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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 7 février 2026
samedi 31 janvier 2026
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| Art Spiegelmann - Maus (1980-91) |
Pour cette raison, mais aussi dans un contexte social où circulent de plus en plus d’idées préoccupantes, je fais cette année exception à la règle et choisis de ne présenter qu’un seul artiste : Art Spiegelman, l’auteur de Maus.
Pour aller avec, quelques lignes de la préface de Si c'est un homme (1947), le témoignage autobiographique de Primo Levi.
Beaucoup d'entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente, que "l'étranger, c'est l'ennemi". Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente ; elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit, lorsque le dogme informulé est promu au rang de prémisse majeur d'un syllogisme, alors, au bout de la chaîne logique, il y a le Lager ; c'est à dire le produit d'une conception du monde poussée à ses plus extrêmes conséquences avec une cohérence rigoureuse ; tant que la conception a cours, les conséquences nous menacent. Puisse l'histoire des camps d'extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d'alarme.
dimanche 25 janvier 2026
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| A. Sisley - Neige à Louveciennes (1878) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre Alfred Sisley (1839-1899), déjà présenté en août 2019. Envoyé à Londres en 1857 pour y apprendre le commerce, Sisley y découvre surtout la peinture de paysage. Turner, Constable et Bonington lui révèlent une manière nouvelle de regarder le ciel, les nuages et les variations de la lumière. De retour en France, il trouve dans Corot, Daubigny et les peintres de Barbizon d'autres modèles, avant de rejoindre Monet, Renoir et Bazille dans cette aventure qui deviendra l'impressionnisme.
Attentif à la lumière et aux atmosphères changeantes, Sisley s'est presque exclusivement consacré au paysage. Ses rares figures humaines – comme ici – s'y fondent, laissant toute la place aux variations de la nature et de la lumière.
« Sisley fixe les moments fugitifs de la journée, observe un nuage qui passe et semble le peindre en son vol », écrivait Mallarmé.
© Veilleur de Nuit – 2026
dimanche 18 janvier 2026
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| Nick Hedges - Manchester (1972) |
Formé au Birmingham College of Art, Hedges commence à photographier la pauvreté urbaine à la fin des années 1960, alors qu’il est encore étudiant.
Très vite, son travail attire l’attention de Shelter, organisation caritative engagée dans la lutte contre le mal-logement, qui l’emploie entre 1968 et 1972 comme photographe et chercheur.
Pendant ces quatre années, Hedges sillonne l’Angleterre et l’Écosse et documente, de l’intérieur, les conditions de vie dans des logements jugés « impropres à l’habitation » : maisons condamnées, pièces surpeuplées, murs rongés par l’humidité, absence de chauffage ou de lumière. Si ses images montrent souvent des femmes et des enfants, ce n’est pas un choix esthétique ou idéologique : les hommes refusaient fréquemment d’être photographiés, par honte ou par résignation.
La force de ces photographies tient à leur retenue. Rien n’est mis en scène. Hedges prend le temps de parler avec ceux qu’il photographie, d’entrer dans leur quotidien, de comprendre les lieux avant de les montrer. Les êtres et les espaces sont toujours liés : ses images décrivent autant une architecture de la misère qu’une expérience humaine.
Utilisées dans la campagne nationale Face the Facts, ces images ont contribué à modifier le regard du public britannique sur le logement social et ont joué un rôle dans l’évolution de la législation, jusqu’au Housing (Homeless Persons) Act de 1977.
Longtemps restées invisibles, en partie parce que Hedges lui-même souhaitait protéger ses sujets, elles ne seront redécouvertes publiquement qu’à partir des années 2010.
Le travail de Nick Hedges ne cherche ni l’émotion facile ni l’indignation spectaculaire. Il montre simplement comment des femmes, des hommes et des enfants ont vécu dans ces lieux, sans jamais réduire leur existence aux difficultés qu’ils traversaient. Comme l’a résumé Ken Loach, ces photographies sont à la fois profondément humaines et des preuves : elles témoignent d’une injustice sociale, mais aussi d’une dignité qui demeure.
© Veilleur de Nuit – 2026
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