In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 2 mars 2025

W.M. Chase - Meditation (1886)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'américain William Merritt Chase (1849-1916), figure majeure de l’impressionnisme outre-Atlantique et membre du groupe des Ten American Painters, fondé en réaction au mercantilisme de la Society of American Artists.
Né dans l’Indiana, Chase manifeste très jeune un talent précoce pour la peinture qu’il étudie d’abord auprès de deux artistes locaux, Jacob Cox et Barton Hays, avant de partir à New York en 1869. Élève à la National Academy of Design de Joseph Oriel Eaton, puis de Lemuel Wilmarth – lui-même ancien élève du français Jean-Léon Gérôme et fondateur de la Art Students League of New York – il perfectionne sa formation à Munich et en Italie, où il assimile les leçons des maîtres européens.

W.M. Chase - A city park (1887)
Né dans l’Indiana, Chase manifeste très tôt un talent pour la peinture. Après une première formation à New York, il poursuit ses études à Munich et en Italie, où il assimile les leçons de la tradition européenne. De retour aux États-Unis, il devient l’une des figures essentielles de la scène artistique new-yorkaise : peintre reconnu pour ses portraits, ses scènes d’intérieur et ses paysages lumineux, mais aussi professeur influent, il formera notamment Edward Hopper, Georgia O’Keeffe, Charles Sheeler ou Rockwell Kent.
Ce beau pastel, Méditation, est un portrait de son épouse.
 © Veilleur de Nuit – 2025
BH1

ICI

dimanche 23 février 2025

G. Cummins - Toronto (2022)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe irlandais Gary Cummins, déjà présenté en décembre 2023, et dont je sais toujours aussi peu.
Deux images où la ville semble perdre sa familiarité pour devenir un espace presque mental.
Dans la première, le brouillard dense et la lumière incandescente donnent à la scène une dimension presque dystopique : on y devine une ville en expansion, comme avalée par ses propres constructions, dans une atmosphère à la fois apocalyptique et futuriste.

G.C. - Toronto (2020)
La seconde image repose sur un contraste d’éclairages : la lumière froide des néons des tours s’oppose aux reflets chauds des lampadaires et des vitrines. Cette tension colore toute la composition – entre la froideur de l’environnement et une vitalité discrète, presque souterraine. Au centre, la silhouette d’un passant paraît absorbée par la perspective, perdue dans cette géométrie urbaine qui attire le regard vers le point de fuite. On pense à certaines scènes de films noirs ou de récits cyberpunk : la ville y devient décor et personnage à la fois, miroir d’un monde où l’humain semble encore résister, minuscule mais présent, cherchant sa place parmi les formes qu’il a lui-même créées.
 © Veilleur de Nuit – 2025
TW14
ICI

samedi 22 février 2025

E. Longoni - Contrastes sociaux (1893)
Une image et des mots. Une oeuvre d'Emilio Longoni, connue aussi sous le titre "Reflets d'un homme affamé", et un extrait de Kyra Kyralina, un récit de Panaït Istrati dont on doit la découverte et la publication en 1923 à Romain Rolland.

Ce n'est pas vrai du tout, que l'être humain soit une créature qui comprenne la vie.
Son intelligence ne lui sert pas à grand-chose ; par le fait qu'il parle, il n'en est pas moins bête.
Mais là où sa bêtise dépasse même l'inconscience des animaux, c'est quand il s'agit de deviner et de sentir la détresse de son semblable.
Il nous arrive, parfois, de voir dans la rue un homme à la face blême et au regard perdu, ou bien une femme en pleurs. Si nous étions des êtres supérieurs, nous devrions arrêter cet homme ou cette femme, et leur offrir promptement notre assistance. C'est là toute la supériorité que j'attribuerais à l'être humain sur la bête. Il n'en est rien !
CP6

ICI

dimanche 16 février 2025

E. Atget - Joueur d'orgue (1898)
La veillée du dimanche. Deux clichés d'Eugène Atget (1857-1927), l’un des grands témoins du Paris populaire de la Belle Époque. Pionnier de la photographie documentaire, il a patiemment photographié pendant près de trente ans les rues, boutiques, façades et jardins de la capitale, constituant ainsi un témoignage inestimable d’un Paris en pleine transformation.
Sur la porte de son atelier était affiché "Documents pour artistes", tant était modeste la vision qu'il avait de son propre talent ; peu reconnu de son vivant, il est d'ailleurs redécouvert dans les années 1920 grâce à Man Ray et Berenice Abbott, qui voient en lui un précurseur de la photographie moderne.

E.A. - Zoniers, Porte de Choisy (1913)
Cette photographie de musiciens des rues est d’autant plus émouvante qu’elle fut achetée à Atget en 1920 par Maurice Utrillo, lui-même peintre d’un autre Paris populaire, celui de Montmartre.
À partir de 1899, Atget s’intéresse également à la Zone, cet espace d'environ 300 mètres autour de Paris, entre "les fortifs" – les fortifications de Thiers laissées à l'abandon –, et la banlieue. Une zone non aedificandi, propriété de l'armée, qui devient un refuge précaire pour ceux que la ville laisse à l’écart :  les "zoniers", le petit peuple miséreux des chiffonniers, des rémouleurs et des marchandes de mouron qui vivaient là, dans des roulottes et des taudis éphémères, [ICI].
 © Veilleur de Nuit – 2025

E.H. - British Museum tube station (1937) La veillée du dimanche. Deux photographies du photographe allemand naturalisé britannique Emil Ot...