In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 18 janvier 2026

Nick Hedges - Manchester (1972)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe britannique Nick Hedges (1943-2025).
Formé au Birmingham College of Art, Hedges commence à photographier la pauvreté urbaine à la fin des années 1960, alors qu’il est encore étudiant.
Très vite, son travail attire l’attention de Shelter, organisation caritative engagée dans la lutte contre le mal-logement, qui l’emploie entre 1968 et 1972 comme photographe et chercheur.
Pendant ces années, Hedges sillonne l’Angleterre et l’Écosse et documente, de l’intérieur, les conditions de vie dans des logements jugés « impropres à l’habitation » : maisons condamnées, pièces surpeuplées, murs rongés par l’humidité, absence de chauffage ou de lumière. Si ses images montrent surtout des femmes et des enfants, ce n'est pas par choix du photographe – ni politique, ni esthétique – mais parce que les hommes refusaient souvent d’être photographiés, par honte ou par fatigue.

N.H. - Cour d'immeubles, Glasgow (1971)
La force de ces photographies tient à leur retenue. Rien n’est mis en scène. Hedges prend le temps de parler avec ceux qu’il photographie, d’entrer chez eux, de comprendre les lieux avant de les montrer. Les corps sont présents, mais toujours liés à l’espace : la photographie décrit autant une architecture de la pauvreté qu’une expérience humaine.
Utilisées dans la campagne nationale Face the Facts, ces images ont contribué à modifier le regard du public britannique sur le logement social et ont joué un rôle dans l’évolution de la législation, jusqu’au Housing (Homeless Persons) Act de 1977.
Longtemps invisibles, mises sous embargo par le photographe lui-même pour protéger ses sujets, elles ne seront redécouvertes publiquement qu’à partir des années 2010.
Le travail de Nick Hedges ne cherche ni l’émotion facile ni l’indignation spectaculaire. Il montre, calmement, comment l’on vit – et comment l’on a vécu – dans ces lieux. Comme l’a résumé Ken Loach, ces images sont à la fois profondément humaines et des preuves : elles témoignent d’une vulnérabilité partagée, mais aussi d’une dignité qui persiste malgré tout.

dimanche 7 février 2016

John Bulmer - Manchester (1977)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de John Bulmer (b.1938), déjà présenté en octobre dernier, et dont j'avais évoqué le rôle de précurseur dans le domaine de la photo documentaire couleur.
Il débute dans ce domaine dès 1962 au Sunday Times, avec une approche audacieuse, privilégiant les saisons hivernales et les temps humides, quand la pellicule couleur était particulièrement difficile à maîtriser.« Je voulais montrer ce que je voyais vraiment, pas une version idéalisée ou tragique. »

J.B. - Manchester (1976)
Ce regard singulier se retrouve dans plusieurs de ses séries emblématiques : Manchester (dont sont issus les deux clichés présentés ici), North UK, ou encore A Very English Village…. Autant de reportages où il prouve qu’il est possible d’extraire de la grisaille une forme de beauté, sobre et sincère. Une œuvre d’art, nous dit Kant, n’est pas (nécessairement) la représentation d’une chose belle, mais la belle représentation d’une chose.
Pour une vue d'ensemble sur le travail de John Bulmer, c'est ICI.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turley, et quelques vers d'Emma Lazarus...