In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 17 septembre 2023

J.F. - Apartment dwellers on New Year's Eve (1948)
Le vide-grenier du dimanche. La première illustration, publiée le 3 janvier 1948, est l’une des 129 couvertures qu’il réalisa pour The Saturday Evening Post, le mythique hebdomadaire fondé par Benjamin Franklin.
La seconde, que l’amateur de western que je suis affectionne particulièrement, est également connue sous le titre Good Guys Wear White Hats.
Né dans le Nebraska, Falter découvre très tôt le dessin et se forme au Kansas City Art Institute avant de s’installer à New York, où il rejoint le milieu foisonnant des illustrateurs américains. Ses premières années se déroulent dans l’univers des pulps”, ces magazines populaires de fiction illustrée qui connaissent leur âge d’or pendant la Grande Dépression.

J.F. - Young Sammy Sixgun (1957)
Comme beaucoup de grands illustrateurs américains de sa génération, il participe ainsi à cette histoire d’une image populaire capable de raconter un monde en une seule scène.
Après ses premières collaborations avec les magazines, il travaille pour de grandes marques avant de s’engager dans la Marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, où il réalise plus de trois cents affiches de recrutement. En 1943, il signe sa première couverture pour The Saturday Evening Post, début d’une collaboration de vingt-cinq ans et de plus de 120 couvertures.
Grand admirateur de Norman Rockwell, qu’il considère comme un modèle, Falter développe pourtant un style très personnel.
Ses compositions panoramiques, souvent peuplées d’une multitude de personnages, se distinguent des scènes plus resserrées de son aîné et influenceront même Rockwell, qui parlera plus tard de sa propre « période Falter ».
Falter disait vouloir peindre « un morceau d’Amérique, un cadre pour l’imagination ». Il trouve sa voie dans la représentation du quotidien du Midwest, avec humour et tendresse, avant de se consacrer davantage, à la fin de sa vie, aux thèmes de l’Ouest américain, fidèle à son goût pour les grands espaces et la mémoire du pays.
Moins célèbre aujourd’hui que Rockwell ou Leyendecker, John Philip Falter reste pourtant un témoin sensible de l’Amérique du milieu du XXᵉ siècle. Son œuvre rappelle une époque où l’illustration populaire n’était pas seulement un art commercial, mais aussi une manière de raconter une société, ses rêves et son imaginaire.

SA1 ICI