effondrement brutal.

G.S. - Black Path, Middlesborough
(1982)
Là où Killip construit des images très composées, Smith se tient plus près encore des gens : ses photographies, souvent prises dans les pubs de Middlesbrough, montrent des visages familiers, des moments de relâchement, des instants à la fois ordinaires et fragiles.
Moins connu que Killip, Smith est aussi une figure plus insaisissable.
En 1991, à la suite de violentes attaques de la presse populaire – qui accusait son travail de voyeurisme – et de réactions hostiles dans son propre environnement, il se retire presque entièrement de la scène photographique et refuse longtemps d’exposer ou de publier.
Ce retrait a contribué à entretenir autour de lui une forme de légende.
Ses images n’en restent pas moins parmi les plus justes de cette période. Elles montrent, sans effet, des vies ordinaires prises dans des bouleversements qui les dépassent. Rien n’est appuyé – mais tout est là.

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