| TI2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 1 décembre 2019
dimanche 24 novembre 2019
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| R.F. - The Americans |
De ce voyage naîtra The Americans (1958), livre mythique qui dresse un portrait sans fard de l’Amérique d’après-guerre : bars, autoroutes, juke-boxes, visages anonymes…
Pas de spectaculaire, mais une suite d’images abruptes, parfois mélancoliques, qui révèlent les fractures sociales, raciales et culturelles d’un pays en pleine transformation.
Proche des artistes de la Beat Generation, il voulait, disait-il, « un documentaire contemporain dont l’impact visuel le dispenserait de commentaires ».
Cette série de 83 clichés, publiée en France dès 1958, allait profondément influencer la photographie documentaire. Frank s’affranchit des conventions photographiques de l’époque : cadrages obliques, contrastes rugueux, flous assumés, comme si la spontanéité comptait davantage que la perfection formelle. Cette liberté de regard influencera toute une génération de photographes, notamment ceux de la street photography et du documentaire social.
« Of all the photographs in The Americans, I think there were only two or three photographs where I did talk to the person, but most of the time I was completely silent, walking through the landscape, through the city, and photographing and turning away. Well, that is my temperament, to be silent, just looking on...»
Robert Frank n’a pas seulement photographié l’Amérique : il en a fixé une impression, une inquiétude, une époque.
© Veilleur de Nuit – 2019
dimanche 17 novembre 2019
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| Mike Worrall - Pink shirt |
Le surréalisme, dans ses principes comme dans ses œuvres, ne m'a jamais beaucoup séduit... Mais si l'approche de Worrall a pu être qualifiée de « surréaliste », il s’agit chez lui d’un surréalisme plus narratif que théorique, qui m'évoque un peu l'univers de Paul Delvaux.
Beaucoup de ses tableaux – la plupart, à vrai dire – me laissent assez indifférent.
Pas ceux-ci. J’aime leur composition, mais surtout les histoires qu’ils semblent nous inviter à imaginer. Un homme élégant sur un monocycle – accessoire de cirque – dans une rue lugubre ; et une blonde fatale, dans une ville qui semble à l'abandon (mais le bar est bondé)... Est-elle descendue de cette splendide Hudson Hornet qui s'éloigne en laissant derrière elle un chat écrasé ?
© Veilleur de Nuit – 2019
samedi 16 novembre 2019
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| John Schlesinger - Macadam cowboy (1969) |
J'ai pensé pour accompagner cette capture d'écran à ce poème de George-Emmanuel Clancier pour Guillevic.
"Alors vieux camarade,
Le vent du nord rigolait dur dans la forêt,
Les saisons somnolaient dans la grange
Où parfois le chien hiver aboyait.
Nous respirions sans toi le passé qui mijote
Autour des lits campagnards et de la table.
L'air, le pain de l'amitié on croirait les partager
Avec ce soupir du noroît et le quignon mâchonné devant le poêle.
C'est comme si le vif de nos jours
Bien calés au creux, au chaud du temps,
Demeurait là, plus fort que toi,
Vieux camarade, plus fort que nous."
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