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| H. Hartung - Sans titre (1955) |
La veillée du dimanche. Deux toiles du peintre et photographe français d'origine allemande Hans Hartung (1904-1989), figure majeure de l’abstraction européenne de l’après-guerre, associé notamment à l'
Art Informel.
Hartung raconte que, dès l’âge de six ans, il dessinait dans ses cahiers les zigzags des éclairs aussitôt qu’ils apparaissaient dans le ciel, avant même que le tonnerre ne se fasse entendre, comme pour apprivoiser la foudre. Ce geste d’enfant contient peut-être déjà quelque chose de son œuvre future : la volonté de saisir une énergie invisible et d’en conserver la trace. Passionné très tôt par la photographie, l’astronomie et l’histoire de l’art, il découvre les maîtres anciens, les
expressionnistes allemands puis, après son installation à Paris, les avant-gardes de son temps.
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| H. H. - Rayonnement (1962) |
Pendant la Seconde Guerre mondiale, opposé au nazisme, Hartung rejoint la Légion étrangère. Après avoir fui la France occupée en franchissant clandestinement les Pyrénées, il est arrêté et interné par les autorités franquistes en Espagne. Libéré, il s’engage à nouveau dans la Légion ; grièvement blessé en 1944, il perdra une jambe au combat. Naturalisé français en 1946, il recevra la croix de guerre et la Légion d’honneur.
Cette histoire d’épreuves, d’arrachement et de survie n’explique pas à elle seule son œuvre, mais elle donne peut-être à ses éclaboussures, à ses projections et à ses gestes spontanés une profondeur particulière. Pionnier de l’art gestuel, Hans Hartung reste aujourd’hui considéré comme l’un des artistes majeurs de l’abstraction du XXᵉ siècle. « L’art n’est pas ce que l’on voit, mais ce que l’on donne à voir. »