In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 26 mars 2022

Une image et des mots. J'ignore qui est l'auteur de cette belle photo.
Anaxagore, nous dit Aristote dans le Livre IV de Parties des animaux, prétend que c'est parce qu'il a des mains que l'homme est le plus intelligent des animaux.
L'Académicien soutient le contraire, arguant que c'est parce qu'il est intelligent, et donc parce qu'elle le juge capable de s'en servir, que la nature l'a doté de cet outil.
Les mots pour accompagner l'image sont attribués, à tort je crois, à Paul Valéry, sans doute inspirés par son affirmation dans L'idée fixe selon laquelle la peau serait ce qu'il y a de plus profond chez l'homme.

Si vous saviez combien la peau est profonde. Oui cela dépend comme on la caresse. Il y a des personnes qui vous effleurent comme une écorce et d'autres qui vous remuent jusqu'à la sève. Il y a des mains qui vous chosifient, vous bestialisent, et il y a des mains qui vous apaisent, vous guérissent et quelquefois même vous divinisent.
Mais la main peut-elle atteindre ce que le coeur refuse ?

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dimanche 20 mars 2022

Robert Crumb - Mr. Natural
La veillée du dimanche. Comme chaque année, à l'occasion du Festival de la BD d'Angoulême qui cette année s'est exceptionnellement tenu en mars, un petit hommage à quelques-uns de mes "héros", pas toujours exemplaires.

G.Shelton - The Freak Brothers
Aujourd'hui Mr. Natural et les (Fabulous Furry) Freak Brothers.
À noter que les deux dessinateurs sont aussi musiciens, Gilbert Shelton avec Les Blum Brothers, une formation New Orleans créée à Paris avec Bruno Blum, et Robert Crumb avec ses Cheap Suit Serenaders (musique ci-dessous).
 © Veilleur de Nuit – 2022
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dimanche 13 mars 2022

J. Dieuzaide - Berger, Bigorre (1953)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe Jean Dieuzaide (1921-2003).
Né à Toulouse, il se forme au dessin et à la photographie avant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, il développe une œuvre très diverse, allant du portrait au reportage, mais aussi de l’architecture au paysage. Figure importante de la photographie humaniste française, il joue également un rôle dans la reconnaissance de la photographie comme un art à part entière, notamment avec la création en 1974 de la galerie du Château d’Eau à Toulouse, première galerie publique française exclusivement consacrée à la photographie.

J.D. - Matin, pl. du Capitole, Toulouse
(1961)
Chez Dieuzaide la lumière est centrale – « écrire avec la lumière », après tout c'est bien le sens du mot photographie. On la retrouve partout dans son travail : dans ses contre-jours – La Chevauchée par exemple, qui faisait partie de ma pré-sélection pour cette chronique –, mais aussi dans ses photographies d’architecture et ses natures mortes, où elle modèle les volumes et découpe les espaces pour attirer le regard vers certains détails.
Cette importance accordée à la lumière rejoint aussi sa spiritualité. Dieuzaide, croyant, s’intéresse notamment à l’art roman et aux sujets religieux. Il voyait dans le noir et blanc un langage particulièrement propice à la sensibilité et à ce qu’il appelait les « projections de soi-même ». Pour lui, la photographie ne consiste donc pas seulement à reproduire ce qui est devant l’objectif : elle permet aussi de révéler quelque chose que le regard ne perçoit pas immédiatement. « On a longtemps présenté Jean Dieuzaide comme l’artisan de photographies incarnant l’harmonie du monde et le passeur de la noblesse des œuvres humaines. (…) », écrit Françoise Denoyelle dans l'ouvrage qu'elle lui a consacré.
 © Veilleur de Nuit – 2022
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