In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 16 juillet 2023

G.T. - Girl with basket (1987)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain George Tooker (1920-2011), formé à l'Art Students League of New York et déjà présenté dans ce blog en juin 2008.
Souvent rattachée - peut-être un peu trop rapidement - au réalisme magique, sa peinture naît pourtant d’une observation très concrète du monde contemporain. Tooker y traduit l’isolement, l’angoisse et la solitude de la vie urbaine moderne, mais aussi l’absurdité des systèmes bureaucratiques et la déshumanisation progressive des rapports humains.
Formé auprès de Reginald Marsh et Kenneth Hayes Miller, figures du réalisme social américain, il revendiquait également l’influence de Piero della Francesca et Paolo Uccello, dont il admirait la rigueur géométrique et la lumière.
G. Tooker - Sleepers I (1951)

Ses compositions aux couleurs douces, presque silencieuses – non pas parce que le récit en serait absent, mais parce qu’il s’efface pour laisser place à une sensation d’inquiétude et d’attente –, donnent aux scènes les plus ordinaires une dimension d’étrangeté et de méditation.
« Je cherche à peindre la réalité imprimée si fortement dans notre esprit qu’elle revient comme un rêve, mais je ne cherche pas à peindre les rêves en tant que tels, ni l’imaginaire. » Cette phrase résume parfaitement son rapport au réel. Tooker ne cherche pas à fuir le monde visible, mais à révéler ce qu’il dépose en nous. Il ajoutait : « J’ai toujours cherché à créer des œuvres d’art qui ont une certaine signification sociale, mais qui sont en même temps universelles et intemporelles. » En fait, chez Tooker l’étrangeté ne vient jamais d’un monde imaginaire : elle naît du regard qu’il porte sur le nôtre.

dimanche 1 juin 2008

George Tooker - Jukebox (1953)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain George Tooker (b.1920). Né à Brooklyn, il suit à la Art Students League de New York l'enseignement de Reginald Marsh et Kenneth Hayes Miller, deux figures importantes de la tradition réaliste américaine ; mais Tooker revendique aussi l’influence des maîtres de la Renaissance et de certains courants modernistes.
Dès les années 1940, il s’oriente vers une peinture figurative singulière, intime, à rebours de l’abstraction alors dominante. Il travaille lentement, avec exigence, en utilisant la tempera sur bois, une technique ancienne héritée des primitifs italiens, qui confère à ses tableaux une surface mate, dense, presque minérale, baignée d'une lumière douce.

G.T. - Government Bureau (1956)
Ses œuvres mettent souvent en scène des personnages anonymes dans des lieux d’attente ou de passage : couloirs, bureaux, stations de métro, espaces géométriques où l’individu semble parfois perdu. Des tableaux comme The Subway (1950) ou Government Bureau (1956) traduisent le sentiment d’une société froide et impersonnelle ; d’autres, comme The Waiting Room, laissent apparaître une dimension plus intime, faite de fragilité, d’attente et peut-être d’espérance.
Catholique assumé, Tooker laisse affleurer dans son œuvre une forme de spiritualité discrète, comme une compassion retenue... « My art is an attempt to transform a reality that I consider tragic into an image of beauty. »

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...