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| S. Shore - Beverly Boulevard, Los Angeles (1975) |
Très tôt remarqué, il entre dans la collection du MoMA à seulement 14 ans grâce à Edward Steichen, alors directeur du département photo. À 17 ans, il fréquente la Factory d’Andy Warhol, et en documente l’effervescence.
Dans les années 1970, Shore s’impose comme une figure décisive : influencé par Walker Evans, il traverse les États-Unis et photographie motels, stations-service, parkings, vitrines ou banlieues dans une esthétique frontale et sans hiérarchie des sujets, une radicalité encore peu admise dans le monde de l’art.
Car tout, pour Stephen Shore, mérite d’être photographié : les architectures banales, les lieux ordinaires, le visage prosaïque de l’Amérique.
Lorsqu’il montre une série d’avenues à la photographe Hilla Becher, celle-ci lui lance :
– « Alors Stephen, comme ça tu as l’intention de photographier toutes les avenues ? »
– « Non, Hilla, c’est ce que toi tu veux faire… Moi, je veux photographier la quintessence de l’avenue. »
Ses séries American Surfaces (1972) et Uncommon Places (1973-81) s’inscrivent dans le sillage de la New Topographics, tout en s’en distinguant par l’usage du grand format et une attention particulière portée à la lumière et à la couleur. Il cite volontiers le Bauhaus et Eugène Atget parmi ses influences.
Avec lui, la couleur, encore largement associée à la publicité et à la photographie de loisir, s’impose comme un langage documentaire à part entière et ouvre la voie à une génération de photographes comme William Eggleston, Joel Sternfeld ou Alec Soth.

