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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 13 octobre 2024
dimanche 6 octobre 2024
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| B.W. - Femme à la couture (1891) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Bertha Wegmann (1846-1926), figure majeure de la peinture danoise du XIXᵉ siècle, notamment pour ses portraits et ses scènes de genre. Très tôt attirée par le dessin, elle ne reçoit pourtant aucune formation académique avant l’âge de 19 ans, lorsqu’elle commence à étudier auprès de Frederik Ferdinand Helsted, Heinrich Buntzen et Frederik Christian Lund.
Deux ans plus tard, grâce au soutien de ses parents, elle s’installe à Munich et y reste jusqu’en 1881.
Elle y étudie d’abord avec le peintre historique Wilhelm von Lindenschmit le Jeune, puis avec celui que je préfère entre tous : Eduard Kurzbauer, merveilleux peintre de genre.
Mais Wegmann ne se satisfait pas longtemps de l’enseignement en atelier : elle choisit d’apprendre directement au contact de la nature.
Elle se lie d’amitié avec la peintre suédoise Jeanna Bauck, avec qui elle entreprend plusieurs voyages d’études en Italie, avant de s’installer à Paris en 1881, où elle participe à plusieurs Salons. L’année suivante, elle retourne à Copenhague, où ses œuvres sont déjà connues grâce à leurs expositions régulières au Palais Charlottenborg depuis 1873.
Un portrait de sa sœur – il est magnifique – lui vaut en 1833 la médaille Thorvaldsen, et quatre ans plus tard, Bertha Wegmann devient la première femme à occuper une chaire à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark.
samedi 5 octobre 2024
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| Brassaï - Rue de l'Hôtel de Ville, Paris (1932) |
Une image et des mots. J'étais à la recherche de la poésie du brouillard qui transforme les choses, de la poésie de la nuit qui transforme la ville, de la poésie du temps qui transforme les êtres... Ce cliché est de Brassaï.
Et pour l'accompagner, voici quelques lignes d'Alexandre Vialatte extraites de son roman "Salomé" écrit en 1932 et publié pour la première fois en 1991.
Regarde au fond de la nuit noire et tu n'y verras que tes rêves. Solitude des maisons fermées. Que font ces âmes dans la nuit ? Désordre immense au fond des eaux calmes, suprême désordre des sommeils ...
[...] Une petite fille, les yeux ouverts, regardant au plafond de sa chambre, écoute un air venu de loin qui perce la nuit... [...] Deux flûtes, presque imperceptibles, au coeur des montagnes lointaines, tissent le destin dans leur navette. Les rêves passent au fond des ténèbres, les rêves défilent au fond des eaux comme des poissons maléfiques, brillants, que nos mains effarouchent, que nos torpeurs rendent hardis. La nuit descend, avec ses fards et ses opiums, et révèle l'envers du monde. Le jour brise comme la foudre ceux qui ont pris la nuit pour patrie. La nuit, patrie internationale, qui ne souffre pas de trahison ; océan pur d'où le poisson ne peut pas sortir sans en mourir ; le soleil foudroie les nocturnes, les mythiques. On dit qu'il existe, au fond des profondeurs abyssales, des poissons merveilleux ; s'ils remontent vers le soleil, trompés et séduits par l'ombre d'un navire, ils éclatent comme des bombes et rien ne reste de leurs entrailles dispersées.
dimanche 29 septembre 2024
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| A. Gottlieb - Drift (1961) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain Adolph Gottlieb (1903-1974), un des artistes les plus influents du XXe siècle et un acteur majeur de l'expressionnisme abstrait.
« Certains peintres transforment le soleil en une tache jaune ; d'autres transforment une tache jaune en soleil », disait Picasso.
Originaire de New York, Gottlieb commence sa formation artistique à l'Art Students League, avant de voyager en Europe, où il découvre l’art moderne. Cézanne, Matisse, Léger, Picasso, mais aussi le surréalisme et les arts premiers le marquent profondément. Ces découvertes nourrissent notamment sa série des Pictographs (années 1940), où il organise symboles, signes et formes géométriques dans des grilles évoquant les mythes anciens et une mémoire symbolique commune.
Dans les années 1950, il développe son style le plus emblématique avec les Burst Series : de grandes toiles dominées par des sphères éclatantes, des oppositions de masses et de couleurs, où semblent s’affronter mouvement, énergie et forces vitales.
Gottlieb refusait cependant de réduire son travail à une construction purement intellectuelle. Pour lui, l’art restait profondément lié à l’expérience intérieure et au monde naturel : « Pour moi, tout est nature, y compris les sentiments que j’éprouve ou les rêves que je fais. Tout appartient à la nature. Même la peinture est devenue une partie de la nature. »
Il ajoutait ne pas avoir d’approche idéologique ou doctrinaire de son travail, mais peindre à partir de ses sentiments personnels, de ses réflexes et de ses instincts.
En parallèle, Gottlieb s’engage activement dans la défense de l’art moderne : membre fondateur du groupe The Ten, il co-signe en 1950 le manifeste des « Irascibles », publié dans le New York Times, où vingt-huit artistes affirment la place de l’abstraction comme un langage essentiel de l’art contemporain.
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