In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 1 février 2009

J. Mankes - Garçon lisant
(1911)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre hollandais Jan Mankes (1889–1920). Lorsque j’ai découvert sa peinture, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’aquarelles, avant de comprendre que c’était son travail sur les blancs qui donnait à ses huiles cette impression de transparence.
Autodidacte, il commence à peindre très jeune et développe un style très personnel, intérieur, fait d’atmosphères calmes où affleurent les influences de Rembrandt et de Millet.
« L’art est la manifestation de la vie spirituelle », écrit-il en 1913.

J.M. - La Route des merveilles (1912)
Sa peinture est d’une retenue presque ascétique, et les limites qu’il impose à sa palette confèrent à ses toiles une douceur mate, voilée, parfois mélancolique.
Dans une lettre à son père, il écrit : « Je veux exprimer le calme, la paix, la pureté. Rien de plus. Mais ce n’est pas si simple. » On dirait que le silence habite ses compositions.
Son compatriote Willem Sandberg, directeur du Stedelijk Museum d’Amsterdam de 1945 à 1962, évoquait la beauté à la fois lyrique et sereine de sa peinture.
Jan Mankes est mort à trente ans de la tuberculose.
CP2

ICI

dimanche 25 janvier 2009

Claire Brétécher - Les Frustrés
À quelques jours du 36e Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, hommage aujourd'hui à l'une des grandes figures de mon panthéon personnel.
Dira-t-on assez la place immense que tient Claire Bretécher – ethnologue de la bourgeoisie cultivée française –  dans l'histoire de la bande dessinée et du dessin de presse ? Peu d'auteurs auront observé avec autant de finesse les petits ridicules, les hypocrisies et les contradictions de leurs contemporains...
TI2

ICI

samedi 24 janvier 2009

A. Rassenfosse - Femme à la toilette (1911)
Une image et des mots. Le tableau est du peintre et graveur belge Armand Rassenfosse (1862-1934), élève et collaborateur de Félicien Rops.
Les mots sont du philosophe André Comte-Sponville.

La pureté n'est pas une chose, ni même une propriété du réel : elle est une certaine modalité de l'amour... Une vertu ? Sans doute, ou ce qui permet à l'amour d'en être une, et de tenir lieu de toutes. Il y a pureté à chaque fois que l'amour cesse d'être "mélangé d'intérêt" (Spinoza, Éthique), ou plutôt (puisque la pureté n'est jamais absolue) dans la mesure seulement où l'amour fait preuve de désintéressement : on peut aimer purement le vrai, la justice ou la beauté, et aussi, pourquoi pas, cet homme ou cette femme qui est là, qui se donne, et dont l'existence suffit à me combler.[....]
Il arrive que l'amour, le plaisir ou la joie nous libèrent quelque peu de nous-même, de notre avidité, de notre égoïsme, il se peut même que l'amour purifie l'amour, jusqu'à ce point peut-être où le sujet se perd et se sauve, quand il n'y a plus que la joie, quand il n'y a plus que l'amour, quand il n'y a plus que tout, et la pureté de tout.
JS1

ICI

dimanche 18 janvier 2009

J-P.C. - Le sac noir, Roubaix (1959)

La veillée du dimanche. Deux clichés de Jean-Philippe Charbonnier (1921-2004), l’un des grands noms de la photographie française du XXe siècle. Issu d’une famille d’artistes, il s’intéresse très tôt à la photographie et rejoint, dans les années 1950, le magazine Réalités, pour lequel il réalise de nombreux reportages à travers le monde.
Ses images documentent aussi bien la société française de l’après-guerre – modernisation, monde ouvrier, vies en marge – que des réalités alors peu connues de pays lointains. Son travail sur l’architecture et les paysages urbains constitue aussi un témoignage précieux sur la France des Trente Glorieuses, en pleine transformation.

J-P.C. - Un café à Saint-Ouen (1966)
Jean-Philippe Charbonnier me donne l'impression de photographier sans chercher l’effet, un peu comme s’il n’avait « rien à dire ». Juste curieux. Et disponible.
À la différence de photographes davantage attachés à montrer les fractures et les formes de déclin social, comme Chris Killip, Charbonnier exprime souvent dans ses images une forme de confiance discrète dans le monde et dans ceux qu’il photographie.
Pour lui, « la photographie est un langage », une manière de raconter des histoires autant que de témoigner. « La photographie est l'art de saisir un moment, un regard, un geste, une lumière, une ombre. Elle est l'art de saisir la vie... »

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...