In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 1 novembre 2025

Anon.
Une image et des mots. "Entre les forts et les faibles c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime", disait Lacordaire. Pour aller avec ce cliché dont je ne connais pas l'auteur, voici quelques lignes de Hugo, extraites des Misérables (1862) :

Tant qu'il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d'une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, ,dans certaines régions, l'asphyxie sociale sera possible ; en d'autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.
CM2

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dimanche 26 octobre 2025

M. D. - La Cuisinière (1893)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Maurice Denis (1870-1943). Peintre, graveur et théoricien, il fut l’un des acteurs majeurs du renouveau de la peinture française à la fin du XIXᵉ siècle. Né à Granville, il découvre sa vocation devant les oeuvres de Fra Angelico au Louvre :
la révélation d’un art où foi et beauté sont inséparables, une conviction qui guidera toute son œuvre. É100lève de l’École des beaux-arts et de l’Académie Julian, il fonde avec Vuillard, Roussel et Sérusier le groupe des Nabis, dont il devient le théoricien : « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille ou une femme nue, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »
Proche du symbolisme par son désir de dépasser la simple représentation du réel, il cherche, sous l’influence de Puvis de Chavannes et de Gauguin (« l’incontesté »), une peinture où une scène familière peut révéler une présence plus profonde, où le monde visible semble porter en lui autre chose que lui-même.

M.D. - La digue rouge à Loctudy
(1894)
Les figures féminines occupent une place centrale dans son œuvre et prennent souvent les traits de son épouse Marthe, musicienne, fervente chrétienne et modèle fidèle.
On la retrouve ici dans La Cuisinière. Peinte durant leur voyage de noces à Perros-Guirec, cette scène d'intérieur paraît d'abord d'une grande simplicité. Pourtant, derrière les gestes familiers de la vie domestique se révèle une autre lecture.
Au fond de la pièce, presque fondues dans la lumière de la fenêtre, apparaissent les silhouettes du Christ et de Marie de Béthanie. Marthe, absorbée par ses tâches ménagères, rejoint ainsi la Marthe de l'Évangile, mais Maurice Denis ne l'oppose pas à sa sœur : il donne à ce geste quotidien une dimension spirituelle, où la cuisine elle-même devient un lieu de grâce.
RC1

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samedi 25 octobre 2025

Anon.

Une image et des mots. Pour accompagner cette image anonyme, quelques vers de Roberto Juarroz, extraits de sa Treizième poésie verticale.

Aujourd'hui je n'ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n'existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leur corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l'équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose pèse
sur le plateau vide de la balance.
PB1

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dimanche 19 octobre 2025

John Mayer - Lost in time (2024)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre sud-africain John Meyer (b.1942). Figure importante du réalisme contemporain sud-africain, il s’est d’abord formé à Johannesburg avant de travailler dans la publicité, puis de se consacrer entièrement à la peinture. Il décrit aujourd’hui davantage son travail comme une forme de peinture narrative que comme un simple réalisme : ses œuvres, souvent regroupées en séries, racontent des histoires à travers des scènes soigneusement construites.
« L’histoire, le cinéma et l’art sont mes grandes passions… Je travaille seul, à la recherche des détails, de tout ce qui peut m’aider à comprendre mon sujet. »

J.M. - CG Hulle (2009)
Admirateur de Velázquez et de Degas, John Meyer associe la rigueur du dessin à une attention particulière aux attitudes, aux regards et aux instants saisis, une approche qui en effet n’est pas sans rappeler le langage du cinéma.
Cette exigence se sent dans ses toiles : rien n'est laissé au hasard, depuis la précision des détails jusqu’à la construction de la lumière.
Ses paysages et ses portraits, d'une précision presque photographique, sont pourtant imaginés ; ils ne cherchent pas à reproduire, mais à faire naître une histoire possible. Ses tableaux ressemblent pour moi à des souvenirs dont je n’aurais pas vécu l’histoire.

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...