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dimanche 28 septembre 2025

J.W. Waterhouse - Diogène de Sinope, détail (1882)
Le vide-grenier du dimanche.
Cette lanterne, c'est le détail qu'ont en commun deux toiles du préraphaélite John William Waterhouse (1849-1917), célèbre pour ses représentations féminines des mythologies et légendes grecques et arthuriennes

J.W. - Diogène (1882)
Né à Rome, il arrive à Londres à l'âge de cinq ans lorsque sa famille revient s'y installer, dans le quartier de South Kensington à proximité du Victoria & Albert Museum.

J.W. -  The lady of Shalott (1888)
C'est son père qui va alors lui enseigner la peinture, jusqu'à son entrée en 1870 - il a alors 21 ans - à la Royal Academy dont il deviendra lui-même membre en 1895.
La première des deux oeuvres présentées ici, Diogène, est conservée à Sydney. La seconde, son portrait de l'amoureuse éperdue de Lancelot, est sans doute son oeuvre la plus célèbre. Elle figure parmi les toiles les plus admirées de la Tate de Londres.

dimanche 7 juillet 2024

J.E.M - The Black Brunswicker (1860)

Le vide grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre préraphaélite anglais John Everett Millais (1829-1896).
Formé à la Royal Academy, il s’y lie d’amitié avec William Holman Hunt et Dante Gabriel Rossetti, avec lesquels il fonde en 1848 la Confrérie préraphaélite, mouvement qui cherche à revitaliser l’art britannique en retrouvant la précision des détails et la profondeur narrative des maîtres italiens d’avant Raphaël. Influencé par les maîtres de la Renaissance et par une sensibilité romantique, il explore des thèmes variés, allant de la mythologie et la littérature à la nature et à la vie domestique victorienne.

J.E.M. - Blow blow thou winter wind
(1892)
Les Black Brunswickers était une troupe d'élite levée par le duc Frédéric-Guillaume de Brunswick (1771-1815) et dont la devise était "La gloire ou la mort".
C’est Kate Dickens, fille de Charles Dickens, qui posa pour ce tableau. Millais dut travailler en de multiples courtes séances : l’intimité de la pose allait à l’encontre des conventions, et chaque modèle dut poser séparément, un mannequin tenant la place de l’autre.

dimanche 25 juin 2023

Louis Welden Hawkins - Clytie

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique, naturalisé français, Louis Welden Hawkins (1849-1910). Rompant avec la carrière militaire à laquelle sa famille le destinait, il s’installe en France, où il restera toute sa vie. Formé à l’Académie Julian auprès de William Bouguereau et Jules Lefèbvre, il fréquente les milieux symbolistes, mais aussi les cercles politiques et syndicaux socialistes.
L.W.H. - News from home (1883)

Si une partie de son œuvre me touche moins, j’aime particulièrement ses représentations simples et sincères de la vie paysanne - une jeune Bretonne tricotant dans un champ, une autre penchée sur son ouvrage à la fenêtre -, ainsi que ses figures féminines empreintes d’une douce mélancolie, où se mêlent l’esthétique préraphaélite et les lignes souples de l'Art Nouveau.

dimanche 16 avril 2023

Heinrich Vogeler - Rêverie (1900)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre allemand Heinrich Vogeler (1872-1942), né à Brême et formé à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf.
D'abord influencé par les préraphaélites et l'Art Nouveau, il explore des thématiques spirituelles et mythologiques qu’il transpose dans les paysages de son pays. Ses premières œuvres, comme Contes d’hiver (1897), réinterprètent des récits bibliques dans des scènes quotidiennes, où les figures sacrées prennent les traits du peuple.
Son art se distingue par une grande minutie et une forte charge symbolique, perceptibles notamment dans ses fresques et ses créations de mobilier pour la ferme de Barkenhoff, qu’il transforme en colonie d’artistes dans le style Jugendstil. Mais à partir de 1906, ses engagements personnels et politiques modifient profondément sa vision de l’art.

H. Vogeler - Paysage
La découverte de la condition ouvrière, à travers ses voyages et ses lectures socialistes, le conduit à délaisser ses premières influences pour une peinture plus réaliste et engagée, centrée sur les luttes sociales et la vie des travailleurs. Pacifiste convaincu pendant la Première Guerre mondiale, il se rapproche de la révolution bolchevique et consacre ses fresques à la gloire des ouvriers et des paysans - un engagement qu’il poursuit lors de ses séjours en Russie soviétique dans les années 1920.
Il suffit, pour mesurer l’ampleur de cette évolution, de comparer Le Printemps (1897), d’un symbolisme raffiné, à Docker à Hambourg (1928) ou encore à Stakhanoviste à Sotchi (1936).
Son adhésion au Parti communiste et son soutien à la révolution d’Octobre marquent une étape décisive de son parcours. Vogeler devient un ardent défenseur des idéaux socialistes : il fonde à Barkenhoff une communauté ouvrière où il tente de concilier art et utopie. Mais ses désaccords avec le Parti communiste d’Allemagne et ses désillusions face à la réalité soviétique - notamment lors de ses séjours en Carélie et en Ouzbékistan - finissent par le marginaliser.
En dépit de sa foi politique, Vogeler se heurte aux contradictions du régime stalinien, qui ébranle ses convictions. Ses dernières œuvres, d’un réalisme austère, témoignent de son désenchantement : elles mettent en scène l’ouvrier face à une société en crise. Exilé en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, il meurt en 1942 dans des conditions précaires, laissant derrière lui une œuvre traversée par les idéaux, les luttes et les espoirs de tout un siècle.

