In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 22 février 2015

R.W. - Vieilles maisons à Lindau (1928)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre autrichien Rudolf Wacker (1893-1939), figure importante de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit), dont la peinture, très précise, laisse souvent affleurer quelque chose d’étrange derrière l’apparente tranquillité des choses. Né à Bregenz, il étudie à Weimar avant que la Première Guerre mondiale ne bouleverse sa vie : fait prisonnier en 1915, il passera près de cinq années en captivité en Sibérie.
À son retour, il s’installe à Berlin, où sa peinture est d’abord marquée par l’expressionnisme, avant de s’en éloigner progressivement.

R.W. - Paysage d'hiver (1934)
J’ai choisi ici deux paysages. Wacker a beaucoup peint Lindau, dont il a réalisé plus de trente vues.
J’aime ici l’atmosphère et les couleurs, et ces deux silhouettes que l’on distingue à la fenêtre du premier étage de l’une des maisons.
Les figures humaines sont rares dans les tableaux de Wacker que je connais, et cette présence discrète m'a intrigué.
Dans le second tableau nous ne sommes plus à Lindau mais à Bregenz, dans l'atelier de Wacker, dans la villa familiale de la Römerstraße. C’est l’hiver, la neige recouvre les rues et les toits, et tout est désert. Aucune fumée ne sort des cheminées. Là encore j’aime les couleurs, mais aussi la composition, cette manière de faire entrer le regard dans un paysage qui semble tout proche et étrangement silencieux.
Deux villes du Bodensee, deux scènes ordinaires, deux regards sur des espaces habités mais comme désertés. Rien ne s’y passe de particulier, mais chez Wacker, il suffit parfois de presque rien – une silhouette, l’absence de fumée – pour que le monde familier commence à paraître légèrement étrange.

A.S. - Jeunes Paysans (1914) La veillée du dimanche . Il n’a jamais été question de faire de ce blog un cours approfondi de sémiologie de l...