In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 16 avril 2023

Heinrich Vogeler - Rêverie (1900)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre allemand Heinrich Vogeler (1872-1942), né à Brême et formé à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf.
D'abord influencé par les préraphaélites et l'Art Nouveau, il explore des thématiques spirituelles et mythologiques qu’il transpose dans les paysages de son pays. Ses premières œuvres, comme Contes d’hiver (1897), réinterprètent des récits bibliques dans des scènes quotidiennes, où les figures sacrées prennent les traits du peuple.
Son art se distingue par une grande minutie et une forte charge symbolique, perceptibles notamment dans ses fresques et ses créations de mobilier pour la ferme de Barkenhoff, qu’il transforme en colonie d’artistes dans le style Jugendstil. Mais à partir de 1906, ses engagements personnels et politiques modifient profondément sa vision de l’art.

H. Vogeler - Paysage
La découverte de la condition ouvrière, à travers ses voyages et ses lectures socialistes, le conduit à délaisser ses premières influences pour une peinture plus réaliste et engagée, centrée sur les luttes sociales et la vie des travailleurs. Pacifiste convaincu pendant la Première Guerre mondiale, il se rapproche de la révolution bolchevique et consacre ses fresques à la gloire des ouvriers et des paysans - un engagement qu’il poursuit lors de ses séjours en Russie soviétique dans les années 1920.
Il suffit, pour mesurer l’ampleur de cette évolution, de comparer Le Printemps (1897), d’un symbolisme raffiné, à Docker à Hambourg (1928) ou encore à Stakhanoviste à Sotchi (1936).
Son adhésion au Parti communiste et son soutien à la révolution d’Octobre marquent une étape décisive de son parcours. Vogeler devient un ardent défenseur des idéaux socialistes : il fonde à Barkenhoff une communauté ouvrière où il tente de concilier art et utopie. Mais ses désaccords avec le Parti communiste d’Allemagne et ses désillusions face à la réalité soviétique - notamment lors de ses séjours en Carélie et en Ouzbékistan - finissent par le marginaliser.
En dépit de sa foi politique, Vogeler se heurte aux contradictions du régime stalinien, qui ébranle ses convictions. Ses dernières œuvres, d’un réalisme austère, témoignent de son désenchantement : elles mettent en scène l’ouvrier face à une société en crise. Exilé en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, il meurt en 1942 dans des conditions précaires, laissant derrière lui une œuvre traversée par les idéaux, les luttes et les espoirs de tout un siècle.
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dimanche 9 avril 2023

Tuija Lindström - Pia (1983)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de la photographe suédo-finlandaise Tuija Lindström (1950-2017).
Formée à la Konstfack, l’université d’arts et de design de Stockholm, elle découvre en 1977 une exposition consacrée à Christer Strömholm (voir sept. 2013), qui la décide à se consacrer à la photographie.
« Lorsque j’ai commencé à photographier dans les années 70, seuls les hommes étaient photographes. J’ai choisi de traiter les mêmes sujets qu’eux, mais différemment, depuis mon propre regard, avec une perspective féminine. »
T.L. - For Heathcliff (1980)

Connue pour son rôle essentiel dans le renouveau de la photographie contemporaine en Suède, Tuija Lindström a développé une œuvre exigeante, à la croisée de l’esthétique formelle et de la réflexion sur l’identité, le corps et la mémoire. Sa série The Girls at Bull’s Pond (1991) – des femmes nues se baignant dans l’eau sombre d’un étang – lui apporte une reconnaissance internationale. Ces images, à la fois paisibles et énigmatiques, jouent sur la tension entre la douceur du paysage et une inquiétude diffuse, comme un écho silencieux aux attentes projetées sur le corps féminin. Première femme professeure de photographie à l’Université de Göteborg, Tuija Lindström a ouvert la voie à toute une génération d’artistes en Suède.

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dimanche 2 avril 2023

Michael Handt - Untitled (2016)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre paysagiste Michael Handt que j'ai découvert récemment.
Dans la grande tradition des maîtres du paysage – Benjamin Leader, Ivan Shishkin, Albert Bierstadt (voir juil. 2008) ou John Atkinson Grimshaw (voir déc. 2012) –, dont il revendique l’influence, Michael Handt nous invite dans des paysages d’une profonde quiétude, où chaque détail témoigne d’une observation attentive et d’un véritable amour de la nature.
M.H. - Breaking through (2018)

Autodidacte, il peint à l’huile avec une virtuosité impressionnante, pour restituer les subtiles variations de lumière avec une précision presque photographique. Ici, dans l’éclat doré d’un couchant ou les brumes d’une forêt, ses toiles dégagent une sérénité et une dimension presque mystique.
Par cette maîtrise, Handt prolonge l’héritage des grands paysagistes tout en y apportant une sensibilité contemporaine bien à lui. Sa toile Breaking Through serait d’ailleurs un hommage au célèbre Puget Sound on the Pacific Coast d’Albert Bierstadt.

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O. Redon - Cinq papillons (1912) Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Odilon Redon (1840–1916), figure s...