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| TR1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 19 janvier 2019
dimanche 13 janvier 2019
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| R.G. - Ladies of the lake (2003) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre canadien Rob Gonsalves (1959-2017), dont l'univers, communément qualifié de "réalisme magique", se situe à la frontière de l’imaginaire et du réel. Formé à l’architecture, il développe très tôt une fascination pour la perspective et la construction de l’espace, qu’il mettra au service d’un monde pictural où les transitions sont toujours fluides mais déstabilisantes : une forêt devient cathédrale, un lac se prolonge en ciel étoilé...
« I enjoy painting images that make a connection between the human built environment and what occurs in nature ... [...] I believe that there is real magic in life. Sometimes the experience of it can be dependent on one's point of view. I have come to see the making of art as the search for that point of view where the magic and wonder of life appears not so much as an illusion, but as an essential truth that often gets obscured. »
Influencées à la fois par les paradoxes spatiaux d’Escher et par les surréalistes – on peut penser par exemple à Magritte –, les compositions de Gonsalves ne sont pas de simples jeux de perspective, mais des récits visuels où le réel glisse doucement dans l’étrange. Et j’imagine sans mal ses tableaux illustrant des contes fantastiques pour enfants ou adolescents.
Ce n’est pas seulement dû à leur imaginaire : il y a aussi la douceur rassurante du dessin, les personnages aux silhouettes lisses, les visages sans aspérités physiques ou psychologiques marquées. Rien n'est franchement inquiétant dans ce monde impossible où les choses les plus familières peuvent changer de nature. « Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci », écrivait Éluard.
© Veilleur de Nuit – 2019
dimanche 6 janvier 2019
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| JP. L. - J. Coltrane, Paris (1961) |
Il commence sa carrière dans le photojournalisme, mais c’est le monde de la musique qui va véritablement définir son œuvre. Pendant plus d’un demi-siècle, il photographie les plus grands noms du jazz, de la chanson française, du rock et de la musique classique : Miles Davis, Duke Ellington, Billie Holiday, Jacques Brel, Barbara, Brassens, les Beatles ou encore les Rolling Stones passent devant son objectif.
Dès ses débuts en 1952, il écume les clubs et les coulisses des salles parisiennes, accumulant au fil des années une remarquable collection de portraits des grands jazzmen américains des années 1950 et 1960. Co-fondateur du magazine Rock & Folk et collaborateur du label Erato, il devient l’un des témoins privilégiés de la vie musicale de son époque. Il ne cherche pas seulement à photographier les artistes sur scène, mais aussi à saisir ces moments que le public ne voit pas : « J’essaie de capter ce que le spectateur ne voit pas, ce qui fait la magie du moment. »
On lui doit des images devenues mythiques, comme celle-ci, qui réunit Brel, Ferré et Brassens autour d’une table dans un appartement du VIᵉ arrondissement en janvier 1969. Sandrine Dumarais lui a consacré un beau documentaire, Trois hommes sur la photo (Universal), construit autour de ce cliché.
Pour qui aime la musique, ces photographies ont quelque chose de précieux : elles montrent les artistes dans un monde qui a aujourd’hui presque disparu, celui des clubs, des coulisses et des rencontres parisiennes.
© Veilleur de Nuit – 2019
samedi 5 janvier 2019
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| Fresque du Temple de Portunus, à Rome |
Le temple, édifié au 1er siècle av. J.-C, a été au 9ème siècle converti en église (cf. la deuxième illustration, une gravure de Piranèse). La troisième illustration, une gravure de Sebastian Münster (1488-1552), est une représentation du dieu Portunus (ou Janus).
"Le gadget exprime ce fait que, dans le moment où la masse des marchandises glisse vers l'aberration, l'aberrant lui même devient une marchandise spéciale. Dans les porte-clés publicitaires, par exemple, non plus achetés mais dons supplémentaires qui accompagnent des objets prestigieux vendus, ou qui découlent par échange de leur propre sphère, on peut reconnaître la manifestation d'un abandon mystique à la transcendance de la marchandise. Celui qui collectionne les porte-clés qui viennent d'être fabriqués pour être collectionnés accumule les "indulgences de la marchandise", un signe glorieux de sa présence réelle parmi ses fidèles. L'homme réifié affiche la preuve de son intimité avec la marchandise. Comme dans les transports des convulsionnaires ou miraculés du vieux fétichisme religieux, le fétichisme de la marchandise parvient à des moments d'excitation fervente. Le seul usage qui s'exprime encore ici est l'usage fondamental de la soumission."
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| S. Münster - Portunus |
Guy Debord, La société du spectacle, 1967.
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