dimanche 19 août 2018

A.G. - London flower girl (1892)
Le vide-grenier du dimanche. Deux nouvelles oeuvres du peintre et aquarelliste anglais Albert Goodwin (1845-1932), déjà présenté ici en août 2009. Son travail témoigne pleinement de l’influence de J.M.W. Turner – on pense à des toiles comme The Shrimper, où la silhouette du pêcheur se fond presque dans l’eau, Venice, ou encore Westminster Sunset, que j’avais évoquée lors de la première publication – et des sept membres de la Confrérie préraphaélite, dont il s’inspire pour la finesse du détail et la luminosité.
A.G. - Winchelsea, East Sussex (n.d)

Pour cette seconde sélection, j’ai choisi deux toiles bien différentes, et pas seulement pour des raisons esthétiques, même si leur beauté m’a évidemment séduite. La première me fait penser à My Fair Lady de George Cukor (1964), adaptation de la pièce de George Bernard Shaw. Le film raconte l’histoire d’Eliza Doolittle, petite marchande de fleurs à Covent Garden, jouée par Audrey Hepburn, dont les robes ont été conçues par Cecil Beaton – et l’on retrouve dans cette aquarelle de Goodwin la même grâce délicate, cette capacité à saisir un moment fugace avec élégance et légèreté.
Le second tableau me rappelle The Compleat Angler du bon Izaak Walton, que j'ai la chance de posséder dans une très jolie édition et dans lequel il est dit cette chose merveilleuse que " les rivières et leurs hôtes sont là pour que les sages les contemplent et que les fous les ignorent."
Goodwin, par sa maîtrise de l’aquarelle, nous offre ce même cadeau : un instant suspendu, une nature à la fois minutieusement observée et poétiquement restituée, qui invite à la contemplation et à la rêverie.

dimanche 13 août 2017

Andrey Remnev - Sieste (2008)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre russe Andrey Remnev (b.1962), dont le style unique fusionne l’héritage des icônes orthodoxes, l’art du début du XXe siècle et une approche résolument moderne de la composition et de la couleur. Formé à l’Institut Sourikov de Moscou, il intègre des techniques anciennes de la peinture à tempera à une vision très personnelle, à la fois symboliste et narrative.

A.R. - La Volga (2007)
Comme on peut le voir ici, en particulier avec le tableau ci-contre, il puise dans les traditions de l’Art Nouveau, des peintres préraphaélites et du constructivisme russe, tout en insufflant à ses figures une élégance intemporelle et un mystère presque sacré.
Après sa période de formation à l'école d'art de Moscou, Andrey Remnev a étudié l'art de l'icone pendant huit ans au monastère d'Andronikov, qui abrite le musée Andrei Rublev. On retrouve dans son art la même intention à la fois décorative et profondément symbolique ; ses compositions, souvent frontales et stylisées, évoquent un monde à la fois onirique et ancré dans un imaginaire historique profondément russe.
"Mes peintures, dit-il, se distinguent par le souci du détail et une décoration méticuleuse, dans un style russe traditionnel".

dimanche 26 octobre 2014

J.R.S. Stanhope - Penelope (1864)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre anglais John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908). Considéré comme un préraphaélite de la deuxième vague menée à partir de 1860 par Dante Gabriel Rossetti, plus sensible encore à l’influence de la Renaissance italienne, son travail est aussi étudié dans le contexte de l'esthétisme et du symbolisme anglais.

J.R.S. Stanhope - The gentle music
(1873)
Né dans le Yorkshire, formé à Oxford par George Frederic Watts puis brièvement à Londres, Stanhope est rapidement happé par la nébuleuse préraphaélite. Il fréquente Rossetti, Burne-Jones, participe aux fresques d’Oxford, puis s’en éloigne peu à peu…  Stanhope appartient à cette génération d’artistes victoriens fascinés par l’Antiquité, la littérature médiévale et la Renaissance italienne : l’Italie l’attire. Florence, surtout, où il s’installe définitivement en 1880, et où sa nièce et élève Evelyn de Morgan lui rendra régulièrement visite. Sa peinture s’y épanouit ; cette rencontre entre l'héritage préraphaélite et la chaleur méditerranéenne donne à ses tableaux un équilibre singulier entre poésie et rigueur narrative, dont les deux œuvres retenues ici me semblent être une belle illustration.
Le second tableau, dont le titre complet est The gentle music of a bygone day, a été inspiré par un poème de William Morris, The Earhtly Paradise.e visuelle.

dimanche 9 décembre 2012

John A. Grimshaw - Evening shadows (1881)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'anglais John Atkinson Grimshaw (1836-1893), maître incontesté, pour l'atmosphère de ses crépuscules et le rendu des ciels chargés de brume ou de nuages, des paysages urbains nocturnes de l'Angleterre victorienne.

