In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 26 juin 2022

D. Weiner - Boy with flag (1948)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Dan Wiener (1919-1959), époux de Sandra Weiner présentée ici en août 2011.
Après avoir étudié la peinture à la Art Students League et au Pratt Institute, Dan Wiener découvre la photographie en arpentant New York, avant de rejoindre la Photo League en 1940. Au sein de cette association new-yorkaise engagée, il se familiarise avec la grande tradition de la photographie documentaire américaine, de Lewis Hine à la Farm Security Administration, et avec le travail de photographes comme Dorothea Lange, Aaron Siskind, W. Eugene Smith, Walker Evans ou Paul Strand. Pendant la guerre, il sert dans l’Air Force, où il découvre l’usage du petit format 35 mm. Après la guerre, il revient à la photographie et devient photojournaliste, travaillant notamment pour Fortune et Collier's.

D.W. - Decatur, Illinois (1953)
Pour Wiener, l’appareil photographique n’est pas un simple outil : il possède « la capacité d’extraire des fragments significatifs des complexités de la vie quotidienne », de rendre intelligible ce qui pourrait rester noyé dans la masse des détails.
La photographie, disait-il encore, combine spontanéité et immédiateté : elle affirme que « ceci est en train de se produire, ceci est réel », tout en laissant l’image acquérir un sens nouveau avec le temps. Ses photographies témoignent bien de cette manière de regarder.
Dans les rues de New York comme dans ses reportages sur l’Amérique des années 1950, Weiner s’intéresse aux gens et à ce qui se passe autour d’eux, même lorsque rien de spectaculaire ne semble se produire. Il suffit parfois d’un visage, d’une attitude ou d’un détail pour que la scène commence à raconter quelque chose.
 © Veilleur de Nuit – 2022
PS7

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samedi 25 juin 2022

Agnolo Bronzino
Une image et des mots. Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie disait Montesquieu.
Peut-on transformer un lieu en y lisant ?
Pour aller avec ce détail du Jeune homme au livre, du peintre maniériste italien Agnolo Bronzino (1503-1572), voici quelques lignes d'Alberto Manguel, extraites de son Histoire de la lecture (1996)

Moi aussi je lis au lit. Dans la longue succession des lits où j'ai passé les nuits de mon enfance, dans des chambres d'hôtel inconnues où les phares des voitures balayaient en passant le plafond de lumières étranges, dans des maisons dont les odeurs et les bruits ne m'étaient pas familiers [...], ce qui se passait se passait dans le livre, et c'était moi qui racontais l'histoire. La vie se déroulait parce que je tournais les pages. Je ne crois pas pouvoir me rappeler joie plus grande, plus complète, que celle d'arriver aux dernières pages et de poser le livre, afin que la fin ne se produise pas avant le lendemain, et de me renfoncer sur l'oreiller avec le sentiment d'avoir bel et bien arrêté le temps.
HE2

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dimanche 19 juin 2022

S.W. - Scene from the street, NY

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe allemand Sepp Werkmeister (1931-2021).
Il est surtout connu pour ses portraits de jazzmen et ses scènes de rue à New York dans les années 1960 et 1970. Ses images captent aussi bien les grandes figures de la scène jazz – Duke Ellington, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Miles Davis – que l’atmosphère particulière de la ville. Dans ses photographies de New York, le regard du portraitiste et celui du photographe de rue se rejoignent :
il s’intéresse aux gens, à leurs attitudes, à leurs vêtements, mais aussi aux contrastes de la ville.

S.W. - Lower Manhattan, NY (1968)
Son travail s’inscrit dans la longue tradition de la photographie de rue européenne et américaine, de Henri Cartier-Bresson à William Klein, Lisette Model, Weegee, Garry Winogrand ou Vivian Maier. Ses images new-yorkaises des années 1960 et 1970, longtemps restées peu connues, montrent aussi bien les quartiers populaires et les sans-abri que les habitants plus aisés de Manhattan.
Bien avant Stephen Shore (mai 2010) et William Eggleston (mai 2013), il est aussi l’un des premiers photographes de rue à avoir largement travaillé en couleur, à une époque où celle-ci restait encore peu considérée dans le monde de l’art. Werkmeister trouve alors notamment son inspiration dans les photographies en couleur d’Ernst Haas et dans le travail sans concession de Diane Arbus, qu’il rencontre à New York. Arbus lui demande un jour ce qu’il photographie...
« Je vais dans les rues », lui répond-il.
© Veilleur de Nuit – 2022

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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...