In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 décembre 2012

J. Grimshaw - Evening shadows (1881)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'anglais John Atkinson Grimshaw (1836-1893), l’un des maîtres des atmosphères crépusculaires et des paysages urbains nocturnes de l’Angleterre victorienne.
Autodidacte, d'abord proche de l'esthétique préraphaélite, il commence dans les années 1860 par peindre des natures mortes avant de se tourner vers les paysages.
Il est ensuite sensible au travail du peintre français James Tissot, très apprécié dans la haute société victorienne. Tissot fera probablement lui aussi l’objet d’une prochaine publication.
J.G. - Westminster Bridge (1880)

Si Grimshaw peint des paysages portuaires, des rues de Leeds, Liverpool ou Londres, il ne semble pas chercher à en documenter la réalité, mais plutôt à en extraire une poésie diffuse ;  à mi-chemin entre réalisme et romantisme, il s’attache aux lumières artificielles, aux halos du gaz, aux brumes épaisses, pour construire un monde silencieux et presque irréel.
Il reste pour beaucoup le peintre des nuits claires, celui qui a fait dire à l'américain James Abbott Whistler : « I considered myself the inventor of nocturnes, until I saw Grimmy's moonlit pictures.»

dimanche 8 avril 2012

J.T. - Quarreling (1875)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre français James Tissot (1836-1902), né à Nantes et formé à l’École des beaux-arts de Paris. Il mène une grande partie de sa carrière entre la France et l’Angleterre, où il s’installe en 1871 après la guerre franco-prussienne. À Londres, il connaît rapidement un grand succès et devient l’un des peintres les plus recherchés de la société victorienne, dont il observe avec un regard de Français les habitudes, les vêtements, les loisirs et les codes sociaux.
Tissot est un artiste difficile à enfermer dans une catégorie. Proche de Manet, Degas et Whistler, qu’il fréquente, il est sensible aux nouveautés de la peinture de son époque, mais ne devient pas pour autant impressionniste.
Il s’intéresse aussi aux estampes japonaises, aux maîtres anciens et à la peinture anglaise. Son succès est considérable et il sait aussi très bien gérer sa carrière et vendre ses œuvres. Cette attention portée à la vie de son temps donne à sa peinture une qualité documentaire qui m’intéresse beaucoup. En 1869, le critique Élie Roy écrivait qu’un tableau de Tissot pourrait un jour suffire aux archéologues pour reconstituer son époque. C'est peut-être un peu excessif, mais la formule dit assez bien ce que ses tableaux peuvent nous apprendre d’une société, de ses vêtements, de ses intérieurs et de ses manières de vivre.
J.T. - View on the harbour

Je ne suis pas passionné par l’ensemble de son œuvre : beaucoup de ses peintures me laissent indifférent, et son importante production religieuse de la fin de sa vie en fait partie.
Mais il y a chez lui des tableaux que j'aime assez pour avoir envie de les présenter. Quarrelling, exposé à la Royal Academy en 1876, appartient à cette période londonienne où Tissot s’attache particulièrement à la vie et aux conventions de la société victorienne.
Et puis il y a quelque chose dans le personnage lui-même qui m’intéresse : cet artiste français devenu l’un des peintres à succès de Londres, mais qui continue à regarder la société anglaise avec un certain recul.

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...