In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 12 novembre 2023

T.O'Shea - Border Roads (90s)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe irlandais Tony O'Shea (b.1947), une figure importante de la photographie contemporaine en Irlande.
Après des études d’anglais et de philosophie à l’université de Dublin, il se tourne vers la photographie et collabore d’abord avec le magazine In Dublin, puis avec le Sunday Business Post, avant de poursuivre une carrière indépendante.
T.O'S. - Ways of the Cross (80s)

Son travail s’inscrit dans la tradition documentaire européenne, avec une attention particulière à la vie quotidienne des Irlandais. Ses images témoignent des réalités sociales de leur temps, mais elles racontent aussi des histoires singulières, où affleurent parfois la solitude, les tensions sociales ou ces moments où les attitudes se relâchent et laissent entrevoir quelque chose de plus intime. Je trouve cette photo, Border Roads, en ce sens magistrale.
 © Veilleur de Nuit – 2023

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dimanche 5 novembre 2023

S. Cerchi - Rendez-vous (2013)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'italien Sergio Cerchi (b.1957). Né à Florence, où il vit et travaille, il a étudié à l’Istituto d’Arte di Porta Romana puis au Conservatoire Luigi Cherubini. Très tôt, il mène de front la musique et la peinture, deux pratiques qu’il considère comme indissociables et qui nourrissent son travail.
D’abord influencé par le cubisme, Cerchi évolue ensuite vers une forme plus personnelle, où figures et espaces semblent se déployer sur plusieurs plans à la fois. Il parle lui-même de « figures et géométries » : une manière de construire l'image où rien ne paraît définitivement stable.
S.C. - Note finale

Les surfaces se fragmentent, se superposent, les volumes se brouillent. En même temps, ses couleurs assourdies donnent à ses toiles une chaleur particulière, qui rappelle son admiration pour les maîtres italiens de la Renaissance.
Ce qui m'a intéressé dans son travail, c’est cette impression d’équilibre mouvant : les formes semblent se construire et se défaire à la fois.
On ne sait jamais très bien, en regardant ses tableaux, s’il nous montre une construction ou une déconstruction ; chaque fragment paraît vouloir assembler le réel autant qu’il le fragmente. Il y a là comme une hésitation qui semble nous rappeler que toute forme, comme toute réalité, se construit en se défaisant. Dis autrement, et sans connaître les intentions du peintre, je ressens devant ces deux œuvres une sorte d'étrange incertitude, comme si la peinture hésitait entre l’ordre et le désordre, entre la construction et son effacement.
 © Veilleur de Nuit – 2023
DR1

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samedi 4 novembre 2023

D.L. - Country road, County Clare, Ireland (1954)
Une image et des mots. L'image est de Dorothea Lange (voir mars 2013), et les mots pour l'accompagner sont de l'empereur philosophe Marc-Aurèle, extraits du Livre V de Pensées pour moi-même (c.180 ap. J.-C.)

Je marche dans les sentiers que me trace la nature, jusqu'à ce que je me repose en tombant, exhalant mon dernier souffle dans cet élément où je puise à chaque instant le souffle de ma vie, tombant sur cette terre d'où mon père a tiré le germe de mon être, d'où ma mère a tiré son sang, d'où ma nourrice a tiré son lait ; sur cette terre, dont moi-même, depuis tant d'années, je me nourris et m'abreuve chaque jour ; sur cette terre, qui me porte, quand je la parcours et que j'en abuse de tant de façons.
CK1

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dimanche 29 octobre 2023

Bunny Yeager - Self-portrait (1950s)
La veillée du dimanche. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer sur ce blog la pin-up dans l’illustration américaine, chez Art Frahm par exemple (voir juil. 2016) ou chez Gil Elvgren (voir fév. 2018), mais aussi dans l’univers des pulps, sur lequel je pense revenir dans une prochaine chronique. Il était naturel que la pin-up passe aussi du dessin à la photographie.
Pour illustrer cette évolution, voici deux clichés de la photographe américaine Bunny Yeager (1929-2014), qui fut l’une des grandes figures de cet âge d’or, notamment pour ses photographies de Bettie Page, dont la fameuse série Jungle Bettie. 

B.Y. - Eleanor Lucky
Mais Yeager photographiait aussi bien les pin-up célèbres que des femmes ordinaires. Elle expliquait que ces dernières acceptaient de poser pour elle parce qu’elles savaient qu’elle ne les pousserait pas à faire des photos nues si elles ne le souhaitaient pas. Cette relation de confiance tient sans doute aussi à son propre parcours : avant de passer derrière l'objectif, Bunny Yeager avait elle-même été modèle.
Elle continue parallèlement à se photographier elle-même et publie en 1964 How I Photograph Myself, un livre consacré à ses autoportraits. Les deux photographies présentées ici appartiennent à cette partie de son travail.
© Veilleur de Nuit – 2023

A.M. - Notre-Dame, soleil (1904) La veillée du dimanche. Déjà présenté en juillet 2016, voici, avec deux nouvelles toiles – encore une fois...