In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 6 août 2017

B.R. - O' Connells, Detroit (1964)
La veillée du dimanche. Deux clichés de l'Américain Bill Rauhauser (1918-2017), disparu le 29 juillet, à quinze jours de son centième anniversaire, et que j'avais présenté ici en novembre 2012. Longtemps resté fidèle aux rues de Detroit, qu'il a photographiées pendant plus d'un demi-siècle, il laisse l'un des témoignages les plus sensibles sur les métamorphoses de la ville industrielle américaine.
Plus qu'un photographe de l'événement, il fut un photographe de l'attention.
B.R. - Untitled (1960s)

« Il ne s'agit pas d'avoir la bonne exposition. Voir est important. Reconnaître le sens est ce qui compte. Votre intérêt pour la culture générale est ce qui importe. Si je pouvais tout recommencer c'est ainsi que j'enseignerais - les deux tiers de l'éducation d'un artiste devraient être l'histoire et la littérature. Si vous n'avez pas ça, vous manquerez le cliché. »

dimanche 18 novembre 2012

Bill Rauhauser - Kresge Court, Detroit (1970s)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe de rue américain Bill Rauhauser (b.1918). Né à Detroit dans une famille d’origine allemande, installée en Pennsylvanie, il se forme d’abord en ingénierie architecturale et travaille pendant plus de vingt ans dans le secteur industriel avant de se consacrer à la photographie.
Il achète son premier appareil en 1933, un Univex Model A acheté pour 39 cents. Mais c’est surtout une exposition consacrée à Henri Cartier-Bresson au MoMA, en 1947, qui marque un tournant décisif. 
Dans le livret de l’exposition, une phrase retient son attention : « Photography isn’t a hobby.
The art is in the seeing. ». Il dira plus tard que c’est à ce moment-là qu’il comprend que la photographie ne pouvait plus être un simple loisir.
B.R. - Three on a bench, Detroit
(1952)

À partir de là, il adopte le 35 mm et commence à photographier les rues de Detroit. Il s’attache à la vie de Detroit, qu’il photographie pendant les profondes transformations urbaines et sociales des années 1950 à 1970.
La reconnaissance arrive en 1955 lorsque l’un de ses clichés, Three on a bench, est sélectionné par Edward Steichen pour l’exposition The Family of Man au MoMA. L’exposition connaîtra ensuite un immense succès et circulera dans de nombreux pays.
Cette reconnaissance l’amène progressivement à se consacrer davantage à la photographie et à l’enseignement. Pendant plus de trente ans, il enseigne au College for Creative Studies de Detroit, où il insiste sur une idée simple : « Recognizing significance is what counts. »
En 1964, il participe également à la création de la Group Four Gallery, l’un des premiers lieux dédiés à la photographie à Detroit.
Son travail de rue se développe dans la durée, au fil des décennies, avec une grande sobriété de moyens. Il photographie la ville sans mise en scène, au plus près des situations, attentif à ce qui se joue dans les interactions ordinaires et les scènes quotidiennes. Ses images, longtemps restées discrètes, forment aujourd’hui une mémoire visuelle précieuse de Detroit et de ses transformations au XXe siècle.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...