In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 23 juin 2024

William Langson Lathrop

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain William Lathrop (1859-1938), considéré comme l’un des membres fondateurs de la colonie artistique de New Hope en Pennsylvanie, qui a contribué à façonner le mouvement impressionniste américain attaché aux paysages du Delaware. Né dans l’Ohio, Lathrop ne suit pas de formation artistique traditionnelle. Après avoir travaillé comme illustrateur commercial et exploré la gravure, il se tourne progressivement vers la peinture dans les années 1890.

W.L. - The muskrat hunter (1908)
En 1899, il s’installe à New Hope, où il trouve les paysages qui nourriront l’essentiel de son œuvre. Influencé par l’impressionnisme européen, il peint les campagnes environnantes avec des tons doux, une lumière discrète et une attention particulière aux variations de l’atmosphère. Ses paysages ne cherchent pas le spectaculaire : ils célèbrent plutôt la beauté des lieux familiers, ces moments où la nature semble simplement offrir son calme et sa lumière.

MK5

ICI

samedi 22 juin 2024

Ugur Gallenkus - Parallel universes of children (2020)
Une image et des mots. L'image est une création de l'artiste digital Turc Ugur Gallenkus (b.1990).

Jamais, quand c'est la vie elle-même qui s'en va, on n'a autant parlé de civilisation et de culture. Et il y a un étrange parallélisme entre cet effondrement généralisé de la vie qui est à la base de la démoralisation actuelle et le souci d'une culture qui n'a jamais coïncidé avec la vie, et qui est faite pour régenter la vie. Avant d'en revenir à la culture, je considère que le monde a faim, et qu'il ne se soucie pas de la culture ; et que c'est artificiellement que l'on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées que vers la faim. Le plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l'existence n'a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d'avoir faim, que d'extraire de ce que l'on appelle la culture, des idées dont la force vivante est identique à celle de la faim.
Antonin Artaud, Le théâtre et son double, préface (1938)
AL1

ICI

dimanche 16 juin 2024

J. Sloan - Hairdresser's window (1907)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain John Sloan (1871-1951), déjà présenté ici en février 2011. Né à Lock Haven, en Pennsylvanie, Sloan grandit à Philadelphie, où il manifeste très tôt un intérêt pour l’art et commence sa carrière comme illustrateur dans des journaux locaux.
En parallèle, il étudie à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, où il rencontre des artistes comme Robert Henri (voir nov.2010), dont l’appel à une peinture plus libre, attentive à la réalité contemporaine, marquera profondément sa démarche.
Au début des années 1900, Sloan s’installe à New York et s’attache à représenter les rues animées, les quartiers populaires, et les scènes ordinaires de la vie urbaine.

J.S. - Sixth Ave. Elevated (1928)
Aux côtés de George Bellows, Everett Shinn et William Glackens, il devient l’une des figures de l’Ash Can School, ce groupe informel d’artistes qui choisit de peindre la ville telle qu’elle est, loin des sujets élégants et convenus de la peinture académique.
Socialiste convaincu, proche un temps de la revue The Masses, Sloan n’a pourtant jamais voulu réduire la peinture à un discours politique. Ce qui compte chez lui, c’est d’abord la présence des êtres, la lumière d’une fenêtre, le désordre vivant d’une chambre ou d’une rue new-yorkaise aperçue depuis son atelier de Chelsea. Il peignait New York comme d’autres tiennent un journal : avec curiosité, avec une pointe d'ironie parfois, mais surtout avec une véritable sympathie pour ceux qui l’habitent. À travers ces scènes ordinaires, c’est le New York des dernières années du Gilded Age qu’il donne à voir : une ville en pleine transformation, bruyante, populaire, encore traversée par les contrastes et les profondes inégalités de l’Amérique industrielle du début du XXᵉ siècle.
RC3

ICI

dimanche 9 juin 2024

Billy Dihn - Untitled

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Billy Dinh (b.1990), originaire de Philadelphie, que j’ai découvert récemment sur les réseaux sociaux. Enfant, il se passionne pour le dessin et la peinture avant de se tourner, presque par hasard, vers la photographie – d’abord comme moyen de conserver des souvenirs, puis comme véritable mode d’expression.
Inspiré notamment par Saul Leiter (voir déc.2013, déc.2014, fév.2019), Harry Gruyaert (août 2009, août 2015, janv.2023), Fan Ho (mai 2009, août 2016), et les peintures réalistes d’Edward Hopper (juin 2011, sept.2018), Dinh développe un style où se rencontrent observation attentive, sens narratif et lumière cinématographique.
Billy Dihn - Untitled

Ses images prises pour la plupart dans les grandes villes – Inde, Vietnam, Éthiopie ou New York, où il vit désormais – et se distinguent par une maîtrise remarquable des couleurs, des ombres et des reflets. Il lui arrive, dit-il, d’attendre longuement qu’une scène se compose d’elle-même, jusqu’à ce que surgisse l’instant juste. C'est ce que j’aime dans ses photographies : cet équilibre entre spontanéité et construction, entre hasard – ce "purgatoire de la causalité", disait Baudrillard – et précision.

IP1 ICI