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| André de Dienes - Untitled |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe hongrois André de Dienes (1913-1985), figure longtemps marginalisée de la photographie américaine du milieu du XXᵉ siècle. Très tôt marqué par l’errance et la liberté, il quitte son foyer à quinze ans et traverse l’Europe presque entièrement à pied. Arrivé à Paris en 1933, il travaille d’abord pour L’Humanité, avant de partir à New York où il se consacre à la photographie de mode, notamment pour Esquire, puis pour Vogue et Life. Mais dès qu’il le peut, il parcourt le pays, photographiant paysages et communautés amérindiennes – notamment chez les Apaches, les Hopis et les Navajos – dans une approche attentive et respectueuse, éloignée de tout exotisme. Peu à peu, il se détourne du cadre contraignant de la photographie commerciale et s’installe en Californie.
C’est là qu’il développe une œuvre plus personnelle, centrée sur le nu, le paysage et le mouvement (voir les belles images de Mallia Phillips dansant dans le désert).
Pour de Dienes, le nu n’est pas un prétexte mais une forme d’hommage. « Chaque photographie de nu que j’ai prise avait pour seul but d’exprimer mon sentiment pour le beau. »
Refusant toute exploitation ou provocation gratuite, il revendique une éthique du regard fondée sur le respect, l’émotion et la sincérité. Lorsqu’il rencontre une jeune Norma Jeane en 1945, elle n’est encore qu’une aspirante actrice, mais de Dienes est immédiatement captivé par sa beauté et son charme naturel. Ce portrait de Marilyn fait partie d’une remarquable série réalisée en 1946 à Tobay Beach, à Long Island (État de New York), dans laquelle il m’a été bien difficile de faire un choix.

