In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
Affichage des articles dont le libellé est postimpressionnisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est postimpressionnisme. Afficher tous les articles

vendredi 1 mai 2026

Dod Procter - The golden girl (c.1929)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste anglaise Dod Procter (1890–1972), figure discrète mais essentielle de la Newlyn School et l’une des artistes britanniques les plus reconnues de l’entre-deux-guerres. Née Doris Shaw à Hampstead, Londres, elle s’installe à 15 ans à Newlyn avec sa mère et son frère pour étudier à la Forbes School of Art, où elle partage la maison Myrtle Cottage avec sa cousine Cicely Jesse et l’artiste Tennyson Jesse. C'est là qu'elle rencontre Ernest Procter, futur mari et compagnon d’atelier et de voyages, avec qui elle se fait remarquer parmi les élèves les plus prometteurs de Stanhope Forbes.

Dod Procter - Morning (1926)
En 1910 et 1911, Dod et Ernest se rendent à Paris pour se former à l’Atelier Colarossi.
Là, ils découvrent l’Impressionnisme et le Postimpressionnisme, et rencontrent les oeuvres de Renoir et Cézanne. Le couple se marie en 1912 à l’église Paul Church, poursuivant à deux une pratique où intimité et observation du quotidien se répondent avec délicate discrétion.
Dans les années 1920, Dod Procter s’oriente vers une peinture plus épurée.
Ses modèles – souvent des jeunes femmes, parfois des enfants – apparaissent dans une lumière douce et pleine, sans décor superflu. Il me semble qu’on y devine Renoir dans la douceur des couleurs, tout en conservant quelque chose de très anglais dans la retenue. En 1927, son tableau Morning  - portrait sensuel de la fille d'un pêcheur de Newlyn -, remporte un succès immense à la Royal Academy, au point d’être acquis par la Tate : une jeune femme allongée, les yeux mi-clos, dans un silence presque tangible. C’est sans doute son œuvre la plus célèbre.

dimanche 15 avril 2018

Reuven Rubin - Pêcheur (n/d)

Le vide-grenier du dimanche. Deux nouvelles œuvres du peintre Reuven Rubin (1893-1974), déjà présenté ici en novembre 2017. Originaire de Roumanie, il s’installe en Palestine en 1912, étudie l’art à Jérusalem puis à Paris, et s’impose comme l’un des pionniers de l’art israélien moderne. Ses débuts portent la marque du post-impressionnisme européen, mais il élabore rapidement un langage personnel, où la lumière méditerranéenne, la simplicité des formes et les thèmes locaux donnent naissance à un style à la fois moderne et profondément enraciné.
Reuven Rubin
La Madonne des vagabonds (1922)

Dans les années 1920, Rubin participe au mouvement d’Eretz-Israel, collectif d’artistes désireux de fonder une esthétique propre au pays, nourrie du paysage et de la diversité humaine qu’il abrite. Ses toiles, qu’elles représentent des scènes villageoises, des paysans, des musiciens ou des figures bibliques, traduisent ce double héritage : l’enseignement de Paris et l’inspiration de la terre d’Israël. Par cette alliance entre modernité et tradition, Rubin n’a pas seulement peint la vie quotidienne ou les collines de Galilée : il a contribué à inventer un imaginaire visuel qui reste aujourd’hui encore associé aux débuts de l’art israélien.

dimanche 12 mars 2017

W. B. - Log and horsetails (1957)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe Wynn Bullock (1902-1975).
Originaire de Pasadena, en Californie, il commence sa carrière artistique à New York comme chanteur, engagé dans la Music Box Revue d’Irving Berlin.
Il part ensuite en Europe pour poursuivre sa formation, et c’est à Paris qu’il découvre l'impressionnisme et le post-impressionnisme, dont il retient surtout le sens de la lumière et des variations du paysage. Il s’intéresse également à l’esthétique surréaliste, notamment à travers Man Ray.
W.B. - Chess game (1955)

De retour aux États-Unis, une rencontre est décisive : en découvrant les photographies d’Edward Weston, il se rapproche de la straight photographydéfendue par Alfred Stieglitz et Paul Strand – une photographie nette, sans effets, en réaction au pictorialisme.
Passionné par la physique quantique, la philosophie, et empreint d'une profonde spiritualité, Bullock conçoit la photographie comme un moyen de questionner le réel, d’en révéler les dimensions invisibles. "Mysteries lie all around us, even in the most familiar things, waiting only to be perceived ", ou encore : "When I feel a rock is as much of a miracle as a man, then I feel in touch with the universe ".

dimanche 15 septembre 2013

P.I. - Preparing chanterelles (1892)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre post-impressionniste danois Peter Ilsted (1861-1933), figure discrète mais importante de la peinture intimiste nordique du tournant du XXe siècle.
Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Copenhague, Ilsted appartient à ce cercle d’artistes danois – aux côtés de son beau-frère Vilhelm Hammershøi (voir janvier 2010) et de Carl Holsøe – qui ont fait de l’intérieur domestique un sujet à part entière.
Il partage avec Hammershøi un goût pour les scènes calmes et les effets de lumière intérieure.

P.I.- Girl reading (1901)
Tous deux participent au mouvement Den Frie Udstilling (l'exposition libre), une association d'art progressiste inspirée par le Salon des refusés français du mois de mai 1863.
Mais là où Hammershøi privilégie le dépouillement, Ilsted traite ses intérieurs avec plus de douceur et une attention plus décorative. Spécialiste du portrait et des scènes de genre, également maître de la mezzotinte (ou manière noire danoise), Peter Ilsted représente des moments ordinaires de la vie domestique : un univers feutré, épuré, et baigné d’une clarté douce... 
Peut-être que c'est juste un événement quotidien, disait-il, mais pour moi cela devient une sorte de symbole de la vie éternelle qui est derrière tout.

dimanche 29 mai 2011

Harold Steggles - Old Ford Road (1931)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du britannique Harold Steggles (1911-1971), membre avec son frère Walter du East London Group..
Ce groupe d’une trentaine de peintres issus des classes laborieuses naît au début des années 1920 dans l’East End de Londres, autour du Bow and Bromley Evening Institute et de John Cooper. Plusieurs de ses membres ont quitté l’école très tôt, comme les frères Steggles, partis travailler dès l’âge de 14 ans.
H.S. - Warner Street (1935)

On y trouve des ouvriers, des dockers, des autodidactes venus de métiers très divers, réunis par une même volonté : peindre leur environnement immédiat, les rues de l’East London, ses ateliers, ses docks, ses intérieurs modestes. Walter Sickert, peintre déjà reconnu et proche de Degas, les soutient et les encourage ; son nom sera plus tard associé à celui de Jack l'Éventreur, mais c'est une autre histoire...
L'ambition novatrice de ce groupe d'artistes autodidactes - des ouvriers et des dockers, un fumeur de haddocks, un champion de boxe laveur de carreaux, un garçon de courses -, est de révéler la beauté et l'humble dignité de lieux et de rues populaires, souvent ternes, maussades, loin des séduisantes scènes champêtres que privilégient d'ordinaire les peintres paysagistes. 
Malgré une production importante et une reconnaissance réelle de leur vivant, le East London Group est aujourd’hui largement tombé dans l’oubli, y compris dans une partie de la critique.

NS2 ICI