In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 12 avril 2020

P.C. - Gardanne (1886)

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de Paul Cézanne (1839-1906), l'une des figures fondatrices de l'art moderne. Longtemps incompris, souvent rejeté par les institutions et le public, il a pourtant – en cherchant à dépasser les limites de la peinture impressionniste – ouvert la voie à une nouvelle manière de penser la peinture, notamment au cubisme, dont il est considéré comme l'un des précurseurs, et plus largement aux recherches qui mèneront à l'abstraction.
Formé à Paris, Cézanne rencontre Camille Pissarro, dont l'influence sera décisive. Il dira de lui qu'il était « un père », quelqu'un à qui demander conseil, « quelqu'un comme le Bon Dieu lui-même ». Dans un catalogue d'exposition des années 1900, il se présente d'ailleurs simplement comme « Paul Cézanne, élève de Pissarro ».

P.C. - Pots de fleurs (nd)
S'il participe un temps aux recherches impressionnistes, Cézanne cherche bientôt autre chose que la seule perception fugitive de la lumière. Il veut donner à la nature une architecture durable : « Traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône », disait-il. Derrière chaque paysage, chaque pomme, chaque objet, il cherche une organisation profonde des formes et des couleurs.
Ses séries de la montagne Sainte-Victoire et ses natures mortes témoignent de cette quête obstinée d'un équilibre entre observation et construction. Picasso, Matisse et bien d'autres verront en lui celui qui a ouvert la voie à la peinture moderne.

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dimanche 5 avril 2020

Y. H. - Cerisiers au printemps (1895)

Le vide-grenier du dimanche. Deux gravures sur bois du japonais Yamamoto Hosui (1850-1906), également connu sous le nom de Yamamoto Tamenosuke. Formé d'abord au style nan-ga (ou bujin-ga), inspiré de la peinture lettrée chinoise, il se tourne ensuite vers l'art occidental, qu'il découvre auprès de l'illustrateur anglais Charles Wirgman avant de partir pour Paris en 1878. Il y séjournera près de dix ans et suivra notamment l'enseignement de Jean-Léon Gérôme aux Beaux-Arts.

Y.H. - Cascade au printemps (1895)
À son retour au Japon, il fonde à Tokyo l'académie Seikokan, où il transmet les méthodes de la peinture occidentale apprises en France, notamment le travail d'après nature et les principes hérités de l'École de BarbizonAux côtés de Kuroda Seiki, il contribue ainsi à introduire la peinture en plein air et l'impressionnisme dans un pays alors en pleine modernisation artistique.
Peintre officiel durant les guerres sino-japonaise et russo-japonaise, Yamamoto Hosui demeure surtout l'une des figures de cette génération qui fit dialoguer les traditions picturales japonaises et les apports de l'art européen. Son œuvre témoigne d'un moment charnière de l'histoire culturelle du Japon, partagé entre fidélité à son héritage et ouverture à la modernité.

AN3

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samedi 4 avril 2020

Alain Guillemaud
Une image et des mots. La photographie est d'Alain Guillemaud, le texte est de Raoul Vaneigem, extrait de Nous qui désirons sans fin, publié en 1996 au Cherche Midi.

"Les hommes ont renoncé à vivre pour assurer la survie d'une économie censée garantir la survie de l'espèce. Ils ont arraché à la nature des ressources qu'elle leur eût prodigué sans limite, à peine de les restaurer, et ils les ont dénaturées dans le même temps qu'ils dénaturaient la femme, l'enfant, et leur propre humanité."
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dimanche 29 mars 2020

E.F. - Ombres portées (1891)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du nancéen Émile Friant (1863-1932), une des grandes figures du naturalisme français, proche de l’univers de Jules Bastien-Lepage. Très jeune remarqué au Salon, il s'impose rapidement comme l'un des portraitistes et peintres de scènes de genre les plus recherchés de la fin du XIXᵉ siècle.
Formé par Théodore Devilly à l'École municipale de dessin de Nancy, puis dans l'atelier d'Alexandre Cabanel à l'École des Beaux-Arts de Paris, où il enseignera lui-même à partir de 1906, Friant partage sa carrière entre le portrait et les scènes de la vie quotidienne.
É.F. - Les amoureux (1888)

Portraitiste réputé jusqu'aux États-Unis, où il reçoit de nombreuses commandes, il nous donne aussi à voir, de sa Lorraine natale, des scènes de la vie quotidienne pleines de réalisme et d'humanité, pour la composition desquelles il s'aidait parfois de la photographie.
Mais ce qui me touche surtout chez lui, c'est cette façon de suggérer les sentiments avec tant de justesse et de retenue. Sans théâtralité, un geste, un regard détourné, un murmure ou un silence que l'on devine suffisent à faire naître une histoire. Les tableaux d'Émile Friant nous embarquent alors dans la vie de ces hommes et de ces femmes, en nous laissant imaginer leurs doutes, leurs élans ou leurs renoncements.

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