In girum imus nocte et consumimur igni

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mercredi 19 août 2026

Luigia Pansera - Solitude (2009)
La veillée du dimanche. Deux clichés de Luigia Pansera, photographe et vidéaste italienne qui s'est spécialisée avec son époux Giuseppe Colonese dans le documentaire nuptial.
L.P. - Milk #3, Epilogue (2009)

Après des études en communication et au DAMS, elle cofonde avec lui la société Evergreen Films - voir ICI -, qui a pour objet de documenter de belles histoires d'amour aux quatre coins du monde.
Je connais peu son travail photographique mené en parallèle de son activité commerciale, mais je suis tombé sur ces deux images, au caractère assez conceptuel, qui m'ont suffisamment plu pour avoir envie de les partager ici.

dimanche 1 décembre 2019

E.F. - Les chaises, Paris (1934)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français Émeric Feher (1904-1966), d'origine hongroise, comme ses contemporains Brassaï ou André Kertész. Arrivé en France dans les années 1920, il travaille d'abord comme ouvrier-tourneur chez Peugeot puis chez Citroën. En 1930, il entre comme électricien au studio typographique Deberny et Peignot, où il rencontre Maurice Tabard, qui l'encourage et l'initie à la photographie. L'année suivante, il réalise avec Maurice Cloche son premier reportage, consacré à l'Exposition coloniale de 1931.

E.F. - Solitude, Paris (1934)
Mais c'est surtout à partir de 1933, quand il rejoint le studio de René Zuber qu'il va vraiment s'investir dans une démarche personnelle, en s'attachant à documenter le quotidien de son pays d'adoption et des hommes qui y vivent et travaillent.
Feher est un photographe de la rue, de l’ombre et des lignes...
Pierre Borhan a justement résumé cette alliance entre réalisme et humanisme : Feher sait « capter la pureté d'une ligne, la grâce d'une forme, et, avec chaleur, avec même une certaine innocence, la saveur de la vie ».
Son regard, à la fois graphique et poétique, se distingue par une attention particulière aux structures urbaines, aux reflets, aux jeux de lumière, aux silhouettes en mouvement.
Proche de la Nouvelle Vision photographique, il assimile certaines recherches du constructivisme et du Bauhaus : cadrages audacieux, plongées, contre-plongées et compositions géométriques. Mais cette recherche formelle ne prend jamais le pas sur l'attention portée aux êtres et aux moments ordinaires.
 © Veilleur de Nuit – 2019

dimanche 4 août 2013

Paul Delvaux - Solitude (1955)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du Belge Paul Delvaux (1897-1994), formé à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Après des débuts marqués par le postimpressionnisme, puis une brève période influencée par  son compatriote expressionniste James Ensor, c'est, comme pour Magritte, la découverte de Giorgio de Chirico avec Mélancolie et mystère d'une rue qui oriente Paul Delvaux vers une peinture proche du surréalisme.

P. D. - Paysage aux lanternes
(1958)
Mais c’est plutôt de « réalisme magique » – comme chez Carel Willink (voir octobre 2010) – que l’on parle à propos de son œuvre, dont l’atmosphère est immédiatement reconnaissable.
« Je voudrais peindre un tableau fabuleux dans lequel je pourrais vivre. »
Des femmes hiératiques, parfois nues, les yeux ouverts mais comme absents. Des gares, des villes, des places traversées de colonnes et de statues. Un monde très construit, mais presque déserté… « Je voulais peindre la poésie du silence. » Chez Delvaux, tout semble figé, suspendu : quelque chose va, ou vient de se produire… « Je n’ai jamais voulu raconter quoi que ce soit. Je montre des choses. C’est tout. »
Il meurt à 97 ans, en 1994, après nous avoir montré un monde que nous n’avions jamais vu.
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