In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 4 mai 2025

Jean Béraud - Un Figaro de rêve
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre français Jean Béraud (1849-1935), célèbre pour ses scènes de la vie parisienne sous la Belle Époque.
Né à Saint-Pétersbourg, il s'installe à Paris après la mort de son père et étudie à l'École des Beaux-Arts sous la direction de Léon Bonnat.

J.B. - Au café, dit L'absinthe (1909)
Dans un style qui oscille entre réalisme et impressionnisme, il restitue avec une spontanéité et une minutie quasi-documentaires l’essence du Paris de la fin du XIXe siècle, à la manière d'un photographe de rue aujourd’hui : ses rues animées, ses cafés et ses buveurs d'absinthe, ses théâtres et ses élégantes figures mondaines..., les compositions de Béraud foisonnent de mouvement, de regards échangés, de petites anecdotes visuelles qui donnent l’impression d’un moment volé sur le vif. En ce sens, il pourrait sans doute être vu comme un précurseur du regard photographique appliqué à la peinture.
On compare souvent son travail à celui de Degas ou du flamboyant Giovanni Boldini, mais Béraud a encore quelque chose en plus : une touche narrative et un brin d’ironie qui rendent ses scènes plus vivantes, presque cinématographiques. Là où Degas capte l’instant et Boldini magnifie l’élégance, Béraud raconte des histoires, avec ce regard un peu amusé sur le Paris de son époque qui le rend si singulier.

dimanche 21 août 2022

Milton Avery - Paris pigeons (1955)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et aquarelliste américain Milton Avery (1885-1965) reconnu pour son style singulier, à la croisée du modernisme européen et d'une sensibilité proprement américaine. Bien qu’il soit souvent associé à l’expressionnisme et au modernisme, Avery n’a jamais revendiqué d’appartenance à un mouvement. Il a développé une voie personnelle qui influencera nombre d’artistes américains, dont Mark Rothko, qui disait de lui : "Quel était son répertoire ? Son salon, Central Park, sa femme Sally et sa fille March..., ses amis et ce qui traînait dans son studio; un monde domestique et ordinaire."
Milton Avery - Two poets (1963)

Ce qu’il peignait, c’était donc son entourage : sa famille, ses amis, des paysages ou des natures mortes, abordés avec une économie de détails qui frôle l’abstraction. Son usage des aplats de couleurs, hérité de Matisse, confère à ses toiles une intensité à la fois lumineuse et apaisée.
Longtemps sous-estimé, Milton Avery est aujourd’hui considéré comme un pionnier : il a su établir un lien essentiel entre la peinture américaine traditionnelle du début du XXᵉ siècle - encore marquée par le réalisme et le régionalisme - et l’expressionnisme abstrait qui s’imposera dans les années 1940. Il a ainsi contribué à faire émerger une modernité plus libre, ancrée dans le quotidien et attentive à la simplicité des choses.

dimanche 16 septembre 2018

Gustave Courbet - Mer calme (1869)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre Gustave Courbet (1819-1877), chef de file du réalisme, qu'il a érigé en manifeste contre les valeurs d'une bourgeoisie et d'une aristocratie coupées du peuple.
Né à Ornans dans une famille aisée, il rejette vite l’académisme pour peindre la vie ordinaire - paysans, ouvriers, paysages de Franche-Comté - avec une franchise radicale qui scandalise une époque où les Beaux-Arts privilégient les sujets historiques et mythologiques.

G.C. - La plage, coucher de soleil
(1867)

Autodidacte, indocile et attaché à son terroir, il traite l’humble quotidien avec la même ampleur que les sujets d’histoire.
Avec Un enterrement à Ornans (1850), vaste fresque provinciale traitée à l’échelle d’un tableau d’histoire, Courbet affirme sa volonté de donner aux « humbles » la même dignité picturale que celle des rois et des héros. Sa provocation culmine avec L’Origine du monde (1866), œuvre longtemps cachée mais devenue emblématique de sa quête de vérité sans fard. Politiquement engagé, acteur de la Commune de Paris en 1871, il est emprisonné, accablé de dettes et s’exile en Suisse, où il peint jusqu’à sa mort en 1877.
« Je n’ai jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n'est le régime de la liberté », écrivait-il. En refusant d’embellir ses sujets, Courbet a redéfini la mission de l’art et ouvert la voie à l’impressionnisme et au symbolisme.

dimanche 25 novembre 2012

John Koch - Morning (1971)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'américain John Koch (1909-1978). Au début des années 1930, il part pour Paris, où il passe plusieurs années à étudier et copier les maîtres dans les musées de la capitale.
Influencé par la peinture européenne, il joue avec la lumière naturelle et des compositions très construites pour créer des scènes à la fois intimistes et légèrement théâtrales.
J.K. - The painter (1964)

Peignant souvent son propre appartement à Manhattan, Koch restitue avec finesse l’atmosphère feutrée de la bourgeoisie new-yorkaise du milieu du XXe siècle.
Il peint ses proches, des musiciens, des scènes de salon ou de simples moments du quotidien, dans un style classique attentif aux gestes, aux regards et à ces détails du quotidien qui disent l’intimité des êtres.
I am quite visibly a realist, occupied essentially with human beings, the environments they create, and their relationships.

dimanche 10 juillet 2011

A. Bilinska - Unter den Linden (1890)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de la polonaise Anna Bilinska-Bohdanowicz (1854-1893), reconnue pour l'expressivité de ses portraits et son style influencé par le réalisme académique
Elle étudie à l’Académie Julian à Paris, alors l’un des rares lieux ouverts aux femmes artistes, où elle suit notamment l’enseignement de Bouguereau et de Robert-Fleury.
A. B. - Autoportrait (1887)

Voici deux de ses oeuvres majeures : Unter den Linden, vue lumineuse de la célèbre avenue berlinoise au nom si poétique, et son Autoportrait au tablier et aux pinceaux, où elle se représente dans une posture simple, presque sans apprêt. Anna Bilinska y exprime toute la conscience qu'elle avait de son talent en même temps que sa liberté à l'égard des conventions de son époque.
Pionnière dans un milieu artistique encore dominé par les hommes, elle a marqué l’histoire de la peinture polonaise et européenne.

NS2 ICI