In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 6 mars 2021

Cy Twombly - Untitled
Une image et des mots. Une toile de l'américain Cy Twombly (1928-2011). 
Et quelques lignes de l'astrophysicien Jean-Pierre Luminet à propos de l' "univers hésitant" de Georges Lemaître, tirées de sa contribution à l'ouvrage collectif Forme et origine de l'univers, Regards philosophiques sur la cosmologie
Ce modèle (celui de l'"univers hésitant") résout le problème de l'âge de l'univers et laisse suffisamment de temps aux galaxies pour se former. 
Lemaître y introduit le concept révolutionnaire d'atome primitif.

[....] "L'atome-univers s'est brisé en fragments, chaque fragment en morceaux plus petits. [....]. L'évolution du monde peut être comparée à un feu d'artifice qui vient de se terminer.
Quelques mèches rouges, cendres et fumées. Debout sur une escarbille mieux refroidie, nous voyons s'éteindre doucement les soleils et cherchons à reconstituer l'éclat disparu de la formation des mondes."
Au fait, c'est de l'art, ça ? À vous de "voir". Voici pour en débattre, ICI, ce qu'en disait Le Parisien en décembre 2016, à l'occasion de la rétrospective Twombly du Centre Pompidou.

FD1
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dimanche 28 février 2021

Colleen Browning - Jump-rope
La veillée du dimanche.  Deux œuvres de la peintre anglo-irlandaise, naturalisée américaine, Colleen Browning (1918-2003), l'une des figures importantes du réalisme new-yorkais avant d'être reléguée au second plan par l'avènement de l'expressionnisme abstrait de Jackson Pollock et de ses contemporains.
Le titre complet du premier tableau est Kids playing jump-rope in the city. L'atmosphère y est irréelle. Des enfants jouent à la corde-à-sauter sous un ciel rougeoyant que traverse un vol de mouettes ; les lessives flottent haut entre les pylônes, et il y a sur le flanc d'un immeuble, l'une de ces fameuses issues de secours new-yorkaises rendues obligatoires par le Tenement House Act de 1867.

C.B. - Holiday (1951)
Le second tableau est plus étrange encore. C'est pourtant une scène assez banale, observée par Colleen Browning depuis la fenêtre de l'appartement qu'elle occupe à New York avec son mari, l'écrivain britannique Geoffrey Wagner. 
Une enfant vêtue de rouge se tient immobile sur un large trottoir.
Elle garde les mains croisées dans son dos, comme le font les surveillants d'internat et les grandes personnes qui réfléchissent intensément...
Son regard est baissé sur le sol jonché d'une multitude de papiers froissés.
 © Veilleur de Nuit – 2021

CB2

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dimanche 21 février 2021

K. Vojnar - Kissing Mary's lips (2014)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Kamil Vojnar, né  à Prague en 1962 et aujourd'hui installé à St-Rémy-de-Provence. Après des études à l’École des arts graphiques de Prague, il part aux États-Unis en 1985, où il poursuit sa formation à l’Art Institute of Philadelphia, puis à l’Art Students League de New York. À partir de 1989, il vit et travaille à New York, où il travaille pendant plusieurs années dans le domaine du graphisme et de l'image, notamment pour des couvertures de livres et de CD, tout en développant une œuvre personnelle fondée sur la photographie et le collage.
K.V. - White horse, Praha (2020)

Je suis allé découvrir son travail il y a peu, ICI, après être tombé un peu par hasard sur cette oeuvre dont le titre me rappelait les mots d'une sublime chanson de Peter Gabriel. L'univers de Kamil Vojnar est étrange.
Très travaillées, souvent réalisées à l'aide de techniques mêlant photographie, peinture et collage, ses œuvres semblent hors du temps, sans que le flou et le sépia suffisent à l'expliquer.
Les images sont construites par superpositions, comme si plusieurs souvenirs venaient se mêler les uns aux autres. Il s'en dégage une mélancolie apaisée, une sorte d'attente exempte d'inquiétude et de tension.
« Je cherche à exprimer ce que je vois dans mon esprit. Je ne sais pas où je vais, mais j'y arriverai. »
 © Veilleur de Nuit – 2021

PG8
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samedi 20 février 2021

Francesco Stelluti - Melissographia
Une image et des mots. Melissographia, une gravure de Francesco Stelluti (Franciscus Stellutus), parue en 1625 dans le livre Apiarum de son ami Federico Cesi (fondateur de l'Académie des Lynx), dédicacée au pape Urbain VIII, Maffeo Barberini, "ami" de Galilée. Ceci est la première illustration entomologique faite à partir d'une observation au microscope.
Pour accompagner cette image, voici l'histoire de Perséphone et sa mère Déméter, déesse de la fertilité, telle que nous la rappellent les frères François et Pierre-Henri Tavoillot, respectivement apiculteur et prof de philo, dans leur ouvrage écrit à quatre mains, L'abeille (et le) philosophe, publié chez Odile Jacob.

F. S. - Melissographia
Perséphone était d'une beauté telle que le vilain Hadès, son oncle, l'enleva pour en faire son épouse. Alarmée par sa disparition soudaine, Déméter partit à la recherche de sa chère fille et ne la retrouvant pas décida de faire une sorte de "grève de la fertilité" tant qu'elle ne lui serait pas rendue. La terre alors se dessécha; les plantes cessèrent de croître; l'univers fut affamé. Apprenant que son frère Hadès détenait sa fille, Déméter porta l'affaire devant Zeus.
Celui-ci, bien embêté, ne voulant froisser ni son frère ni sa soeur, proposa un compromis.
Il décida que Perséphone resterait six mois aux Enfers avec son époux et rejoindrait sa mère les autres mois. Ainsi furent inventées les saisons: durant l'absence de sa fille à l'automne et en hiver, Déméter cesse tout travail; à son retour au printemps elle fait refleurir la terre.
De même les abeilles restent terrées dans la ruche pendant la mauvaise saison pour réapparaître aux beaux jours. Un culte en mémoire de cette histoire était célébré dans toute la Grèce antique lors de grandes fêtes appelées les Tesmophories.
Y participaient les femmes mariées qui étaient pour l'occasion appelées "melissai" (abeilles).
Un tel culte se déroulait également dans le temple d'Artémis d'Éphèse, l'une des sept merveilles du monde antique, toujours représentée accompagnée d'abeilles. Notons par ailleurs que la Pythie de Delphes était elle aussi appelée Mélissa. Par où l'on voit que l'abeille n'est pas seulement mythe (ou récit de l'origine), elle est aussi rite, c'est-à-dire le rappel régulier des règles de la mise en ordre primordiale
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PT6 ICI