In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 20 février 2021

Francesco Stelluti - Melissographia
Une image et des mots. Melissographia, une gravure de Francesco Stelluti (Franciscus Stellutus), parue en 1625 dans le livre Apiarum de son ami Federico Cesi (fondateur de l'Académie des Lynx), dédicacée au pape Urbain VIII, Maffeo Barberini, "ami" de Galilée. Ceci est la première illustration entomologique faite à partir d'une observation au microscope.
Pour accompagner cette image, voici l'histoire de Perséphone et sa mère Déméter, déesse de la fertilité, telle que nous la rappellent les frères François et Pierre-Henri Tavoillot, respectivement apiculteur et prof de philo, dans leur ouvrage écrit à quatre mains, L'abeille (et le) philosophe, publié chez Odile Jacob.

F. S. - Melissographia
Perséphone était d'une beauté telle que le vilain Hadès, son oncle, l'enleva pour en faire son épouse. Alarmée par sa disparition soudaine, Déméter partit à la recherche de sa chère fille et ne la retrouvant pas décida de faire une sorte de "grève de la fertilité" tant qu'elle ne lui serait pas rendue. La terre alors se dessécha; les plantes cessèrent de croître; l'univers fut affamé. Apprenant que son frère Hadès détenait sa fille, Déméter porta l'affaire devant Zeus.
Celui-ci, bien embêté, ne voulant froisser ni son frère ni sa soeur, proposa un compromis.
Il décida que Perséphone resterait six mois aux Enfers avec son époux et rejoindrait sa mère les autres mois. Ainsi furent inventées les saisons: durant l'absence de sa fille à l'automne et en hiver, Déméter cesse tout travail; à son retour au printemps elle fait refleurir la terre.
De même les abeilles restent terrées dans la ruche pendant la mauvaise saison pour réapparaître aux beaux jours. Un culte en mémoire de cette histoire était célébré dans toute la Grèce antique lors de grandes fêtes appelées les Tesmophories.
Y participaient les femmes mariées qui étaient pour l'occasion appelées "melissai" (abeilles).
Un tel culte se déroulait également dans le temple d'Artémis d'Éphèse, l'une des sept merveilles du monde antique, toujours représentée accompagnée d'abeilles. Notons par ailleurs que la Pythie de Delphes était elle aussi appelée Mélissa. Par où l'on voit que l'abeille n'est pas seulement mythe (ou récit de l'origine), elle est aussi rite, c'est-à-dire le rappel régulier des règles de la mise en ordre primordiale
.
MA3
ICI

dimanche 14 février 2021

C. Van Weele - Pont des Arts (1954)

La veillée du dimanche. Pour la Saint Valentin, deux clichés du photographe néerlandais Cor Van Weele (1918-1989).
Il débute comme assistant dans l'atelier de Franz Ziegler, à Zwolle. Doué pour le dessin, il réalise bientôt les arrière-plans des portraits de couples notamment ces couchers de soleil romantiques peints sur plaques de verre – avant de se voir confier les travaux de retouche. De 1940 à 1944, il poursuit son apprentissage auprès de plusieurs portraitistes tout en rejoignant, à Haarlem, le groupe de résistance Vrij Nederland. En 1947, il s'installe à Amsterdam où il commence sa carrière de photographe indépendant.
C. van Weele (1970)

La rencontre avec Edward Steichen, qui parcourt alors l'Europe à la recherche d'images pour son exposition European Photography, est décisive dans l'affirmation de son style. La vision profondément humaniste du maître pictorialiste le marque durablement. Son livre En Alles Daartussen (« Et tout ce qui est entre »), où la personne humaine devient le fil conducteur d'un récit en images, aurait sans doute difficilement vu le jour sans l'influence du magnifique Family of Man.

RF1

ICI

dimanche 7 février 2021

Allan Crite - Tire jumping (c.1940)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre afro-américain Allan Rohan Crite (1910-2007), figure importante de la scène artistique afro-américaine du XXᵉ siècle. Né à North Plainfield, dans le New Jersey, et élevé à Boston, Crite s'intéresse très tôt à la peinture religieuse et à la représentation de la vie de sa communauté. Diplômé de la School of the Museum of Fine Arts de Boston, il se définissait volontiers comme un « reporter d'un peuple ordinaire ».
Son style, figuratif et limpide, mêle réalisme et symbolisme, avec une attention particulière portée à la spiritualité, à la musique, et aux gestes les plus simples.
A.C. - School's out (1936)

Alors que nombre d'artistes de la Harlem Renaissance cherchaient à affirmer une identité noire moderne et urbaine, Crite préférait montrer la dignité tranquille de la vie de quartier : des enfants qui jouent dans la rue, des familles sortant de l'église, des scènes de voisinage baignées de lumière.
« Mon intention, à travers mes peintures et mes dessins de quartier, était de montrer les Noirs dans leur vie ordinaire, des gens qui connaissent, comme tout le monde, leur part de joies et de peines. J'étais un artiste-journaliste, témoin de ce que je voyais. »
MG1

ICI

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...