In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 15 juin 2025

G.C. - Reading by lamplight (1909)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique George Clausen (1852-1944), déjà présenté en janvier 2010. Né à Londres d’un père décorateur d’origine danoise et d’une mère écossaise, il se forme très tôt au dessin à l’école de South Kensington, puis complète sa formation à Paris auprès de Bouguereau et de Tony Robert-Fleury à l’Académie Julian. Admirateur de Jules Bastien-Lepage, il développe un réalisme attentif à la lumière et aux gestes du quotidien, influencé dans une certaine mesure par les Impressionnistes.
G. Clausen - Day dreams (1883)

Clausen devient rapidement l’un des grands peintres modernes de paysages et de la vie paysanne en Angleterre. Il explore aussi l’urbain et le décoratif, ainsi que le rôle du peintre en temps de guerre, avec des œuvres comme Gun Factory at Woolwich Arsenal (1919) ou la série de lithographies Making Guns for the Government. Son enseignement à la Royal Academy témoigne de son souci de transmettre une vision précise et honnête de la peinture, alliant observation et maîtrise technique.

samedi 4 août 2012

James Guthrie - Schoolmates (1884)
Une image et des mots. Ce tableau, intitulé "Schoolmates" (1884) est de James Guthrie, membre des Glasgow Boys, un groupe de peintres écossais de la fin du XIXe siècle. Comme chez George Clausen, déjà publié ici, on retrouve dans sa peinture du quotidien rural l’influence de Jules Bastien-Lepage. 
La représentation de ces écoliers - nous dit le commentaire du Musée de Gent où il est conservé - "dégage une simplicité naturelle et reflète le fier orgueil avec lequel les enfants assument leur pauvreté."
Quel regard ces enfants portaient-ils sur le savoir et sur le monde ? Et quel monde sépare ce regard de celui des enfants d'aujourd'hui ?
À la question du philosophe Hans Jonas – « Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? » –
on pourrait répondre par celle de Jaime Semprun :
« À quels enfants allons-nous laisser le monde ? ».

Aujourd’hui, le savoir, la plupart vont le chercher sur Internet, et pour l’information, ils s'en tiennent largement aux réseaux sociaux.
Dans Enseigner à vivre (Actes Sud, 2014), Edgar Morin parle de la double pression qui s’exerce sur l’enseignement : celle des médias et d’Internet d’une part, celle de l’économie et du technocratisme d’autre part, qui fragilisent ce qu’il appelle la culture humaniste.

"[.....] De plus l'enseignement public dans son ensemble se trouve pris à contre-pied par les médias et il ne sait souvent comment réagir [.....] à la culture de masse qui imprègne non seulement enfants et adolescents, mais la société dans son ensemble. De plus et surtout, Internet vient désormais apporter un gigantesque pêle-mêle culturel de savoirs, rumeurs, croyances en tous genres, sorte d'école sauvage contournant l'école officielle, où viennent s'informer et se former les nouvelles générations. [.....] Tout ce qu'a d'humaniste notre enseignement subit deux formidables pressions, l'une qui veut le coloniser à l'intérieur, celle de l'économie dite libérale et du technocratisme dominant, l'autre qui le corrode et l'amoindrit de l'extérieur, celle des médias et d'Internet."

Car au contraire du monde de James Guthrie, dans le monde connecté d’aujourd’hui - le « village global » de Marshall McLuhan -, chacun peut s’exprimer et diffuser largement ses opinions, quelles que soient leur solidité ou leur origine. On aurait pu y voir un progrès évident. Et d’une certaine manière, c’en est un. Mais il s’accompagne aussi d’une circulation massive et accélérée de croyances, de rumeurs, de fake news.... « Tout croire et ne rien croire, disait Poincaré, sont deux attitudes également commodes, qui dispensent de penser. » Kant, avant lui, formulait déjà l’exigence des Lumières : Sapere aude – « ose penser par toi-même ».
À l’heure où la circulation des informations brouille de plus en plus les repères, et souvent les esprits, c’est avant tout à ce principe qu’il faudrait rattacher toute réflexion sur l’éducation.

NS2 ICI