In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 13 mars 2022

J. Dieuzaide - Berger, Bigorre (1953)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe Jean Dieuzaide (1921-2003).
Né à Toulouse, il se forme au dessin et à la photographie avant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, il développe une œuvre très diverse, allant du portrait au reportage, mais aussi de l’architecture au paysage. Figure importante de la photographie humaniste française, il joue également un rôle dans la reconnaissance de la photographie comme un art à part entière, notamment avec la création en 1974 de la galerie du Château d’Eau à Toulouse, première galerie publique française exclusivement consacrée à la photographie.

J.D. - Matin, pl. du Capitole, Toulouse
(1961)
Chez Dieuzaide la lumière est centrale – « écrire avec la lumière », après tout c'est bien le sens du mot photographie. On la retrouve partout dans son travail : dans ses contre-jours – La Chevauchée par exemple, qui faisait partie de ma pré-sélection pour cette chronique –, mais aussi dans ses photographies d’architecture et ses natures mortes, où elle modèle les volumes et découpe les espaces pour attirer le regard vers certains détails.
Cette importance accordée à la lumière rejoint aussi sa spiritualité. Dieuzaide, croyant, s’intéresse notamment à l’art roman et aux sujets religieux. Il voyait dans le noir et blanc un langage particulièrement propice à la sensibilité et à ce qu’il appelait les « projections de soi-même ». Pour lui, la photographie ne consiste donc pas seulement à reproduire ce qui est devant l’objectif : elle permet aussi de révéler quelque chose que le regard ne perçoit pas immédiatement. « On a longtemps présenté Jean Dieuzaide comme l’artisan de photographies incarnant l’harmonie du monde et le passeur de la noblesse des œuvres humaines. (…) », écrit Françoise Denoyelle dans l'ouvrage qu'elle lui a consacré.
 © Veilleur de Nuit – 2022

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...