J.G. - Westminster Bridge by moonlight
(1880)
Autodidacte, d'abord influencé par les préraphaélites, il commence dans les années 1860 par exposer des natures mortes.
Par la suite il est également marqué par le travail du français James Tissot, très en vogue dans la haute société de l'Angleterre victorienne, et qui fera ici, un jour ou l'autre, l'objet d'une publication.
Si Grimshaw peint des paysages portuaires, des rues de Leeds, Liverpool ou Londres, ce n’est pas pour en documenter la réalité, mais pour en extraire une poésie diffuse, presque symboliste. À mi-chemin entre réalisme et romantisme, il joue avec les lumières artificielles, les halos du gaz et les effets atmosphériques, en donnant à ses tableaux un caractère mystérieux et profondément évocateur.
Pour beaucoup, il reste aujourd'hui le peintre des clairs de lune, celui qui a fait dire à l'américain James Abbott Whistler : I considered myself the inventor of nocturnes, until I saw Grimmy's moonlit pictures.

dimanche 11 octobre 2009

A. H. Collings - The studio mirror
Le vide-grenier du dimanche. Du peintre et aquarelliste anglais Albert Henry Collings (1868-1947) j'ai choisi ces deux oeuvres dont le miroir constitue le discret trait d'union. Portraitiste réputé de la fin de l’époque victorienne et du règne édouardien, Collings reçut de nombreuses commandes de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie britanniques. Mais il ne réservait pas son attention aux seuls modèles prestigieux : ses portraits de jeunes filles ou de scènes plus modestes témoignent du même soin et de la même délicatesse.

    A.C. - A reflection (1919)
Son style, entre réalisme et idéalisme, doit beaucoup aux préraphaélites autant qu'à la tradition académique anglaise.
Étoffes, carnations, reflets, jeux de lumière : tout y est travaillé avec une minutie remarquable, sans que ses figures perdent pour autant une certaine douceur rêveuse. Parmi les nombreux portraits que j’ai pu voir de lui, le premier de ces tableaux reste mon préféré.
Mais je remarque qu'aucune de ces deux jeunes filles ne tient dans sa main une bougie.
C'était pourtant, dit-on et selon une tradition ancienne, ce que devaient faire les jeunes files célibataires sur les douze coups de minuit, pour découvrir dans le miroir tenu devant elles le visage de leur futur mari.

dimanche 30 août 2009

Albert Goodwin - Hastings (1907)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du très prolifique peintre anglais Albert Goodwin (1845-1932), maître de l’aquarelle, fortement influencé par Turner dont il se revendiquait l’héritier, ainsi que par les préraphaélites.
Formé auprès de deux d’entre eux, Arthur Hughes et Ford Madox Brown, il est également en relation avec John Ruskin à partir des années 1870. Il développe ainsi un regard profondément tourné vers la lumière, la nature et un romantisme de la perception, souvent teinté de mélancolie.

A.G. - Westminster sunset (1900)

Très tôt, Ford Madox Brown aurait vu en lui un futur grand paysagiste, écrivant en 1864 qu’il deviendrait « one of the greatest landscape painters of the age ». Goodwin s’impose en effet, après la disparition de Turner, comme l’un des représentants importants de la peinture de paysage anglaise.
En 1888, il note dans son journal : « Beauty – the beauty that is in the landscape – is a sealed book to many; hence in a degree the landscape painter may magnify his calling, for is he not one who is helping to open the eyes of the blind? »

dimanche 10 mai 2009

A. Hacker - Imprisoned spring (1911)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et graveur anglais Arthur Hacker (1858-1919), figure importante de la peinture académique victorienne.
Formé à la Royal Academy of Arts de Londres – où il expose dès l’âge de vingt ans avant d’en devenir membre – puis à Paris dans l’atelier de Léon Bonnat, il mène une carrière marquée par un grand éclectisme : sujets religieux, portraits mondains, scènes orientalistes ou compositions allégoriques.

A.H. - The couch burners (1910)
Sa peinture, très attentive au dessin et aux effets de lumière, porte la trace de plusieurs influences françaises et anglaises, depuis l'école de Barbizon  jusqu’à certains aspects du préraphaélisme.
En 1885-86, il participe à la création du New English Art Club, fondé à Londres en réaction au conservatisme de la Royal Academy. "Beauty is not a luxury, it's a necessity of the soul."

AM2 ICI