In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 22 décembre 2013

Saul Leiter - Smoking (1934)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Saul Leiter (1923-2013), qui vient de s'éteindre. Né à Pittsburgh dans une famille juive très religieuse, Saul Leiter se heurte tôt à l’opposition de son père, rabbin, qui voit d’un mauvais œil sa vocation artistique.
Installé à New York en 1946, il commence par peindre avant de se tourner vers la photographie, encouragé notamment par le peintre Richard Pousette-Dart.
Fasciné par Bonnard, les estampes japonaises ou encore l’expressionnisme allemand, Leiter développe très vite une manière très personnelle : flous, vitres embuées, reflets, fragments de silhouettes ou éclats de couleur composent chez lui des images d’une grande douceur visuelle.

S. Leiter - Snow (1960)
Pendant près de quarante ans, la photographie de mode lui permet de vivre ; il travaille pour Harper’s Bazaar, Life ou British Vogue, tout en poursuivant parallèlement une œuvre beaucoup plus intime. Bien que ses photographies aient été montrées dès les années 1950 au MoMA, notamment grâce à Edward Steichen pour l’exposition The Family of man, Saul Leiter reste longtemps discret et peu connu du grand public. Ce n’est qu’à partir des années 2000, avec la publication de Early Color, que son œuvre reçoit enfin une reconnaissance internationale.

dimanche 18 novembre 2012

Bill Rauhauser - Kresge Court, Detroit (1970s)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Bill Rauhauser (b.1918), figure majeure de la photographie de rue américaine. Né à Detroit dans une famille d’origine allemande de Pennsylvanie, il se forme d’abord en ingénierie architecturale et travaille pendant plus de vingt ans dans le secteur industriel avant de se consacrer à la photographie.
Il achète son premier appareil en 1933, un Univex Model A commandé pour 39 cents. Mais c’est surtout une exposition consacrée à Henri Cartier-Bresson au MoMA, en 1947, qui marque un tournant décisif. 
Dans le livret de l’exposition, une phrase retient son attention : « Photography isn’t a hobby.
The art is in the seeing. ». Il dira plus tard que c’est à ce moment-là qu’il comprend que la photographie ne pouvait plus être un simple loisir.
B.R. - Three on a bench, Detroit
(1952)

À partir de là, il adopte le 35 mm et commence à photographier les rues de Detroit. Il s’attache à la vie de la ville au moment où celle-ci devient l’un des grands centres industriels des États-Unis, puis traverse des transformations urbaines et sociales profondes entre les années 1950 et 1970.
La reconnaissance arrive en 1955 lorsque l’un de ses clichés, Three on a bench, est sélectionné par Edward Steichen pour l’exposition The Family of Man au MoMA, vue par des millions de visiteurs dans le monde.
Cette reconnaissance l’amène progressivement à se consacrer davantage à la photographie et à l’enseignement. Pendant plus de trente ans, il enseigne au College for Creative Studies de Detroit, où il insiste sur une idée simple : « Recognizing significance is what counts. »
En 1964, il participe également à la création de la Group Four Gallery, l’un des premiers lieux dédiés à la photographie à Detroit.
Son travail de rue se développe dans la durée, au fil des décennies, avec une grande sobriété de moyens. Il photographie la ville sans mise en scène, au plus près des situations, attentif à ce qui se joue dans les interactions ordinaires et les scènes quotidiennes. Ses images, longtemps restées discrètes, constituent aujourd’hui un ensemble essentiel pour comprendre la mémoire visuelle de Detroit et les transformations de la ville au XXe siècle.

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