In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 avril 2023

Tuija Lindström - Pia (1983)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe suédo-finlandaise Tuija Lindström (1950-2017).
Formée à la Konstfack, à Stockholm, elle découvre en 1977 une exposition consacrée à Christer Strömholm (voir sept. 2013), qui la décide à se consacrer pleinement à la photographie. Ses premières œuvres sont des portraits, mais elle s’intéresse bientôt au corps, à l’identité, à la mémoire et à la place des femmes dans la société.
« Lorsque j’ai commencé à photographier dans les années 70, seuls les hommes étaient photographes.
J’ai choisi de traiter les mêmes sujets qu’eux, mais différemment, depuis mon propre regard, avec une perspective féminine. »
T.L. - For Heathcliff (1980)

Cette volonté de poser un regard différent traverse une grande partie de son œuvre ; Tuija Lindström s’intéresse particulièrement aux liens entre le corps, l’identité et la mémoire. C’est sa série The Girls at Bull’s Pond (1991), des photographies de femmes nues qui se baignent dans l’eau sombre d’un étang, qui lui apporte une reconnaissance internationale. Ces images, à la fois paisibles et énigmatiques, jouent sur un contraste troublant entre la douceur du paysage et une inquiétude diffuse.
Mais pour cette chronique j’ai choisi Pia (1983), un beau portrait, sobre et presque intemporel, et For Heathcliff (1980), une image très pictorialiste d’un cheval enveloppé de brume et de végétation, où la lumière, les tonalités et les effets de matière comptent presque autant que le sujet. Deux photographies très différentes, mais qui témoignent d'un même goût pour les formes et les atmosphères.
En 1992, Tuija Lindström devient la première femme nommée professeure de photographie à l’Université de Göteborg, où elle enseigne jusqu’en 2002.
 © Veilleur de Nuit – 2023

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