In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
Affichage des articles dont le libellé est rêverie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rêverie. Afficher tous les articles

dimanche 15 juin 2025

G.C. - Reading by lamplight (1909)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre britannique George Clausen (1852-1944), déjà présenté en janvier 2010. Né à Londres d’un père décorateur d’origine danoise et d’une mère écossaise, il se forme au dessin à South Kensington avant de poursuivre ses études à Paris, notamment auprès de Bouguereau et de Tony Robert-Fleury à l’Académie Julian. Admirateur de Jules Bastien-Lepage, il développe une peinture attentive à la lumière et aux gestes simples de la vie quotidienne, influencée par les recherches de son époque sur la perception et la couleur.

G.C. - Day dreams (1883)
Clausen a beaucoup peint la campagne anglaise et ceux qui la travaillent. Pourtant, ses scènes de campagne sont loin d'être bucoliques : derrière les gestes ordinaires apparaissent souvent la fatigue, la solitude ou une forme de résignation, notamment dans les regards des enfants et des paysans qu'il représente. Mais il n'est jamais misérabiliste ; il observe avec attention des vies simples auxquelles il accorde, je crois, une véritable grandeur. Cette attention portée aux êtres et aux choses l’accompagnera toute sa vie.
Même lorsqu’il abordera le rôle du peintre en temps de guerre, avec des œuvres comme Gun Factory at Woolwich Arsenal (1919) ou la série de lithographies Making Guns for the Government, il conservera ce même souci d’observation et de vérité.

dimanche 16 avril 2023

Heinrich Vogeler - Rêverie (1900)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre allemand Heinrich Vogeler (1872-1942), né à Brême et formé à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf.
Il rejoint en 1894 la colonie d’artistes de Worpswede, où il développe un univers très personnel, proche des préraphaélites et de l'Art Nouveau. Dans des œuvres comme Contes d’hiver (1897) ou Le Printemps (1897), il mêle la poésie des paysages  aux références mythologiques ou bibliques, avec un soin minutieux aux détails et aux motifs décoratifs.
Cette recherche d’un idéal de beauté trouve son expression la plus complète à Barkenhoff, sa demeure de Worpswede, qu’il transforme en véritable œuvre d’art totale : architecture, mobilier, décoration et peinture se rejoignent dans une même vision inspirée du Jugendstil. 
H. Vogeler - Paysage

Mais son regard change après la Première Guerre mondiale. Pacifiste, puis gagné aux idées socialistes, il se tourne vers une peinture plus directement liée aux réalités de son époque. Le Docker de Hambourg (1928) appartient à cette période : le monde du travail remplace les paysages rêvés de ses débuts. Quelques années plus tard, installé en Union soviétique, il peint Stakhanoviste allemand en congé à la station balnéaire de Sotchi (1936), témoignage de son adhésion alors profonde au projet soviétique.
Heinrich Vogeler voit dans l’art un moyen de participer à la construction d’une société nouvelle : le peintre de la beauté idéale va tenter de mettre ses convictions en pratique en créant à Barkenhoff une communauté où l’art et la vie sociale pourraient se rejoindre.
Mais ses désillusions face aux réalités du communisme soviétique finiront par assombrir ses dernières années. Exilé en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, il y meurt en 1942 dans la pauvreté, en laissant derrière lui une œuvre singulière : celle d'un artiste qui, après avoir cherché l’harmonie dans la beauté, a voulu la trouver dans la transformation du monde.
 © Veilleur de Nuit – 2023

samedi 7 mai 2016

Charles-Amable Lenoir - Rêverie (1893)
Une image et des mots. L'image, c'est "Rêverie" (1893), un tableau de l'académique Charles-Amable Lenoir, élève de Bouguereau. Cette oeuvre fait partie d'une collection particulière.
Pour aller avec, j'ai choisi le Sonnet XVII de Neruda.

No te amo como si fueras rosa de sal, topacio
o flecha de claveles que propagan el fuego:
te amo como se aman ciertas cosas oscuras,
secretamente, entre la sombra y el alma.

Te amo como la planta que no florece y lleva
dentro de sí, escondida, la luz de aquellas flores,
y gracias a tu amor vive oscuro en mi cuerpo
el apretado aroma que ascendió de la tierra
.

Te amo sin saber cómo, ni cuándo, ni de dónde,
te amo directamente sin problemas ni orgullo:
así te amo porque no sé amar de otra manera,

sino así de este modo en que no soy ni eres,
tan cerca que tu mano sobre mi pecho es mía,
tan cerca que se cierran tus ojos con mi sueño
.

***

Je ne t'aime pas comme rose de sel, ni topaze,
ni comme flèche d'oeillets propageant le feu:
je t'aime comme on aime certaines choses obscures,
secrètement, entre l'ombre et l'âme.

Je t'aime comme la plante qui ne fleurit pas
et porte en soi, cachée, la lumière de ces fleurs,
et grâce à ton amour dans mon corps vit l'arôme
obscur et concentré montant de la terre.

Je t'aime sans savoir comment, ni quand, ni d'où,
je t'aime directement sans problèmes ni orgueil:
je t'aime ainsi car je ne sais aimer autrement.

Si ce n'est de cette façon sans être ni toi ni moi,
si près que ta main sur ma poitrine est la mienne,
si près que tes yeux se ferment sur mon rêve.

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...