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| Bill Rauhauser - Kresge Court, Detroit (1970s) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe de rue américain Bill Rauhauser (b.1918). Né à Detroit dans une famille d’origine allemande, installée en Pennsylvanie, il se forme d’abord en ingénierie architecturale et travaille pendant plus de vingt ans dans le secteur industriel avant de se consacrer à la photographie.
Il achète son premier appareil en 1933, un Univex Model A acheté pour 39 cents. Mais c’est surtout une exposition consacrée à Henri Cartier-Bresson au MoMA, en 1947, qui marque un tournant décisif.
Dans le livret de l’exposition, une phrase retient son attention : « Photography isn’t a hobby.
The art is in the seeing. ». Il dira plus tard que c’est à ce moment-là qu’il comprend que la photographie ne pouvait plus être un simple loisir.
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B.R. - Three on a bench, Detroit (1952) |
À partir de là, il adopte le 35 mm et commence à photographier les rues de Detroit. Il s’attache à la vie de Detroit, qu’il photographie pendant les profondes transformations urbaines et sociales des années 1950 à 1970.
La reconnaissance arrive en 1955 lorsque l’un de ses clichés, Three on a bench, est sélectionné par Edward Steichen pour l’exposition The Family of Man au MoMA. L’exposition connaîtra ensuite un immense succès et circulera dans de nombreux pays.
Cette reconnaissance l’amène progressivement à se consacrer davantage à la photographie et à l’enseignement. Pendant plus de trente ans, il enseigne au College for Creative Studies de Detroit, où il insiste sur une idée simple : « Recognizing significance is what counts. »
En 1964, il participe également à la création de la Group Four Gallery, l’un des premiers lieux dédiés à la photographie à Detroit.
Son travail de rue se développe dans la durée, au fil des décennies, avec une grande sobriété de moyens. Il photographie la ville sans mise en scène, au plus près des situations, attentif à ce qui se joue dans les interactions ordinaires et les scènes quotidiennes. Ses images, longtemps restées discrètes, forment aujourd’hui une mémoire visuelle précieuse de Detroit et de ses transformations au XXe siècle.