In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 6 septembre 2020

Dora Carrington
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'anglaise Dora Carrington (1893-1932). Formée à la Slade School of Art à Londres, où elle obtient plusieurs prix, elle appartient à cette génération d’artistes proches du Bloomsbury Group, sans jamais s’y intégrer pleinement. 
Elle expose peu, signe rarement ses œuvres, et travaille aussi bien la peinture que les arts décoratifs.
Carrington reste aujourd’hui encore difficile à classer.
Ses paysages mêlent une observation très concrète du monde à quelque chose de plus intérieur, presque secret. Les formes sont simples, les couleurs retenues, mais l’espace semble chargé d’une présence diffuse, parfois troublante.
D.C. - Farm at Watendlath (1921)

Sa vie fut profondément marquée par sa relation avec l’écrivain et critique Lytton Strachey : un amour profond et intense, essentiellement platonique, qui l’accompagna jusqu’à sa mort. Cette relation si singulière me touche beaucoup. Sans chercher à lire son œuvre uniquement à travers elle, il est difficile de ne pas être sensible à ce qu’elle peut suggérer de sa peinture : quelque chose de très intime, que Carrington semble toujours garder à distance. Quelque chose qui ne se résout pas.
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samedi 5 septembre 2020

Une image et des mots.
 
Vous pensez que Dieu oubliera votre homicide si vous vous baignez dans un fleuve, si vous immolez une brebis noire, et si on prononce sur vous des paroles. Un second homicide vous sera donc pardonné au même prix, et ainsi un troisième, et cent meurtres ne vous coûteront que cent brebis noires et cent ablutions ! Faites mieux, misérables humains : point de meurtres et point de brebis noires.
Voltaire, extrait de l'article "Superstition" du Dictionnairee philosophique.

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dimanche 30 août 2020

Richard Estes - Cafe Express (1975)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Richard Estes (b.1932), figure majeure du photoréalisme américain. Formé à la School of the Art Institute of Chicago, il développe dès les années 1960 une peinture d’une précision extrême, à partir de photographies qu’il prend lui-même dans les rues de New York, Chicago ou Paris.

R.E. - Car reflection (1969)
Ses sujets sont souvent des scènes urbaines ordinaires.
Il joue avec les reflets et les distorsions produits par les vitres et les vitrines, les carrosseries et les pare-brise, où rues, passants et façades se superposent jusqu'à composer des images d'une grande complexité. L'œil y hésite parfois entre ce qui appartient au paysage et ce qui n'en est que le reflet.
Estes joue ainsi avec les limites entre photographie et peinture, entre ce que l’œil perçoit et ce que l’image construit. « J’ai toujours été intéressé par la manière dont la lumière et l’ombre interagissent avec les surfaces. C’est cela qui m’intéresse : capturer le jeu de la lumière sur les surfaces et lui donner vie par la peinture. »
 © Veilleur de Nuit – 2020
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samedi 29 août 2020

Hisashi Hisano - Untitled (1939)
Une image et des mots. Un cliché de la photographe japonaise Hisashi Hisano (1903-1946), et quelques vers de l'argentin Roberto Juarroz (1925-1995).

La realidad es un tiempo doblado
que es preciso desdoblar como una tela
de singular delicadeza
para encontrar adentro
otra mano que aguarda.

***
(traduction Roger Munier)

La réalité est un temps plié
qu'il faut déplier comme une toile
d'une singulière délicatesse
pour trouver au dedans
une autre main qui attend.

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...