In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 7 juillet 2012

A.Simonetti - Et elle ne revint jamais
Une image et des mots. La voix de la mer, écrivait Kate Chopin dans "L'Éveil" (1899), est séductrice ; sans jamais se lasser elle chuchote, gronde, murmure, invite l'âme à errer pour un temps dans des abîmes de solitude ; à se perdre dans des dédales de contemplation intérieure.
Une toile du napolitain Alfonso Simonetti (1840-1892), avec pour l'accompagner un beau rondeau de Clément Marot (1496-1544)

"A la jeune Dame, mélancolique et solitaire"

Par seule Amour qui a tout surmonté,
On trouve grâce en divine bonté,
Et ne la fault par aultre chemin querre:
Mais tu la veulx par cruaulté conquerre,
Qui est contraire à bonne volunté.

Certes c'est bien à toy grand' cruaulté,
D'user en deuil la jeunesse et beaulté,
Que t'a donné Nature sur la terre
Par seule Amour.


En sa verdeur se resjouist l'Esté,
Et sur l'Yver laisse joyeuseté:
En ta verdeur plaisir doncques asserre,

Puis tu diras si vieillesse te serre
Adieu le temps, qui si bon a esté
Par seule Amour.

LV1
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dimanche 1 juillet 2012

E. D. - Road, East of England (1997)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photograveur anglais Edward Dimsdale (b.1965). Natif de Londres, c'est au cours de ses études en sciences sociales à l'Université de Bristol qu'il commence à s'intéresser à la photographie.
Dès ses débuts, il expérimente différents procédés de développement, notamment les tirages à partir de négatifs sur papier. Cette technique remonte aux débuts de la photographie : William Henry Fox Talbot, en Angleterre, utilisait lui-même du papier pour créer les premiers négatifs, alors que les procédés photographiques qui l’avaient précédé ne permettaient d’obtenir qu’une seule image.

E. Dimsdale (n/d)
Tout en perfectionnant sa maîtrise de la chambre noire auprès de photographes de mode à Londres et à Paris, Dimsdale poursuit ses expériences avec les négatifs papier et développe peu à peu un procédé très personnel. Aujourd’hui, il part de négatifs photographiques classiques, puis réalise une succession de positifs et de négatifs intermédiaires avant d’obtenir le tirage final, qu’il rehausse avec un mélange de sélénium et d’or.
L'oeuvre de Dimsdale est marquée par une esthétique minimaliste : les images ainsi créées, réduites par le photographe à leurs composants les plus élémentaires à partir d'un détail ou d'une atmosphère, sont à la fois subtiles et complexes, et toujours très évocatrices.
Mais pour lui la boucle n'est bouclée qu'avec l'intervention du spectateur : « the original resonance is only fully revived when it is inspired back to life by the viewer - by contact with a receptive eye, heart, and mind

GH1
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dimanche 24 juin 2012

B.D. - Seáinín Dhónaill Ó Conghaile (1970s)
La veillée du dimanche. Deux clichés de l'irlandais Bill Doyle (1925-2010), photographe autodidacte né à Dublin, grand lecteur de poésie et amateur de musique, parfois surnommé le « Cartier-Bresson irlandais ».
Il devient photographe professionnel après avoir remporté le prix Daily Telegraph Magazine Photographer of the Year en 1967, grâce à ses photographies des îles d’Aran. Il quitte alors une vie stable pour se consacrer entièrement à une Irlande en mutation : ses paysages, ses visages, ses gestes ordinaires.

B.D. - Murphy's hand, Cork (1980)
Roland Barthes disait que la photographie est un témoignage que l’instant a existé. Bill Doyle saisit ces instants avec simplicité et sincérité: il regarde sans chercher l'effet, avec une attention particulière aux petits moments de la vie quotidienne.
Des agriculteurs des îles d’Aran aux anonymes dans les rues de Dublin, il s’intéresse moins à ce qui est spectaculaire qu’à ces instants qui, avec le temps, deviennent les traces d’une époque. Deux ouvrages en témoignent : Dublin Street Life and Lore (1983) et Bill Doyle’s Ireland (1991).
BS4

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samedi 23 juin 2012

J. Meyerowitz - Time Square, NYC (1963)
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Joel Meyerowitz, et la première et la dernière strophe d'un poème de Jean de la Croix (1542-1591) : Por toda la hermosura (Pour toute la beauté).

Por toda la hermosura
nunca yo me perderé,
sino por un no sé qué
que se alcanza por ventura.

[.....]

Por lo que por el sentido
puede acá comprehenderse
y todo lo que enterderse,
aunque sea muy subido
ni por gracia y hermosura
yo nunca me perderé,
sino por un no sé qué
que se halla por ventura.

***

Pour toute la beauté
jamais je ne me perdrai
sinon pour un je ne sais quoi
qui par fortune se saisit.

[.....]

Pour ce qui par le sens
peut ici se comprendre
et tout ce qu'on peut entendre
fût-il très élevé
pour la grâce ni la beauté

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...