In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 24 septembre 2023

Valentin Gubarev

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre bielorusse Valentin Gubarev (b.1948). Originaire de Nijni-Novgorod, en Russie, il étudie à l’École des beaux-arts puis à l’Institut polygraphique de Moscou, avant de s’installer en 1975 en Biélorussie, où il débute sa carrière comme illustrateur de livres pour enfants.

V. Gubarev
Ses personnages, curieusement attachants, à la mine bonhomme, évoluent dans un univers de petites gens où la vie quotidienne se teinte d’humour et d’une douce étrangeté.
« Il n’y a pas de bad guys dans mon œuvre, » disait-il un jour, « aucun de mes personnages n’est négatif. »
La peinture naïve est un genre auquel je suis très attaché. J’aime sa sincérité, son immédiateté, le fait qu’elle parle au cœur sans qu’il soit nécessaire d’en connaître les codes. C’est une peinture populaire, souvent modeste, mais profondément humaine. Elle est très présente dans l’art latino-américain – une culture que je connais bien pour y avoir vécu une bonne partie de ma vie – et je réalise, en rédigeant cette publication, que je ne lui ai pas encore accordé ici la place qu’elle mérite. Il faudra que j’y pense.

LF2

ICI

samedi 23 septembre 2023

Nébuleuse de la Carène (Hubble)
Une image et des mots. Découverte en 1752 par l'astronome Nicolas-Louis de Lacaille depuis le Cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud, voici la Nébuleuse de la Carène photographiée par le télescope spatial Hubble.
Les mots pour l'accompagner sont un poème de Jules Supervielle, L'Allée, du recueil Les amis inconnus (1936).

Ne touchez pas l'épaule
du cavalier qui passe,
il se retournerait
et ce serait la nuit,
une nuit sans étoiles,
sans courbes ni nuages.
Alors que deviendrait
Tout ce qui fait le ciel,
la lune et son passage,
et le bruit du soleil ?
Il vous faudrait attendre
qu'un second cavalier
aussi puissant que l'autre
consentît à passer.
PG11

ICI

dimanche 17 septembre 2023

J.F. - Apartment dwellers on New Year's Eve (1948)
La veillée du dimanche. Deux illustrations de l'artiste américain John Philip Falter (1910-1982). La première, publiée le 3 janvier 1948, est l’une des 129 couvertures qu’il réalisa pour The Saturday Evening Post, le mythique hebdomadaire fondé par Benjamin Franklin.
La seconde, que l’amateur de western que je suis affectionne particulièrement, est également connue sous le titre Good Guys Wear White Hats. Né dans le Nebraska, Falter découvre très tôt le dessin et se forme au Kansas City Art Institute avant de s’installer à New York, où il rejoint le milieu foisonnant des illustrateurs américains. Ses premières années se déroulent dans l’univers des pulps”, ces magazines populaires de fiction illustrée qui connaissent leur âge d’or pendant la Grande Dépression.

J.F. - Young Sammy Sixgun (1957)
Comme beaucoup de grands illustrateurs américains de sa génération, il participe ainsi à cette histoire d’une image populaire capable de raconter un monde en une seule scène.
Après ses premières collaborations avec les magazines, il travaille pour de grandes marques avant de s’engager dans la Marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, où il réalise plus de trois cents affiches de recrutement. En 1943, il signe sa première couverture pour The Saturday Evening Post, début d’une collaboration de vingt-cinq ans et de plus de 120 couvertures.
Grand admirateur de Norman Rockwell, qu’il considère comme un modèle, Falter développe pourtant un style très personnel.
Ses compositions panoramiques, souvent peuplées d’une multitude de personnages, se distinguent des scènes plus resserrées de son aîné et influenceront même Rockwell, qui parlera plus tard de sa propre « période Falter ».
Falter disait vouloir peindre « un morceau d’Amérique, un cadre pour l’imagination ». Il trouve sa voie dans la représentation du quotidien du Midwest, avec humour et tendresse, avant de se consacrer davantage, à la fin de sa vie, aux thèmes de l’Ouest américain, fidèle à son goût pour les grands espaces et la mémoire du pays.
Moins célèbre aujourd’hui que Rockwell ou Leyendecker, John Philip Falter reste pourtant un témoin sensible de l’Amérique du milieu du XXᵉ siècle. Son œuvre rappelle une époque où l’illustration populaire n’était pas seulement un art commercial, mais aussi une manière de raconter une société, ses rêves et son imaginaire.
BS4

ICI

dimanche 10 septembre 2023

Daido Moriyama - Untitled (2015)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe japonais Daido Moriyama (b.1938), déjà présenté en novembre 2016.
Ils appartiennent à sa série Dogs and Mesh Tights, emblématique de son univers visuel brut, nerveux et instinctif.
« When I go out into the city, I have no plans. Really I am like a dog: I decide where to go by the smell of things... »
D.M. - Chien errant, Misawa (1971)

Tout est dit : Moriyama photographie comme on respire – ou peut-être comme on flaire –, porté par l’odeur, le rythme, la pulsation de la ville.
Son regard, toujours en mouvement, s’attache aux marges, aux fragments, aux signes éphémères du réel. Son livre de souvenirs, il l'a intitulé Mémoires d’un chien : un titre qui résume parfaitement une œuvre fondée sur l’errance, la curiosité et une forme de liberté instinctive.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...