In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 4 janvier 2014

Georg Nicolai Achen - Intérieur (1911)
Une image et des mots. Du peintre naturaliste danois Georg Nicolai Achen : Intérieur (1911). Pour la splendide composition, pour la transparence du voilage et la croisée estompée, pour les reflets du jour sur le parquet, sur les tableaux, et sur les angles des meubles.
Pour aller avec, j'ai pensé à ce poème de Juarroz:

Un reflejo en la pared
despierta a una palabra
que funda nuevamente al infinito.

Porque también el infinito muere
o se repliega entre paréntesis
Y sólo un punto de luz o su reflejo
puede instaurarlo de nuevo.

Ningún infinito
despierta a otro infinito.


***

Un reflet sur le mur
éveille une parole
qui fonde nouvellement l'infini.

Parce que l'infini aussi meurt
ou se replie entre parenthèses.
Et seul un point de lumière ou son reflet
peut l'instaurer de nouveau.

Aucun infini
n'éveille un autre infini.
JC1

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dimanche 29 décembre 2013

Phil Bergerson - Untitled (2010)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du canadien Phil Bergerson (b.1947). Formé d’abord à la gravure, il se tourne vers la photographie dans les années 1970 et parcourt pendant plusieurs décennies les États-Unis, attentif aux vitrines, enseignes, murs peints, slogans publicitaires ou objets abandonnés. 

P. Bergerson (2010)
Influencé par Walker Evans et Robert Frank, Bergerson trouve sa matière dans ce qu’il appelle « les excentricités du paysage social ». Les figures humaines sont rares dans ses images ; pourtant leur présence affleure partout, dans les traces laissées par la consommation, les rêves américains défraîchis ou les détails parfois absurdes du décor quotidien.
Ses photographies composent ainsi un portrait indirect de l’Amérique, sans ironie méprisante ni misérabilisme, mais avec une attention sensible aux contradictions et aux fragilités du paysage urbain.
« It is a personal view that does not attempt to be all inclusive but strives instead to be meaningfully expressive about those things discovered throughout my journeys. »
AH6

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dimanche 22 décembre 2013

Saul Leiter - Smoking (1934)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Saul Leiter (1923-2013), qui vient de s'éteindre. Né à Pittsburgh dans une famille juive très religieuse, Saul Leiter se heurte tôt à l’opposition de son père, rabbin, qui voit d’un mauvais œil sa vocation artistique.
Installé à New York en 1946, il commence par peindre avant de se tourner vers la photographie, encouragé notamment par le peintre Richard Pousette-Dart.
Fasciné par Bonnard, les estampes japonaises ou encore l’expressionnisme allemand, Leiter développe très vite une manière très personnelle : flous, vitres embuées, reflets, fragments de silhouettes ou éclats de couleur composent chez lui des images d’une grande douceur visuelle.

S. Leiter - Snow (1960)
Pendant près de quarante ans, la photographie de mode lui permet de vivre ; il travaille pour Harper’s Bazaar, Life ou British Vogue, tout en poursuivant parallèlement une œuvre beaucoup plus intime. Bien que ses photographies aient été montrées dès les années 1950 au MoMA, notamment grâce à Edward Steichen pour l’exposition The Family of man, Saul Leiter reste longtemps discret et peu connu du grand public. Ce n’est qu’à partir des années 2000, avec la publication de Early Color, que son œuvre reçoit enfin une reconnaissance internationale.

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