In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 29 septembre 2019

J. Constable - Wivenhoe Park, Essex (1816)

La veillée du dimanche. Deux autres toiles de John Constable (1776-1837), peintre des nuages, après celles du mois d'octobre 2013.
« The landscape painter, disait Constable, must walk in the fields with a humble mind. No arrogant man was ever permitted to see Nature in all her beauty. »

J. C. - The gleaners (1824)
J’aime beaucoup le premier tableau, conservé à la National Gallery de Washington, bien que la taille des cygnes – ou celle des vaches, en tout cas leur proportion respective – m’ait toujours laissé un peu perplexe. Il donne à voir le parc Wivenhoe, situé sur la Colne à Colchester, une ville du comté de l'Essex qui fut la première capitale romaine de la Britannia. 
Le second me touche peut-être davantage ; impossible pour moi de le regarder sans penser au beau documentaire d'Agnès Varda, Les Glaneurs et la Glaneuse. Ce tableau est conservé à la Tate de Londres.
 © Veilleur de Nuit – 2019

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dimanche 22 septembre 2019

Fred Herzog - Cafe, Main (1960)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe canadien Fred Herzog (1930-2019), déjà présenté en avril 2011 et qui vient de nous quitter.
Son travail en couleur, longtemps tenu en marge, est aujourd'hui considéré comme l'un des témoignages les plus importants de la vie urbaine nord-américaine d'après-guerre. Installé à Vancouver à partir des années 1950, Herzog arpente inlassablement les rues, attentif aux détails ordinaires : vitrines défraîchies, enseignes publicitaires, façades fatiguées, passants absorbés dans leurs trajectoires quotidiennes. Rien de spectaculaire, mais une attention constante à ce qui fait la vie de la ville.

F.H. - Victoria (1967)
La couleur, chez lui, n’est pas décorative ; en tout cas, c'est l'impression que j'en ai.
Utilisant très tôt les diapositives Kodachrome – à une époque où la photographie d’auteur demeure largement dominée par le noir et blanc –, Herzog enregistre les mutations lentes de l’espace urbain, sans nostalgie excessive ni critique frontale.
Ses images disent la banalité, la précarité parfois, mais aussi une forme de dignité tranquille des lieux et des gens.
Si son œuvre est restée longtemps confidentielle, c’est en partie parce que les possibilités techniques de l’époque ne permettaient pas encore de tirer pleinement parti de ses archives couleur. Ce n’est que tardivement que ces images ont trouvé leur pleine visibilité.
Elles constituent aujourd’hui une mémoire précieuse de la ville moderne.
 © Veilleur de Nuit – 2019

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dimanche 15 septembre 2019

A. Bizet - Rue de la Santé (1949)

La veillée du dimanche. Deux œuvres d’Andrée Bizet (1888-1970), formée à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier de Ferdinand Humbert, qui dirige à partir de 1900 le premier atelier officiel de peinture réservé aux femmes. Dès 1910, elle expose dans différents salons et participe notamment au Salon des Indépendants.
Elle s’investit également dans la reconnaissance des artistes femmes en organisant une exposition collective en 1938.
A.B. - Vignes (c.1930)

Après un voyage en Grèce, elle se tourne aussi vers la sculpture et reçoit l'enseignement du Montalbanais Émile-Antoine Bourdelle, dont la personnalité et les conseils resteront pour elle une influence majeure.
Andrée Bizet est aujourd’hui moins connue que beaucoup de ses contemporains, mais j’aime beaucoup son style très expressif, cette peinture franche et, en tout cas c’est l’impression qu’elle me donne, pleine d’assurance.
Son coup de pinceau énergique, avec une touche épaisse, fait parfois penser à Van Gogh ou à Vlaminck (voir déc. 2012).
 © Veilleur de Nuit – 2019

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samedi 14 septembre 2019

Yaman Ibrahim - Smoker (2016)
Une image et des mots. Où il sera question du poids de la fumée... Pour l'illustrer, l'image est une belle photo du malaisien Yaman Ibrahim qui me fait penser à ces vers de Jules Laforgue, évoquant "ceux qui pour tuer le temps en attendant la mort fument au nez des dieux de fines cigarettes".

Les mots - extraits des dialogues de Smoke, un film formidable de Wayne Wang et Paul Auster -, c'est cet échange entre l'écrivain Paul Benjamin (William Hurt) et son ami buraliste Auggie (Harvey Keitel) à qui il vient acheter deux boîtes de cigarillos.




Auggie – Les gars et moi on était en train de discuter à propos des femmes et des cigares.
Paul Benjamin – Une vraie mine. Ça doit remonter à la reine Elisabeth.
Auggie – La reine d’Angleterre ?
Paul Benjamin - Ouais, Elisabeth Ire, pas Elisabeth II. T’as entendu parler de Sir Walter Raleigh ? […..] Ben, Raleigh c’est celui qui le premier a introduit le tabac en Angleterre. Et comme il était un favori de la Reine –Reine Beth comme il l’appelait – fumer est devenu à la mode à la cour.
[….) Un jour il a fait un pari avec elle, qu’il pourrait peser la fumée. C’est étrange, c’est un peu comme peser une âme. Mais Walter était un type futé ; il a pris un cigare, il l’a mis sur une balance, il l’a pesé. Puis il l’a allumé et l’a fumé, en faisant soigneusement tomber les cendres sur la balance.
Quand il l'eut terminé, il a posé le mégot sur les cendres et pesé le tout.
Il a soustrait ce poids de celui du cigare intact, et la différence c’était le poids de la fumée.

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...