In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 12 juin 2011

Edward Hopper - At the window (1940)
La veille du dimanche. Deux œuvres de Edward Hopper (1882-1967), l’une des grandes figures de la peinture américaine du XXᵉ siècle. Formé à la New York School of Art auprès de Robert Henri, figure majeure de l'Ash Can School et du réalisme urbain, Hopper découvre aussi la peinture française lors de plusieurs séjours à Paris, notamment Degas et les impressionnistes.

E.H. - Cape Cod in October (1946)
Souvent estampillé – dans toutes les langues –, "peintre de la solitude", Hopper peint l’Amérique ordinaire : stations-service, motels, maisons isolées, scènes de rue ou intérieurs anonymes. Mais les couleurs sont parfois étranges, et ses personnages semblent captifs d’une attente dont on ne sait rien.
Pour cette publication, j’ai préféré aux  célébrissimes Nighthawks ou Gas deux tableaux moins souvent reproduits, mais qui disent tout autant les deux grands thèmes de son univers :
le paysage américain et cette forme de déréliction muette qui semble habiter ses personnages.
« Maybe I am not very human.. What I wanted to do was to paint sunlight on the side of a house.»
Dans un monde agité, bruyant, saturé d’images, Hopper persiste à peindre l’immobile, le non-événement ; il nous arrête devant presque rien : une fenêtre éclairée, une route vide, un personnage figé. C’est peut-être là que réside la force singulière de sa peinture.

PG2
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dimanche 5 juin 2011

A. Dove - The critic (1925)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres de l'américain Arthur Dove (1880-1946), considéré comme l’un des pionniers de l’abstraction aux États-Unis. Né à Canandaigua, dans l’État de New York, il étudie au Hobart College puis à Cornell University avant de se consacrer à la peinture.
Lors d'un séjour en France, il découvre les avant-gardes européennes et notamment le fauvisme de Matisse.
De retour aux États-Unis, il devient l’un des artistes les plus proches du photographe et galeriste Alfred Stieglitz, qui l’expose dès 1910 dans sa galerie « 291 ».

A. Dove - Red sun (1935)
Ses tableaux, aux formes simplifiées et aux couleurs très libres, s’inspirent souvent de la nature : le vent, les arbres, l’eau, la lumière ou les changements de saison.
« Nature is not only what is visible to the eye - it also shows the inner images of the soul - the images on the back side of the eye
La nature est donc pour lui bien plus que ce que l’œil peut voir. Sa peinture, influencée aussi par la musique et la poésie, cherche moins à représenter ce qui nous entoure qu’à traduire ce qu’il en ressent. On pense parfois, devant ses tableaux, à d'autres grands modernistes américains comme Georgia O’Keeffe ou Marsden Hartley (voir publication du 9/08/2009).
BC1

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samedi 4 juin 2011

Man Ray
Une image et des mots. L'image est une oeuvre de Man Ray, les mots sont quelques lignes de la Psychologie des foules (1895) de Gustave Le Bon.

Aussi est-ce une bien inutile banalité de répéter qu'il faut une religion aux foules. Les croyances politiques, divines et sociales ne s'établissent chez elles qu'à la condition de revêtir toujours la forme religieuse, qui les met à l'abri de la discussion. L'athéisme, s'il était possible de le faire accepter aux foules, aurait toute l'ardeur intolérante d'un sentiment religieux, et, dans ses formes extérieures, deviendrait rapidement un culte. L'évolution de la petite secte positiviste nous en fournit une preuve curieuse. Elle ressemble à ce nihiliste, dont le profond Dostoïevski nous rapporte l'histoire.
Éclairé un jour par les lumières de la raison, il brisa les images des divinités et des saints qui ornaient l'autel de sa petite chapelle, éteignit les cierges, et, sans perdre un instant, remplaça les images détruites par les ouvrages de quelques philosophes athées, puis ralluma pieusement les cierges.

PT2
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dimanche 29 mai 2011

Harold Steggles - Old Ford Road (1931)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres du britannique Harold Steggles (1911-1971), membre avec son frère Walter du East London Group..
Ce groupe d’une trentaine de peintres issus des milieux populaires se forme au début des années 1920 dans l’East End de Londres, autour du Bow and Bromley Evening Institute et de son professeur John Cooper. Plusieurs de ses membres ont quitté l’école très tôt, comme les frères Steggles, partis travailler dès l’âge de 14 ans.

H.S. - Warner Street (1935)
On y trouve des ouvriers, des dockers, des autodidactes venus de métiers très divers, qui peignent leur environnement immédiat : les rues de l’East London, ses ateliers, ses docks, ses intérieurs modestes. Walter Sickert, peintre déjà reconnu et proche de Degas, les soutient et les encourage ; son nom sera plus tard associé à celui de Jack l'Éventreur, mais c'est une autre histoire...
Ces artistes autodidactes – des ouvriers et des dockers, un fumeur de haddocks, un champion de boxe devenu laveur de carreaux, un garçon de courses – cherchent à montrer la beauté et l’humble dignité de lieux et de rues populaires, souvent ternes et maussades, loin des séduisantes scènes champêtres que privilégient alors beaucoup de peintres paysagistes.
Malgré une production importante et une reconnaissance réelle de leur vivant, le East London Group est aujourd’hui largement tombé dans l’oubli.

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