In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 21 février 2021

K. Vojnar - Kissing Mary's lips (2014)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Kamil Vojnar, né  à Prague en 1962 et aujourd'hui installé à St-Rémy-de-Provence. Après des études à l’École des arts graphiques de Prague, il part aux États-Unis en 1985, où il poursuit sa formation à l’Art Institute of Philadelphia, puis à l’Art Students League de New York. À partir de 1989, il vit et travaille à New York, où il travaille pendant plusieurs années dans le domaine du graphisme et de l'image, notamment pour des couvertures de livres et de CD, tout en développant une œuvre personnelle fondée sur la photographie et le collage.
K.V. - White horse, Praha (2020)

Je suis allé découvrir son travail il y a peu, ICI, après être tombé un peu par hasard sur cette oeuvre dont le titre me rappelait les mots d'une sublime chanson de Peter Gabriel. L'univers de Kamil Vojnar est étrange.
Très travaillées, souvent réalisées à l'aide de techniques mêlant photographie, peinture et collage, ses œuvres semblent hors du temps, sans que le flou et le sépia suffisent à l'expliquer.
Les images sont construites par superpositions, comme si plusieurs souvenirs venaient se mêler les uns aux autres. Il s'en dégage une mélancolie apaisée, une sorte d'attente exempte d'inquiétude et de tension.
« Je cherche à exprimer ce que je vois dans mon esprit. Je ne sais pas où je vais, mais j'y arriverai. »
 © Veilleur de Nuit – 2021

PG8
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samedi 20 février 2021

Francesco Stelluti - Melissographia
Une image et des mots. Melissographia, une gravure de Francesco Stelluti (Franciscus Stellutus), parue en 1625 dans le livre Apiarum de son ami Federico Cesi (fondateur de l'Académie des Lynx), dédicacée au pape Urbain VIII, Maffeo Barberini, "ami" de Galilée. Ceci est la première illustration entomologique faite à partir d'une observation au microscope.
Pour accompagner cette image, voici l'histoire de Perséphone et sa mère Déméter, déesse de la fertilité, telle que nous la rappellent les frères François et Pierre-Henri Tavoillot, respectivement apiculteur et prof de philo, dans leur ouvrage écrit à quatre mains, L'abeille (et le) philosophe, publié chez Odile Jacob.

F. S. - Melissographia
Perséphone était d'une beauté telle que le vilain Hadès, son oncle, l'enleva pour en faire son épouse. Alarmée par sa disparition soudaine, Déméter partit à la recherche de sa chère fille et ne la retrouvant pas décida de faire une sorte de "grève de la fertilité" tant qu'elle ne lui serait pas rendue. La terre alors se dessécha; les plantes cessèrent de croître; l'univers fut affamé. Apprenant que son frère Hadès détenait sa fille, Déméter porta l'affaire devant Zeus.
Celui-ci, bien embêté, ne voulant froisser ni son frère ni sa soeur, proposa un compromis.
Il décida que Perséphone resterait six mois aux Enfers avec son époux et rejoindrait sa mère les autres mois. Ainsi furent inventées les saisons: durant l'absence de sa fille à l'automne et en hiver, Déméter cesse tout travail; à son retour au printemps elle fait refleurir la terre.
De même les abeilles restent terrées dans la ruche pendant la mauvaise saison pour réapparaître aux beaux jours. Un culte en mémoire de cette histoire était célébré dans toute la Grèce antique lors de grandes fêtes appelées les Tesmophories.
Y participaient les femmes mariées qui étaient pour l'occasion appelées "melissai" (abeilles).
Un tel culte se déroulait également dans le temple d'Artémis d'Éphèse, l'une des sept merveilles du monde antique, toujours représentée accompagnée d'abeilles. Notons par ailleurs que la Pythie de Delphes était elle aussi appelée Mélissa. Par où l'on voit que l'abeille n'est pas seulement mythe (ou récit de l'origine), elle est aussi rite, c'est-à-dire le rappel régulier des règles de la mise en ordre primordiale
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MA3
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dimanche 14 février 2021

C. Van Weele - Pont des Arts (1954)

La veillée du dimanche. Pour la Saint Valentin, deux clichés du photographe néerlandais Cor Van Weele (1918-1989).
Il débute en 1935 comme apprenti photographe chez Keuzekamp, à Zwolle, puis travaille chez Ulrich Roosdorp, qui vient de reprendre l'atelier de Franz Ziegler. Doué pour le dessin, il réalise bientôt les arrière-plans des portraits de couples, notamment ces couchers de soleil romantiques peints sur plaques de verre, avant de se voir confier les travaux de retouche. De 1940 à 1944, il travaille pour plusieurs portraitistes tout en rejoignant, à Haarlem, le groupe de résistance Vrij Nederland. Arrêté lorsque le groupe est démantelé, il passe cinquante jours en prison.
Il sera ensuite arrêté une seconde fois en 1944 et envoyé comme prisonnier de guerre au camp de Mühlberg.
C. van Weele (1970)

En 1947, il s'installe à Amsterdam et commence sa carrière de photographe indépendant. La rencontre avec Edward Steichen, qui parcourt alors l'Europe à la recherche d'images pour son exposition European Photography, est décisive dans l'affirmation de sa vision. La conception profondément humaniste de la photographie défendue par Steichen le marque durablement.
Son livre En alles daartussen (« Et tout ce qui est entre »), publié en 1957, fait de l'être humain le fil conducteur d'un récit en images. Il aurait sans doute difficilement vu le jour sans l'influence du magnifique Family of Man.
 © Veilleur de Nuit – 2021

RF1

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dimanche 7 février 2021

Allan Crite - Tire jumping (c.1940)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre afro-américain Allan Rohan Crite (1910-2007), figure importante de la peinture afro-américaine du XXᵉ siècle. Né à North Plainfield, dans le New Jersey, et élevé à Boston, Crite s'intéresse très tôt à la peinture religieuse et à la représentation de la vie de sa communauté. Diplômé de la School of the Museum of Fine Arts de Boston, il se définissait volontiers comme un « artiste-reporter ».
Son style, figuratif et limpide, mêle réalisme et symbolisme, avec une attention particulière portée à la spiritualité, à la musique, et aux gestes les plus simples.
A.C. - School's out (1936)

Alors que de nombreux artistes de la Harlem Renaissance cherchaient à affirmer une identité noire moderne et urbaine, Crite s'attache surtout à montrer la vie quotidienne des habitants de son quartier de Boston : des enfants qui jouent dans la rue, des familles sortant de l'église, des scènes de voisinage. Il veut montrer les Noirs « dans leur vie ordinaire », loin des représentations qui les réduisaient alors souvent aux figures du jazzman de Harlem ou du travailleur agricole du Sud. 
« Mon intention, à travers mes peintures et mes dessins de quartier, était de montrer les Noirs dans leur vie ordinaire, des gens qui connaissent, comme tout le monde, leur part de joies et de peines. J'étais un artiste-journaliste, témoin de ce que je voyais. »
 © Veilleur de Nuit – 2021

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...