In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 2 août 2009

Luigi Ghirri - Scandiano (1972)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe italien Luigi Ghirri (1943-1992), pionnier de la photographie couleur en Europe et grand admirateur de William Eggleston.
On raconte qu’il a pris la plupart de ses photographies dans un rayon de quelques kilomètres autour de chez lui, à Modène. 
Ghirri s’intéresse aux choses les plus ordinaires : paysages transformés par l’activité humaine, enseignes, cartes postales, vitrines, affiches, jardins, images d’images…
L.G. - Bastia (1976)

Il les montre simplement, sans effets ni discours, souvent avec une pointe d’humour discret.
« Je m'intéresse à l'architecture éphémère, à l'univers de la province, aux objets considérés comme de mauvais goût, kitsch, mais qui, pour moi, ne l'ont jamais été, aux objets chargés de désirs, de rêves, de souvenirs collectifs, [.....], fenêtres, miroirs, étoiles, palmiers, atlas, globes, livres, musées et êtres humains vus par l'image..»
La seconde photographie, à n’y jeter qu’un regard distrait, pourrait sembler montrer un navire près des côtes, derrière un premier plan de dunes – ou peut-être de courbes féminines.
Mais ce n’est qu’une affiche déchirée sur un mur ocre. "Vivre sur un paquebot qui ne prendrait jamais la mer", écrit Paul Morand dans Dépression sur l'Atlantique. Chez Ghirri aussi, les images nous embarquent souvent quelque part entre le réel et l’imaginaire.

AG1
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samedi 1 août 2009

Une image et des mots. L'image, c'est ce titre d'une chanson de Jimmy Buffett. Et pour aller avec, voici les premiers vers d'un poème écrit en 1846 par Charlotte Brontë : Evening solace.

The human heart has hidden treasures
In secret kept, in silence sealed;
The thoughts, the hopes, the dreams, the pleasures,
Whose charms were broken if revealed.
And days may pass in gay confusion,
And nights in rosy riot fly,
While lost in Fame's or Wealth's illusion,
The memory of the Past may die.
Réconfort du soir

Le coeur humain renferme des trésors cachés
Gardés en silence, scellés en secret ;
Des pensées, des espoirs, des rêves, des plaisirs,
Dont les charmes seraient rompus s'ils étaient révélés.
Et les jours passent dans une vaine confusion
Et les nuits se consument dans un tumulte futile,
Alors que perdue dans l'illusion de la Gloire ou de la Richesse
La mémoire du Passé peut mourir.

GL3

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dimanche 26 juillet 2009

E.T. - Météores de novembre (1881)
La veillée du dimanche. Deux dessins du français Etienne Léopold Trouvelot (1827-1895), artiste et astronome amateur devenu une figure importante de l’illustration scientifique.
Après avoir émigré aux États‑Unis dans les années 1850, il s'intéresse d'abord à l'entomologie avant de se consacrer à l'astronomie, réalisant plusieurs milliers de croquis à partir de ses observations au télescope, notamment grâce au réfracteur de 26 pouces de l’Observatoire naval américain.
À partir de 1872, il travaille à l’observatoire de Harvard et produit des images d’une grande finesse de Mars, de Saturne, des éclipses ou de la Voie lactée…
Quinze de ses pastels sont publiés en 1881 par Charles Scribner’s Sons sous le titre The Trouvelot Astronomical Drawings : un ensemble de chromolithographies qui deviendra une référence visuelle et scientifique.
E.T. - Aurora borealis (1881)

« La beauté de la nature est révélée nulle part plus clairement que dans les cieux.»
Ces deux œuvres, issues de ce recueil, se situent entre observation précise et contemplation presque poétique des phénomènes célestes.
Quant à l'entomologie..., petites causes, grands effets : Trouvelot est aussi resté dans l’histoire pour une conséquence involontaire de ses travaux : l’introduction en Amérique du Nord du bombyx disparate (Lymantria dispar), devenu un redoutable ravageur des forêts de feuillus. Une sorte d’effet papillon bien avant Lorenz.
AH3
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dimanche 19 juillet 2009

H. List - Bicycles at the sea (1930)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe allemand Herbert List (1903-1975).
Il commence à photographier à la fin des années 1920, mais c’est après une rencontre décisive avec Andreas Feininger, qui lui offre son premier appareil professionnel, que la photo prend une place centrale dans sa vie.
H. List - Liguria (1936)

Influencé par l’esprit du Bauhaus et par les courants modernistes européens, il l’est aussi profondément par le surréalisme. De Chirico et sa pittura metafisica seront pour lui une influence déterminante.
« Les photos que j'ai prises spontanément – avec une sensation de béatitude, comme si elles avaient longtemps habité mon inconscient –, ont souvent été plus puissantes que celles que j'ai péniblement composées. J'ai saisi leur magie comme au passage. »

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